Nos coups de cœur dans l'Ouest mythique

26/12/2014

LA ROUTE 66 (Nouveau Mexique, Arizona, Californie)

La route 66 est très certainement la route par excellence. "Faire la route" est sans doute ce qui colle le mieux au rêve du voyage américain, celui qui veut que l’on roule sur des highways sans fin, la route devenant plus importante que la destination. C’est donc aussi un état d’esprit, une recherche du temps perdu, une évocation pittoresque et nostalgique du passé, une quête de l’Amérique traditionnelle avec ses héros vrais ou faux, connus ou inconnus.

Au fil du bitume, c’est toute la nostalgie d’une Amérique profonde qui surgit. Evoquant un âge d’or disparu, celui de tous les espoirs des Okies des "Raisins de la Colère" empruntant la "Route mère"  ou des hippies de "Easy Rider", des belles bagnoles et du rock’n roll, un défilé de vieilles images de cinéma permanent au grand air vous balancent entre western, polar et balade country. Bien sûr, il faut être prêt à s’émouvoir devant une station-service abandonnée, prendre un café dans un diner décrépit, errer dans un hameau fantôme ou une casse de voitures rouillées, se pâmer devant un Wurlitzer scintillant en écoutant la voix d’Elvis avec ou sans la fille du motel.

Et puis, il faudra reprendre la route, car comme on l’a dit, être sur la route compte bien autant, sinon plus, que l’étape pour réaliser son propre road movie…Bref, aimer le côté roots du voyage où il ne se passe pas forcément grand-chose et où les cartes postales, un peu fanées, n’en expriment pas moins un charme fou.

Déclassée en 1977 au profit des autoroutes, il n'en reste aujourd'hui que quelques sections, souvent enfouies dans les mauvaises herbes, souvent difficiles à dénicher à la sortie des localités, avec de nombreuses variantes ou parallèles ne menant plus nulle part. Il ne faut donc pas hésiter à sortir des autoroutes. Cela vous permettra de rencontrer des gens sympathiques, prêts à partager leur passion, raconter leur histoire, tout ce qui fait le sel unique de l’Amérique, une Amérique anecdotique.

Attention, la Route subit encore bien des avatars. La mise à jour des informations, notamment concernant les nombreux événements, animations, festivals, concentrations de voitures anciennes etc., n'est pas toujours aisée, c’est la nature même de la Route qui veut ça. Pour vous aider, chaque état possède néanmoins son association dédiée à la Route 66.

Si la route reliant Chicago à Los Angeles, les deux plus grandes villes américaines en dehors de New York fait quasiment 4000 kilomètres, c’est dans sa partie ouest à partir de l’Oklahoma qu’elle prend toute sa dimension mythique, interminable et magistral travelling à travers Nouveau-Mexique, Arizona, Californie. Plus on ira vers l’ouest, plus on baignera dans les grands espaces, l’urbanisation se raréfiant. Le Nouveau Mexique, avec comme porte d’entrée aérienne possible, Albuquerque, concentre de nombreux chefs d’œuvre de la 66.

De multiples chemins de traverse dans les territoires indiens, des pueblos aux zunis en passant par les Apaches et les Navajos qui viennent toujours vendre leur artisanat dans d’authentiques trading posts. Le plus long segment subsistant de la Route se trouve en Arizona. Frôlant le Grand Canyon, traversant des réserves indiennes, il cumule les attraits de la Route et ceux du désert qui, après la traversée du Colorado et la ville semi fantôme d’Oatman, entre en Californie. Partez à la recherche du Bagdad Café en faisant la course avec les convois de l’Union Pacific avant de traverser le désert de Mojave et de basculer sur Los Angeles en enquillant Sunset Boulevard jusqu’à la jetée de Santa Monica.

On peut se laisser tenter par le parcours en moto, la Harley-Davidson amenant son propre cortège de mythes. On vous conseillera de partir avec des amis non motards qui pourront suivre en voiture ou en van pour transporter bagages et ravitaillement. Que ce soit en moto ou en voiture, vous n’éviterez pas les frais d’abandon liés à l’utilisation du véhicule en aller simple.

Côté hébergement, il existe une quantité importante d’hôtels de grandes enseignes tout au long de la Route. Le choix est bien sûr plus vaste dans les grandes villes mais pas aussi typé. Car de nombreux hébergements "d’époque" subsistent. Les prévoyants les réserveront à l’avance voulant rembobiner le film jusque dans leurs draps.

LE CIRQUE DU SOLEIL À LAS VEGAS (Nevada)

Avec pas moins de huit shows en résidence joués en permanence à Las Vegas, la multinationale canadienne du spectacle de cirque vous propose d’entrer dans autant de mondes rêvés, un thème récurrent de leurs mises en scène, ou inspirés de contes et légendes ou du répertoire de grandes stars planétaires. Chacun stimule votre imaginaire et vos souvenirs. On y trouve l’audace propre au cirque classique avec l’acrobatie, le jonglage ou les tours de force mais tous les arts de la scène y sont conviés avec théâtre, mime, ballet ou vaudeville, numéros de clown et théâtre de rue. Leur sens inégalé de la créativité est démultiplié par les effets spéciaux que l’on croyait jusqu’alors réservés au cinéma ou aux jeux vidéo.

