Vive le Québec libre ?

Posté le 5 septembre 2018 par Olivier
Tout est en langue française dans la province de Québec ©JoeBreuer
Tout est en langue française dans la province de Québec ©JoeBreuer
Presque un Québécois sur trois souhaite l’indépendance de sa province. Ces revendications ne datent pas d'hier. Longtemps les Canadiens francophones ont lutté contre l'assimilation imposée par les Anglais. En 1974, ils obtiennent ainsi que le français deviennent langue officielle du Québec. Olivier revient sur l'histoire de ce mouvement remontant aux premiers temps de la colonisation du Canada par les Anglais.

La conquête du Canada

Quelques siècle après les Vikings, Jacques Cartier est le premier Européen à remonter le fleuve Saint-Laurent en 1534. En 1608, le géographe et explorateur français Samuel de Champlain fonde la ville du Québec. Mais en s'installant sur la côte atlantique, la France provoque l'ire des Anglo-Américains. L'Acadie est la première victime de la vindicte britannique. En 1713, elle est concédée aux Anglais par le traité d'Utrecht. Ces derniers poursuivent leur conquête de la Nouvelle-France. Après une lutte de plus de 70 ans, le traité de Paris (1763) élimine la France de l'Amérique du Nord.

Une politique d'assimilation

Les Français restent présents dans une grande partie du Sud du Canada. Ils gardent aussi leur religion, leur langue et leurs traditions. C’est alors que, entre 1838 et 1839, de violentes insurrections éclatent.
À l’origine de ces tensions, lord Durham, le gouverneur général de l’Amérique du nord britannique. En 1837, il rédige en effet un rapport incendiaire sur les conditions communautaires canadiennes. Pour lui, le Canada est comme « deux nations en guerres au sein d’un même état ». Il enjoint les autorités anglaises d'accélérer le processus d’assimilation des Canadiens français.
C'est la fin de longues années de cohabitation. Afin de peupler les territoires, les Anglophones font appel à une immigration européenne anglophone et non francophone. De fait, les Canadiens francophones se trouvent isolés.

La naissance d'un sentiment indépendantiste

En 1960, le débat est repris politiquement. De nouvelles lois linguistiques sont alors créées pour garantir la pratique de la langue officielle de chaque province. Cela a pour effet de renforcer encore plus la division et l’atmosphère de séparation. Les séparatistes francophones s’appuient alors sur la vague indépendantiste de certains États, après la création des Nations Unies et le phénomène de décolonisation des années 1960, afin d’affirmer que les valeurs québécoises sont en rupture avec la mentalité du reste du Canada.
En 1980 et 1995, des référendums sont organisés à la demande des partis séparatistes francophones afin de jauger l’avis de la population sur l’indépendance des provinces francophones du Canada. Chaque fois le non l'emporte à 60 % en 1980 et à 50,58 % en 1995.
Même si le débat sur l'indépendance reste d'actualité au Québec, l'idée d'une fédération multiculturelle fait petit à petit son chemin. Le premier ministre Justin Trudeau, un Québécois francophone, n'en est-il pas le symbole ?
  
photo principale : Tout est en langue française dans la province de Québec ©JoeBreuer
Retour haut