Seattle et la péninsule Olympique

14/12/2014

Pour son cadre somptueux, son ambiance créative, sa volonté écologique et son dynamisme permanent, Seattle mérite plusieurs jours pour qu’on prenne le temps de la découvrir. Emerald City est une excellente base pour des sorties au grand air : la rain forest d’Olympic National Park est peuplée de conifères géants, fougères démesurées, lichens moussus sans parler des ours et autres wapitis. Quant à Mont Rainier National Park, sa calotte glaciaire qui se voit des miles à la ronde en fait l’un des plus beaux sommets des cascades où se nichent encore des villes fantômes.

Seattle a longtemps vécu dans l’ombre de ses voisines californiennes avant que la vague grunge et la mode des cafés ne popularisent la capitale du nord-ouest. Forte de la présence de Boeing et de Microsoft, elle est depuis longtemps en pointe en matière d’innovation attirant les geeks lassés du stress californien... Aujourd’hui, la ville principale de l’état, au site admirable adossé aux collines entre Elliott Bay bordant le Puget Sound et le petit Lake Washington, où s’ébrouent de petits hydravions, a tout pour séduire le voyageur, entre le Pacifique et les Cascades.

Il faut démarrer la visite à Pioneer Square, le cœur historique de la ville fondée en 1856. Ses bâtiments d’époque en brique rouge regorgent aujourd’hui de galeries, boutiques d’art, restaurants et bars où la musique, souvent très bonne, change constamment de mode et de style après que Jimi Hendrix, puis Kurt Cobain soient partis rejoindre le Nirvana...

Si la bière demeure la boisson favorite devant le café, le vin a de plus en plus d’adeptes, l’état étant le troisième producteur du pays. Il existe d’ailleurs des excursions avec dégustations, il faut choisir son breuvage. L’ambiance est indescriptible les soirs de matches des Seahawks, l’équipe de football locale championne de la NFL en 2014, propriété de Paul Allen, le cofondateur de Microsoft. Il faut dire que leur stade, le CenturyLink Field est juste au sud du centre.

Les totems ornant la vieille place plantée d’arbres sont une évocation nostalgique, autour du buste du chef indien Sealth auquel la ville doit son nom. Le Klondike Gold Rush Historic Park rappelle que la ville fut le point d’embarquement de milliers de chercheurs d’or en partance pour l’Alaska à la fin du 19e siècle. Le Waterfront, avec son Waterfront Park souvent animé en saison par des concerts en plein air, est l’occasion d’une promenade sympa, à pied ou en tramway, au bord de l’océan pour observer le chassé croisé des ferrys sillonnant la baie. Passez un moment au Pike Place Market datant de 1907 et où les métiers de bouche se taillent la part du lion.

En poursuivant vers le nord au delà de l’Edgewater Hotel, un établissement de luxe construit sur une jetée et célèbre pour avoir hébergé les Beatles en 1964, on découvre bordant l’ouest de l’attachant quartier de Belltown, Olympic Sculpture Park, une belle promenade scandée de sculptures contemporaines menant quasiment au pied de la "Space Needle" dominant le Seattle Center construit pour l’exposition universelle de 1962. L’aiguille de l’espace, un sujet à la mode dans les sixties, offre de son sommet coiffé d’une soucoupe volante que l’on croirait prête à décoller, offre un 360° imprenable du haut de ses 184 mètres.

Au delà de la ville et de sa baie, le mont Rainier brille au sud-est et les Mont Olympic au-delà du Puget Sound à l’ouest. Parmi de nombreuses autres attractions (Children’s Museum, Pacific Science Center, Fun Forest), ne manquez surtout pas EMP. Experience Music Project est un musée interactif consacré à la pop music Dessiné par Franck Gehry dans un style proche du Guggenheim de Bilbao, cette superbe réalisation doit beaucoup à Paul Allen,  passionné aussi de musique. Si la maison de Jimi Hendrix est encore là, allez y jeter un coup d’œil et poussez jusqu’aux lacs Washington et Union pour essayer de repérer le houseboat de "Nuits Blanches à Seattle". Les deux lacs sont reliés à la baie par les Ballard Locks, un système d’écluses et d’ascenseurs, il y a même une échelle à poissons.

Revenez dans le centre grâce au monorail qui donne lui aussi l’impression de sortir d’une BD de science fiction d’autrefois. Avec sa remarquable cohérence architecturale initiale héritée des architectes de l’école de Chicago, le downtown est l’occasion d’une belle leçon d’architecture en plein air où se distinguent la Seattle Central Library très contemporaine réalisée en 2004 par Rem Koolhaas et Joshua Ramus ou la Smith Tower qui fut avec ses 42 étages en 1914 le plus haut gratte-ciel à l’ouest du Mississippi.

