Géographie et environnement

28/11/2014

GÉOGRAPHIE

Les frontières de l’Ouest Américain sont définies tout à la fois par sa géographie et l’histoire de la Conquête de l’ouest qui a débuté sur les rives du Mississippi, surtout à Saint-Louis point de départ des explorations puis des caravanes rejoignant Santa Fe, l’Oregon, la Californie, l’Utah pour les Mormons etc.

La "frontière" marquant l’avancée de la civilisation blanche, a été d’abord liée aux difficultés liées au passage des Rocheuses mais aussi aux diverses implantations résultant de la découverte de l’or ou de terres arables..

Mais toujours domine le gigantisme des montagnes, la férocité des climats, la mixité des milieux écologiques et en conséquence la disparité du peuplement.

A l’ouest des Grandes Plaines, en dehors de l’îlot des Black Hills, les Montagnes Rocheuses (Rocky Mountains) couvrent une bonne part du territoire. La chaîne, immense, forme parfois vue des Hautes Plaines une muraille saisissante alors qu’elle est constituée d’une multitude de massifs indépendants. Elle abrite au Nord, la cuvette du Yellowstone, une gigantesque caldera effondrée animée par la seconde collection de geysers au monde.

Entre les Rocheuses et la Sierra Nevada, le Grand Bassin (Great Basin), minéral et désertique à souhait, est marqué par d’immenses étendues salées dont le Grand Lac Salé est l’un des rares vestiges liquides. Au sud-ouest, le Plateau du Colorado aligne toute une série de paysages qui sont autant de chefs d’œuvre dus à l’érosion sous toutes ses formes, une succession de mesas, de buttes, de spires en tout genre hachées de canyons, de défilés et de gorges protégés par de nombreux parcs nationaux comme les iconiques Arches, Bryce Canyon, Canyonlands ou Grand Canyon. Il est flanqué au sud et au sud-ouest par toute une série de déserts inhospitaliers enchâssés au milieu de montagnes comme la Vallée de la Mort (Death Valley), ou les brûlants Sonora ou Mojave ou des dunes sont parfois présentes (ainsi qu’à White Sands au Nouveau Mexique).

En dehors des agglomérations longeant le pied de la Front Range et dont Denver est la plus importante, il y a très peu de centres urbains qui ont pu se développer dans cette immense région. Si le corridor de Salt Lake City et de ses satellites offre un contrepoint occidental à Denver et consorts, la plupart des autres villes n’ont pu se distinguer que grâce à l’irrigation que ce soit Phoenix, devenue tentaculaire, et sa petite sœur Tucson, Albuquerque sans oublier Las Vegas, une autre aberration de l’histoire comme de la géographie.

Au nord descendant du Canada, la chaîne des Cascades sous les tapis de conifères et la glace de laquelle sommeille une formidable constellation de volcans dont Crater Lake National Park est l’exemple le plus étonnant. Elle n’a donc pas grand-chose à voir avec les Alpes… ! Elle se prolonge au sud par la mythique Sierra Nevada, dont les contreforts occidentaux furent le site de la Ruée vers l’Or. Couronnée par le plus haut sommet des Etats-Unis continentaux, le mont Whitney (4421 m), elle abrite aussi plusieurs parcs nationaux majeurs.

A l’ouest de ses majestueuses chaînes de montagnes, une série de vallées intérieures ont assuré la prospérité agricole du pays, comme la Willamette en Oregon ou l’immense Vallée Centrale en Californie. Elles font aussi sa réputation vinicole aujourd’hui. Enfin les Coast Ranges forment une ultime barrière entre l’intérieur des terres et le Pacifique. La côte concentre les plus grandes métropoles. A Seattle, bordée par le Puget Sound, encore un bassin d’ éffondrement sous-marin cette fois, protégé à l’ouest par la chaîne Olympic, on peut associer Portland. La Californie aligne un brelan d’exception avec San Diego, San Franciso et Los Angeles.

Indissociable de la côte ouest, l’activité incessante de deux plaques tectoniques, continentale et pacifique conditionne depuis toujours l’esprit aventurier et fataliste des habitants. Entre l’explosion du Mont Saint Helen’s qui éventra son cratère en 1980, les geysers de Lassen Volcanic National Park ou les soubresauts de l’interminable faille de San Andreas, véritable diagonale du fou traversant la Californie pour se jeter dans le Pacifique au nord de San Francisco, la peur du Big One stimule plutôt qu’autre chose la Fureur de Vivre locale, ancrée au plu sprofond de chacun.

