Géographie et environnement

27/05/2016

Géographie

Bordés au nord et à l’est par l’Espagne, à l’ouest et au sud par l’océan Atlantique, le Portugal est un rectangle presque parfait, situé à l’extrémité sud-ouest du continent européen (le cabo da Roca en est le point le plus occidental). Ses 92 000 km2 débordent sur l’océan, grâce notamment à l’île de Madère, au large du Maroc, et on pourrait même dire que le Portugal a un pied en Amérique, l’archipel volcanique des Açores se situant à cheval entre les plaques eurasienne et nord-américaine. Trois grands fleuves espagnols parcourent le Portugal, au nord le Douro, le plus important, et sa vallée viticole débouchant sur Porto, puis au centre, le Tage lisboète et enfin le Guadiana, qui frôle le Sud.

Dans le Nord, les routes s’élèvent fréquemment, en particulier dans les escarpées serras da Estrela (jusqu’à 1 993 m) et da Lousã, le paysage faisant succéder crêtes, plateaux et profondes vallées qui se muent progressivement en collines ondulantes et en vallons, en Estremadura et jusqu’aux plaines du Ribatejo. Le littoral mêle alors falaises découpées et vastes plages de sable. Plus au sud, la belle immensité de l’Alentejo, presque sans ombre ni relief, annonce les paysages très variés de l’Algarve, à la fois puissamment sauvage sur sa côte atlantique, riche de cultures et de flore en son centre et méditerranéenne sur son littoral sud.

Les cultures agricoles du Portugal comprennent la fameuse triade méditerranéennes : vin, huile d’olive et blé, auxquelles il faut ajouter quantité de fruits et légumes, à commencer par les agrumes et les tomates. Le lait et le porc, principaux moteurs de la production animale, connaissent aujourd’hui d’importantes difficultés.

Faune

 Plus de 200 espèces vertébrées protégées, dont 70 menacées, et près de 150 espèces d’oiseaux sont recensées dans le parc national de Peneda-Gerês, seul parc national du pays. Craves à bec rouge, aigles royaux, bécassines de Magellan ainsi qu’une quinzaine d’espèces de chauves-souris survolent espères rares ou protégées (écureuils roux, martre des pins, hermines, vipères et surtout loups gris) et fréquentent de plus ou moins près les garranos, poneys sauvages, et chiens de Castro Laboreiro, régionaux de l’étape, et le chevreuil, emblème du parc.

La faune portugaise, de manière plus générale, est très diverse, combinaison d’espèces européennes et du Nord de l’Afrique. Chevreuils et sangliers sont courants dans les terres intérieures. Le lynx ibérique, félin le plus menacé au monde, est réintroduit depuis 2014 dans le parc naturel de la vallée du Guadiana. Enfin, la mer est riche en poisson et le ciel en cigognes et autres oiseaux qu’on peut observer en particulier près des marais de l’Algarve.

Flore

Le Portugal continental compte près de 150 espèces endémiques, et les forêts recouvrent plus du tiers de son territoire. On y trouve, dans les subéraies de l’Alentejo, les chênes-lièges faisant la joie des ouvriers du liège mais aussi des amoureux de la nature, ces forêts abritant une biodiversité extrêmement riche. Dans les régions à moyen relief et humides, surtout dans le Trás-os-Montes, on trouve nombre de chênes tauzins et de châtaigniers, quand chêne de Lusitanie et chêne du Portugal fraie ses glands dans le centre.

L’eucalyptus, l’arbre le plus répandu du Portugal, et le pin maritime sont bons voisins et forment avec le pin parasol de larges et agréables zones boisées en plusieurs points du littoral. Paysages de garrigues et de cistes sont fréquents lorsqu’on descend vers le sud. Ils rassemblent lavande, thym et romarin. L’Algarve se réserve quant à elle caroubiers, figuiers, amandiers, oliviers et orangers.

Environnement

Incendies, réductions des émissions de gaz à effet de serre, mix énergétique, impact du tourisme : les défis environnementaux ne manquent pas au Portugal. Jusque-là à l’avant-garde internationale pour la défense de l’environnement, le pays a fortement reculé au classement Climate Change Performance Index publié lors de la COP 21, en 2015 : il est désormais 19e des pays industrialisés.

Le Portugal a en fait surtout été pénalisé pour la dégradation de la flore et la déforestation occasionnées par les incendies record de 2013, qui ont surtout touché le Nord, de Guarda à Viana do Castelo. Pays européen parmi les plus touchés par les incendies, comme en 2003, année tragique avec quelque 400 000 hectares calcinés, le Portugal, qui ne dispose pas de Canadairs, doit batailler avec le fait que 90% de ses forêts n’appartiennent pas à l’État mais principalement à des minifundios (petites propriétés privées). Un plan d’aménagement forestier et de prévention semble aujourd’hui à l’étude.

De manière plus générale, le Portugal est marqué par une désertification rurale, une intensification de son agriculture, une très forte dépendance énergétique ainsi que par la menace que fait peser le réchauffement climatique, tant sur l’érosion de ses côtes que sur la fréquence des accidents climatiques. Des impacts néfastes pour ses habitants… et pour son économie de plus en plus dépendante du tourisme.

Depuis le milieu des années 2000, le Portugal a de fait mis en œuvre une politique énergétique ambitieuse et reconnue en faveur des énergies renouvelables, en particulier via l’éolien, l’hydraulique et le solaire. Ainsi, depuis 2010, plus de 50% de l’électricité produite l’est par ces énergies. L’impact sur les écosystèmes locaux de la construction de plusieurs grands barrages, au nord du pays, a ouvert toutefois un vaste débat, encore en cours. D’autres débats, comme celui autour du gaz offshore voire du gaz de schiste, dont des contrats d’exploitation sont déjà signés ou en voie de l’être en Algarve, restent ouverts. La préservation du littoral (mais aussi du patrimoine urbain) face au développement touristique est également une question brûlante : la Commission européenne a dès 2010 brandi la menace d’une saisie de la Cour de justice de l’Union européenne pour des projets en Alentejo et en Algarve.

Enfin, le Portugal s’est doté en juin 2015 d’un nouveau cadre stratégique pour sa politique climatique. Après avoir limité l’augmentation de ses émissions à +20% sur la période de 2008-2012 par rapport à 1990 (contre un plafond maximum de +27% toléré par le protocole de Kyoto), le Portugal est en ligne avec ses objectifs pour 2020 et s’est de nouveau fortement engagé, en amont de la COP parisienne : réduction de 30 à 40% des émissions de 2005 à 2030, part minimale de 31% d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2020, réduction de 30% de la consommation énergétique, contribution au Fonds vert pour le climat, renforcement du rôle de la Comunidade de Países de Língua Portuguesa, etc.

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