Vous aimez l’Art Deco ? Voici l’Exchange Building, la Seattle Tower et le Washington Athletic Club. Mais Beaux Arts ou Modernisme sont aussi très présents. Pour mieux en profiter, nous vous recommandons l’un des tours de la Seattle Architecture Foundation qui organise aussi des tours dans certains quartiers résidentiels comme Harvard-Belmont sur Capitol Hill ou Queen Ann.

Les amateurs d’ambiance alternatives adoreront flâner dans Fremont, qui au bout de son vieux pont rétro, reste un foyer de contre culture très sympa avec plein de bistros et de restaus et se voulant carrément le Centre de l’Univers ! Immanquable devant le Seattle Art Museum surnommé SAM bien entendu, un immense Hammering Man haut de 15 mètres de l’artiste Jonathan Borofsky martèle l’air inlassablement. C’est l’une des nombreuses sculptures qui jalonnent les rues de la ville.

Dans la banlieue sud, en direction de l’aéroport, l’exceptionnel Museum of Flight comblera tous les fanas d’aviation. C’est d’ailleurs ici que Boeing débuta sa carrière dans la célèbre Red Barn originale.

Aux environs

Les San Juan Islands et les autres îles du Puget Sound

Pour goûter le charme prenant des îles du Puget Sound baignant le beau roman de David Gutterson, "La Neige Tombait sur les Cèdres", rien ne vaut une petite balade en mer. Plusieurs îles sont facilement accessibles par les Washington State Ferries pour une escapade de un à plusieurs jours. A Seattle, sautez dans un bateau en partance pour Bainbridge Island ou Vashon Island. Plus au nord sur le chemin du Canada, faites un crochet à Anacortes la ville principale de Fidalgo Island, accessible par un pont et dont l’historic downtown, avec ses boutiques, galeries et restaurants et ses murs ornés de fresques est charmant, animé l’été par toutes sortes de manifestations.

Si vous avez le temps, poussez au Deception Pass Bridge, qui la relie à Whidbey Island et sous lequel l’océan s’engouffre violemment à chaque marée. Des 400 îles, îlots et écueils répertoriés composant l’archipel des San Juan jonchant l’océan entre le continent de l’Ille de Vancouver, Orcas et San Juan sont les grandes. Leur histoire, toponymie espagnole et picrocholine "Guerre du Cochon" de 1859 lors de laquelle troupes fédérales US et tuniques rouges de sa Gracieuse Majesté se regardèrent en chiens de faïence jusqu’en 1872, leur valent un parc national, le San Juan Island National Historical Park réparti sur plusieurs sites.

Le cadre naturel entre océan et montagnes enneigées en arrière plan, pléthore de Bed & Breakfast, villages de pêcheurs et d’artistes, sorties en mer en kayak de mer, en bateau ou en avion pour observer la faune marine dans le dédale d’îles avec l’orque pour tête de gondole en font une destination de choix pour boucler un voyage dans le nord-ouest en toute décontraction.

Olympic National Park

A environ deux heures de route à l’ouest de Seattle, de l’autre côté du Puget Sound, Olympic National Park protège le massif montagneux encore semé de petits glaciers couronnant la péninsule Olympic culminant à moins de 2500 mètres d’altitude pourtant.

Il englobe aussi une bonne partie de la bande côtière alternant longues grèves couvertes de bois flotté et écueils. Une route traverse la partie montagnarde du parc passant par deux lacs enchâssés dans la forêt pluviale, la fameuse rain forest humide où épicéas, pins Douglas et cèdres rouges hauts de 90 mètres sont drapés d’une mousse omniprésente comme le sol tapissé de fougères géantes. On y croise une faune variée allant du wapiti au phoque en passant par l’ours.

On dort aux vieux lodges du Lake Crescent ou du Lake Quinault. Sinon il faudra se rabattre sur Port Angeles, point de départ du ferry pour Victoria sur l’île de Vancouver. L’étrangeté de cette forêt dans un univers glaciaire servit de décor à Stephanie Meyer qui a situé l’intrigue de son œuvre "Twilight" à Forks, bourgade de la péninsule.

Le plus Comptoir des Voyages

Sillonner les San Juan Islands et observer les orques en kayak.

Nous on adore

Les immenses plages très sauvages, comme celle de Ruby’s Beach.

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