09/06/2017

Pour les caravaniers, Marguilan était la dernière étape avant de franchir les montagnes du Pamir. Ou, au contraire, la première escale après cette épreuve. La légende raconte que la cité aurait reçu la visite d’Alexandre le Grand, accueilli avec du poulet (margh) et du pain (nan). Voilà pour l’origine de son nom. Attesté en revanche, le passage de Babour à la fin du XVe siècle. Le premier des Grands Moghols, natif de la région, décrit « une superbe ville pleine de bonnes choses » et apprécie tout particulièrement ses abricots et ses grenades ! On les trouve toujours par bassines entières au grand marché, à l’animation bon enfant.

Commerçante, Marguilan est aussi très religieuse et comptait, avant l’occupation soviétique, quelque 200 mosquées et d’innombrables médersas. Beaucoup ont été détruites mais d’autres ont été érigées après l’indépendance car, comme dans toute la vallée de Ferghana, l’Islam est de nouveau pratiqué avec ferveur. La mosquée principale date du XVIe siècle, reconnaissable à son double minaret, et la mosquée Toron (XIXe siècle) a été soigneusement restaurée : son iwan à piliers est surmonté d’un plafond polychrome de toute beauté.

Impossible de venir à Marguilan, ville pionnière dans la sériciculture, sans visiter une fabrique de soie. Après des années de production de masse, quelques ateliers traditionnels renouent avec les techniques ancestrales. Incontournable : Yodgorlik (Héritage) où on peut assister à l’ensemble du processus de fabrication traditionnel : assouplissement des cocons dans des bains bouillonnants, dévidage des fils de soie, dessin des ikats, confection sur des anciens métiers à tisser et même fumigation avec des herbes pour éloigner le mauvais œil !

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