08/03/2016

C’est une ville dont le nom est double mais qui ne montre qu’un seul visage, celui de la piété. Varanasi appelée aussi Bénarès longe les rives occidentales du Gange, toute entière tournée vers ce fleuve sacré, plus sacré encore que ses 1 500 temples. Plus de 1 million de pèlerins se dispersent sur les quatre-vingt-dix ghats, gradins plongeant dans les eaux, rendant hommage au fleuve, chantant des mantras, faisant glisser sur l’eau des offrandes lors des aarti de l’aube et du crépuscule. L’atmosphère sera très différente selon que l’on arrive au matin, quand les paliers sont dépeuplés et que les souks bruissent de mille et un échos ou que l’on s’approche à la nuit tombée à l’heure où les souks sont calmes et que sur les ghats se côtoient une population dévote, des veuves vêtues de blanc, des cadavres couverts d’un linge, des mendiants, des brahmanes solitaires.

La plus sainte des villes saintes de l’Inde vit dans l’ombre de Shiva aux 1 008 noms, dieu miséricordieux, possédant la connaissance universelle et absolue. Protecteur des âmes qu’il soulage du cycle des réincarnations. C’est pourquoi on vient à Varanasi pour trouver une dernière demeure, pour que le corps disparaisse d’ici-bas selon le rituel approprié. Le spectacle jette l’effroi dans les cœurs non initiés mais il rassure et apaise les fervents. Il n’y a pas de palais ou d’haveli somptueuses à Varanasi, son patrimoine rasé par les troupes musulmanes ou rongé par l’humidité du Gange. Le délabrement est palpable, mais ce n’est pas là que réside la vie. Elle s’impose dans cette confrontation permanente avec la joie, la ferveur, la pauvreté, la maladie, la mort qui n’est qu’un passage pour les Hindous. Elle s’incarne dans le commerce florissant de la ville, dans la production des plus belles soies de l’Inde, dans la liesse des mariages et cérémonies.

Le plus Comptoir des Voyages

Ouvrir les rideaux de sa chambre au petit matin et apercevoir le Gange encore assoupi et les ghats en contrebas.

Nous on adore

Glisser sur le Gange à bord d’une barque et observer les scènes de la vie quotidienne qui se jouent le long du fleuve. 

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