09/06/2017

Comme Samarkand, l’oasis de Boukhara a été une étape phare de la Route de la soie. À la fin du IXe siècle, le fondateur de la dynastie samanide lui offre son premier âge d’or. La ville compte alors quelque 300 000 habitants, une population considérable pour l’époque, et attire tous les intellectuels de la région, qu’ils soient poètes, historiens ou scientifiques. Avicenne y rédigea son Qanûn. Rasée par Gengis Khan, Boukhara a été reconstruite, puis détruite à nouveau avant de devenir la capitale des Ouzbeks au XVIe siècle. C’est son deuxième âge d’or.

La ville n’a conservé de la période pré-mongole que deux mausolées, une mosquée et le minaret Kalon, en son temps le plus haut du monde. Le reste de ses prestigieux édifices date donc des XVIe et XVIIe siècles, concentrés dans la vieille ville, Chakristan. La forteresse de l’Ark autour de laquelle se développa la ville médiévale est devenue un ensemble de musées, la mosquée Bolo-Haouz, l’une des 365 de cette ville sainte, voit sa façade restaurée briller de mille feux puis, des écoles coraniques à foison, des mausolées, des vestiges de caravansérails, un vieux bazar ressuscité…

La mosquée Kalon est l’une des plus grandes d’Asie centrale et la médersa Mir-I-Arab la plus prestigieuse, à l’avant-garde de la renaissance de l’Islam après la parenthèse soviétique. À la magnificence du patrimoine bâti,  tout en arabesques et coupoles turquoise sur fond de brique crue, s’ajoute l’atmosphère populaire de la place Liabi Khaouz car, contrairement à Khiva, Boukhara n’est pas une ville-musée. Des ateliers d’artisans : tisserands, miniaturistes, céramistes, bijoutiers, chapeliers …  des enfants rieurs qui courent, des vieux messieurs qui jouent aux échecs à l’ombre d’un figuier, des femmes qui déambulent sous des parapluies à fleurs pour se protéger du soleil … La plus douce des cités ouzbèkes cultive un irrésistible art de vivre à l’orientale qu’elle partage généreusement avec le voyageur de passage.

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