Peuples et institutions

28/05/2016

Politique 

Depuis 1976 et la nouvelle Constitution, le Portugal est un régime semi-présidentiel, où l'exécutif est principalement entre les mains du gouvernement, mais où le président est commandant suprême des forces armées, représentant du Portugal dans les relations internationales et peut dissoudre la Assembleia da República.

La crise économique qui sévit depuis 2008 dicte les évolutions politiques du pays marquées par de fréquentes alternances et de frêles cohabitation. La droite était au pouvoir depuis 2011, tirant bénéfice de la démission du socialiste José Socrates, lequel avait échoué à faire adopter un programme d’austérité. António Costa, secrétaire général du Parti socialiste, a été nommé Premier ministre en novembre 2015, après des élections législatives où était pourtant arrivé en tête, mais sans majorité suffisante, le Premier ministre sortant, Pedro Passos Coelho, président du PSD (conservateur-libéral). À l’alternance succède désormais la cohabitation : Marcelo Rebelo Sousa, ancien président du PSD, a prêté serment à la présidence de la République en mars 2016.

 

Économie 

Croissance : 1,5 % (INE, 2015)
Taux de chômage : 12,4 % (INE, 2015)
Taux d’inflation : 0,5 % (INE, 2015)

La crise des subprimes de 2008 puis la crise de la dette ont rapidement touché avec violence le pays, le Portugal échappant de peu à la banqueroute en 2011. Un prêt de près de 80 milliards d’euros, ouvrant à la voie à d’importes mesures d’austérité (assouplissement du droit du travail, baisse du salaire dans le public et augmentation des cotisations sociales, suppression de jours fériés, privatisation des transports), a été accordé par la troïka (UE, BCE, FMI). Le pays est sorti du programme d’aide en 2014.

Poids démesuré de la dette, pauvreté en progression (un cinquième des Portugais et un quart des mineurs touchés), croissance encore fragile, surveillance toujours attentive du FMI, dépendance énergétique : les défis de la discrète économie portugaise, peu spécialisée ou, dans le cas de son premier secteur industriel, le textile, concurrencée, ne sont pas des moindres.

 

Peuple 

La population portugaise est relativement homogène dans ses caractéristiques : 96% de catholiques, 98% de Portugais… La démographie du Portugal est par contre très disparate : tous les districts du littoral ouest, de Setúbal à Viana do Castelo, ont une densité supérieure à 200 habitants au km2,… ce qui n’est le cas d’aucun district du Sud et de l’arrière-pays. Se dépeuplant et vieillissant, ces régions sont également pénalisées par l’urbanisation croissante du pays — quatre Portugais sur dix habitent Lisbonne ou Porto et la part de Portugais travaillant de l’agriculture est passé de 42 à 12% en 50 ans.

Les près de 11 millions de Portugais sont de moins en moins féconds, ce qui tend à être compensé par l’immigration, fait nouveau à l’échelle de l’histoire du pays, en particulier en provenance du Brésil ou du Cap-Vert, mais aussi, de plus en plus, d’Ukraine, de Roumanie et de Chine. L’émigration n’a rien à voir avec la vague des années 1960, mais la part d’émigrés dans la population portugaise est la plus élevée d’Europe, et plus de 100 000 Portugais sont partis, surtout au Royaume-Uni, rien qu’en 2011.

Reste que, ayant à l’origine réuni en ces terres des peuples venus du Nord de l'Europe et de l'Afrique, devenue province romaine, occupée par ces cousins germains suèves, les musulmans puis les chrétiens, la péninsule portugaise est ouverte sur le monde. Vivant dans une extrémité, un Finisterra enclavé, ses habitants sont à la fois patriotes, fiers que par l’océan leur terre s’est faite Empire mondial, et éternels exilés en leurs propres frontières.

Retour haut
En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts. Pour en savoir plus, cliquez ici.