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Salsa, cigares et dominos

Femmes jouant aux dominos dans Little Havana, à Miami Beach © blazekg - stock.adobe
Femmes jouant aux dominos dans Little Havana, à Miami Beach © blazekg - stock.adobe

Par La Rédaction

14 avr. 2020

Dans la rue animée de la calle Ocho, le Cuba Libre se joue à coups de dominos. Quand les habitants de Little Havana font leur numéro, c’est toute l’histoire la Havane qui sort du lot.
Quand les heures chaudes sonnent le repos du corps sur le sable de Miami Beach, une guerre larvée continue de se tramer en arrière-décor. À quelques pas de Downtown, qui borde le rivage écrasé par le soleil, Little Havana reste en éveil, à renfort de café cubain, de rythmes de salsa et de merengue, pour arbitrer les rivalités du jour à l’ombre des arbres et des petits bars animés.
Attablés le long de la calle Ocho, la rue principale et commerçante du parc Maximo Gomez, des joueurs chevronnés s’affrontent à coup de tuiles, sous le regard des passants attentifs et amusés par la ferveur toute particulière qui habite les initiés. Ici, à l’angle de la 8e et 15e rue, on ne plaisante pas avec les dominos. Au point même d’en rebaptiser le quartier, connu désormais sous l’adresse de parc Domino.
Cigare au bec, des hommes jeunes ou à la retraite, et quelques poignées de femmes, se tiennent droit comme leurs petits rectangles de bois, frappés de points alignés tels des petites chenilles. Depuis l’arrivée des immigrés cubains à la fin des années 1950, les règles n’ont pas changé ; et c’est toujours en râlant, en criant et en s’exaltant que l’on défend son pré carré.

À la table de l’histoire cubaine

Importé dans les valises cubaines, avec les recettes de cuisine et les teintes colorées de la musique caribéenne, ce jeu emblématique n’a cessé d’incarner la récré de la communauté, déployée dans ce quartier mythique de Miami depuis la révolution cubaine en 1959. À travers les dominos, les joueurs perpétuent la culture de l’« île-crocodile » dans une atmosphère typiquement latino, comme les générations d’exilés avant eux. En toile de fond, des murs défraîchis peints à la main, les portraits écaillés de quelques dirigeants et surtout de personnalités latines, ces « Heros of Cuba », mués en spectateurs immobiles de parties enflammées. Si les joueurs de dominos n’ont pas leur étoile sur le Walk of Fame, à travers eux, c’est l’âme de toute une époque qui brille sur la calle Ocho.
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