Géographie et environnement

28/02/2014

géographie

Le charme du Vietnam doit beaucoup à sa géographie. Des paysages et des climats fort différents s’échelonnent entre le tropique du Cancer au nord et le 10e parallèle au sud. Bornée à l’est par 3 260 km de côtes et à l’ouest par une succession de chaînes de montagnes, sa géographie est à géométrie variable. Enfin, la présence de deux deltas gigantesques, celui du fleuve Rouge au nord et du Mékong au sud conditionne fortement la physionomie des plaines et des climats.

Au nord, plusieurs massifs montagneux s’enchevêtrent, constituant une frontière naturelle avec la Chine et le Laos. D’altitude respectable, ils portent pourtant sur leurs flancs une végétation tropicale et subtropicale. Ils enserrent le delta du fleuve Rouge où prospèrent la capitale et son cortège de villes actives. Une vaste aire de plaines alluviales drainées par le fleuve est presqu’entièrement dédiée à l’agriculture. Noyée par les eaux du golfe du Tonkin, elle laisse place au spectaculaire massif karstique de la baie d’Ha Long.

Le Vietnam central s’arrime à l’est à la cordillère Truong Son (Annamitique), véritable cordon montagneux dont les contreforts marquent la frontière avec le Laos. La longue arête culmine à 2 000 m et se déploie en larges plateaux fertiles d’altitude. La bande côtière fort étroite, qui n’excède pas 50 km de large, déroule sur des milliers de kilomètres ses plages paradisiaques soumises aux caprices des typhons.

Le Sud est presque entièrement occupé par le delta du Mékong. Terre, eau douce et mer intimement confondus sur une surface de 39 000 km2 composent un paysage mouvant et verdoyant. L’agriculture dompte les espaces plats des marais, tandis que les forêts de mangroves et de cocotiers en constituent les seuls reliefs. La beauté de la vaste plaine du Mékong tient non seulement à son environnement naturel mais aussi à la manière dont il fut domestiqué par l’homme. Des milliers de canaux le sillonnent, les digues et marais salants le quadrillent, formant un labyrinthe infini.

flore

Aux espaces distincts de la géographie vietnamienne correspondent naturellement des écosystèmes forts différents. Cette diversité fait le bonheur des amoureux de la nature, qui trouveront ici une flore parfois intacte et bien souvent des espèces endémiques. Les forêts tropicales couvrent encore près de 35% du pays et abritent plus de 700 espèces végétales.

Des deux deltas, c’est celui du Mékong qui recèle les plus grandes richesses. La vaste plaine du Mékong accueille dans le parc d’U Minh, la plus grande mangrove mondiale après l’Amazonie. Bien que cette dernière ait énormément souffert des produits défoliants et de l’intensification de l’agriculture, elle connaît aujourd’hui un véritable renouveau. Les parcs de Bac Lieu, Cat Tien comptent près de 1 800 variétés de plantes.

Le sol volcanique de la cordillère de Truong Son se montre idéal pour certaines espèces rares comme le Paulownia, un arbuste à feuillage caduque dont les fleurs violettes éclairent les pentes au printemps. La flore endémique tend à disparaître en raison de l’intensification des cultures de thé, de café et d’hévéa.

Le cocotier demeure roi sur la bande côtière peu fertile, surtout appréciée pour ses plages. Au nord, en revanche, la montagne conserve encore une certaine sauvagerie. Climat tropical et subtropical conjugués sont propices à l’extension de forêts d’arbres géants et de bambous nains, des lianes, orchidées et rhododendrons. Vous en aurez un bel échantillon dans la réserve du Ba Be, au bord du plan grand plan d’eau douce du pays. La forêt tropicale primaire est visible dans le parc de Cuc Phong.

faune 

À chaque écosystème, sa flore et… sa faune.  Les montagnes du nord ont moins qu’ailleurs subi les épandages d’exfoliants de la guerre du Vietnam et l’urbanisation galopante mais les menaces d’aujourd’hui sont les déboisements excessifs et le braconnage. Les pentes boisées du Nord-Ouest abritent une faune sauvage discrète qu’il sera difficile d’observer. Les populations de tigres, d’ours, d’éléphants ne comptent plus que quelques centaines d’individus. Deux espèces sont en voie de disparition : le bovidé appelé kouprey et un primate, le rhinopithèque du Tonkin.

Les parcs de Cuc Phuong ou parc national de Tam Dao en avril et mai attirent les amateurs de papillons.

Les hauts plateaux du centre sont couverts de jungles d’altitude abritant une faune riche mais en danger. Les éléphants d’Asie sauvages survivent dans le parc de Yok Don, ainsi que la panthère longibande apparentée à un ancêtre lointain, le tigre à dents de sabre. À la frontière entre le Nord et le Sud, le parc national de Bach Ma présente une variété exceptionnelle d’espèces végétales et de mammifères dont le muntjac géant et le sao la, un bovidé découvert en 1992 ! 

Le delta du Mékong est une réserve ornithologique majeure. 300 espèces d’oiseaux migrateurs ou indigènes (tantales indiens, guêpiers d’Orient, grues) vivent dans les marais du fleuve, se nourrissant des crevettes nichées dans les mangroves. Les papillons emblématiques de la région sont bien visibles dans la réserve de Cat Tien. Le parc national de Con Dao renferme dans sa partie maritime un spectaculaire récif de corail investi par près de 1300 espèces d’animaux, parmi lesquels la tortue verte et les dugongs (sortes de lamantins).

environnement

La richesse écologique du Vietnam est exceptionnelle. En raison de la diversité des reliefs et des climats, elle est considérée comme l’une des plus importantes de l’Asie du Sud-Est. Son histoire récente et trente années de guerre ont fortement fragilisé les espaces naturels. Les campagnes d’épandage d’exfoliants de l’armée américaine a fait durablement table rase des mangroves des deltas et percé de larges tranchées infertiles dans les montagnes. Aujourd’hui, l’essor économique qui entraîne la raréfaction des terres sauvages constitue une autre menace. Le Centre mondial de surveillance de la conservation des forêts des Nations Unies estime qu’il disparaît chaque année près de 300 000 ha de forêts. La chasse, le braconnage et développement de l’agriculture met singulièrement en danger la faune sauvage.  Peu à peu, les Vietnamiens prennent conscience de la valeur ajoutée de cette richesse naturelle. Un arsenal de lois sur la protection de l’environnement a vu le jour en 2005. La création de parcs nationaux et de réserves naturelles (le Vietnam compte une centaine de réserves naturelles, couvrant plus de 3% du territoire) s’accélère depuis cette date. Il n’est pas certain cependant que soit résolue à court terme la problématique évidente entre développement économique et respect de 

Retour haut
En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts. Pour en savoir plus, cliquez ici.