FAUNE                                               

Rien de commun dans des paysages aussi différents entre la faune de la région du Yellowstone et celle du Grand Canyon ! Yellowstone, grand comme la Corse, est un sanctuaire pour de très nombreux animaux sauvages, tels les bisons, grizzlis, élans, coyotes, loups, chacals, castors, hiboux, pélicans, aigles. Les deux rives du Grand Canyon accueillent le puma, le lynx, le coyote, la chèvre des Montagnes Rocheuses. La rive nord, plus humide, abrite une faune spécifique : autour des palombes, chouette tachetée et surtout, une espèce endémique, l’écureuil de Kaibab, au ventre noir et à la queue blanche. Les condors de Californie, réintroduits dans le Grand Canyon en 1996, sont aujourd’hui assez nombreux.

La faune sauvage des Grandes Rocheuses évolue dans un décor somptueux et se décline en un inventaire exceptionnel : bisons, wapitis, chevaux, mouflons bighorns, ours, panthères ou castors

Sur les plateaux désertiques, chouette-elfe, pic de Gila, coyotes, pécaris, écureuils, serpents se partagent un espace à priori hostile. Nichés dans les cactus, se glissant dans les failles et replis de roche, les hôtes du désert (où sont en grand nombre serpents et lézards) seront plus difficiles à observer.

FLORE

Dans cet espace à la géographie contrastée et aux climats radicaux, la flore de l’Ouest est naturellement autant que spectaculairement diversifiée. Forêt pluviale (rain forest) de l’Olympic Peninsula, forêt de séquoias géants dans la Sierra Nevada ou sur la côte de Californie et d’Oregon, pins ponderosas dans les îlots montagneux du sud-ouest, genévriers millénaires torturés par les vents en haute montagne… Si la forêt couvre encore un tiers de la surface et recèle des essences rares, les plaines herbeuses n’ont rien de monotone : maquis, tall grass, short grass, buffalo grass, steppes d’armoises s’y succèdent.

Dans les vastes déserts du haut plateau du Colorado, d’Arizona, du Nouveau Mexique ou du sud de la Californie, la végétation est essentiellement composée de cactus et d’épineux dont les plus spectaculaires sont les orgues de Barbarie géants, les saguaros, tous deux ayant leur parcs national en Arizona ou l’arbre de Joshué, un cactus arbre, protégé au Joshua Tree National Park à la frontière de la Californie et de l’Arizona. C’est au gré des saisons déterminées par l’altitude ou l’influence océanique que se découvre patiemment cette mosaïque inouïe d’écosystèmes.

ENVIRONNEMENT

En raison d’une politique précoce de préservation des espaces naturels, les Etats-Unis s’enorgueillissent d’une cinquantaine de parcs nationaux représentant 4 millions d’hectares protégés.

Plusieurs d’entre eux sont inscrits au Patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO. Le succès remporté par quelques stars comme le Grand Canyon laisse craindre une détérioration des sites et la gestion des flux de visiteurs s’avère de plus en plus problématique à tel point que pour limiter le traffic automobile, on assiste à la mise en place de navettes collectives en période de pointe.

Mais hors des limites des parcs, la nature n’est nulle part épargnée : urbanisation, industrialisation massive de certaines régions, recherches minières, prospections de pétrole et de gaz naturel, pollutions chimiques, agriculture et élevages intensifs… L’économie exerce une forte pression sur les espaces naturels non protégés.

À titre d’exemple, les Etats-Unis ont signé le protocole de Kyoto mais refusent toujours de le ratifier. De même, ces dernières années, l’exploitation du gaz de schiste hautement polluante a-t-elle été favorisée pour maintenir l’indépendance énergétique du pays au détriment de l’environnement et de la santé des populations.

Cette gestion contradictoire entre la préservation d’une nature idéale et une exploitation abusive des ressources naturelles n’est pas propre à l’Ouest américain qui doit faire face à plusieurs problématiques. Parmi elles, la gestion de l’eau et la spéculation foncière des terres agricoles comme des terres sauvages.

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