Les thèmes sont très différents mais les numéros toujours de très haut niveau. Conçus pour être vus de tous (en dehors de Zumanity réservé au plus de 18 ans), ces spectacles, que vous ne verrez nulle part ailleurs, sont avant tout très visuels et évitent l’écueil de la barrière de la langue. Réservez bien avant de partir, car ils sont très recherchés étant l’un des passages obligés d’un séjour à Las Vegas. Donnés chacun dans l’un des grands hôtels casinos de la ville, ils sont aussi l’occasion de visiter ces monstres de l’entertainment si vous n’y dormez pas.

Le choix est véritablement cornélien entre les plus anciens mais toujours sublimes comme "O" ou Mystère, ou les plus récents Love ou Zarkana. Un conseil, évitez de réserver votre spectacle le soir même de votre arrivée aux Etats-Unis, un retard d’avion étant si vite arrivé…

Mystere - Treasure Island

Première réalisation de Franco Dragone pour le Cirque du Soleil en 1993, honoré par de multiples récompenses, Mystère a totalement renouvelé l’esprit du spectacle à Las Vegas. Inspirés du meilleur du cirque, de Chaplin et de Fellini et du saut à l’élastique, le spectacle enchaîne tambour battant une douzaine de numéros menés par près de 80 artistes, danseurs, acrobates dans un son et lumières kaléidoscopique dont on ne se lasse pas.

"O" - Bellagio

Jouant sur la phonétique, du zéro de l'infini à l’eau en français, on se plonge dans ce show extraordinaire conçu par Franco Dragone, un rêve aquatique déclinant divers aspects symboliques de l’eau. C’est un spectacle total en même temps qu’un vrai tour de force technique. La scène où évoluaient des acrobates se transforme en un clin d’œil en bassin où viennent s'ébrouer de gracieuses naïades. 

Zumanity - New York New York

Depuis 2003, ce spectacle dont les costumes parfois minimalistes ont été conçus par Thierry Mugler, nous fait découvrir l’amour sous toutes ses formes ou presque. Une série de tableaux aux acrobaties très évocatrices et parfois torrides lève le voile sur la sensualité et l’érotisme à deux, en groupe ou en solo, dans l’air ou dans l’eau, mais toujours sans faute de goût, présentés par un "monsieur" Loyal au genre indéterminé.

Ka  - MGM Grand

Lancé en 2004, ce quatrième spectacle raconte la saga de jumeaux emportés dans des aventures initiatiques et mouvementées. Bien qu’inspiré de l’ancienne Egypte comme l’indique le livret, il nous a plutôt rappelé, avec ses batailles incroyables, les films de sabre asiatiques. 80 artistes, qui sont autant de cascadeurs, se meuvent sur une immense scène bougeant tous azimuts avec un accompagnement sonore et pyrotechnique exceptionnels. Peut-être moins poétique et surtout moins abstrait que les précédents, il plaira à ceux qui adorent les films d’action ! 

The Beatles LOVE - Mirage

Un voyage dans le monde des Beatles, de leurs naissances sous les bombes lors du Blitz à leur rencontre, leur période psychédélique et leur rupture avant une réunion joyeuse autant qu’utopique... On rencontre les personnages peuplant leurs chansons, notamment Sergeant Pepper, Lucy in the Sky, Eleanor Rigby, Lady Madonna, et même Krishna au moment de "Here Comes the Sun", la chanson de George Harrison. Un "Magical Mystery Tour" très tonique mené de main de maître par une troupe de 65 artistes, occasion de réviser ses classiques dans un théâtre extraordinaire construit spécialement en 2006.

Criss Angel Believe - Luxor

Coproduit par le Cirque du Soleil et le magicien Criss Angel sur une musique du français Eric Serra, ce spectacle a fait l’objet de controverses et de modifications depuis ses débuts en 2008. Certains jugeant qu’il n’y avait pas assez de tours de magie et d’autres, trop. Alors on vous laissera juge !

Zarkana - Aria

Itinérant à l’origine, ce spectacle est en résidence Las Vegas depuis la fin 2012 en remplacement de Viva Elvis. C’est l’histoire d’un magicien qui a perdu son amoureuse et ses pouvoirs, … En implorant les dieux de les lui rendre, il se trouvé plongé dans un monde étrange peuplé de créatures qui ne le sont pas moins, et donc dans les arcanes du bizarre caractérisant Zarkana.

Michael Jackson : ONE - Mandalay Bay

Quatre personnages se voient remettre un objet cher à Michael Jackson, ses gants blancs, ses chaussettes blanches, ses chaussures, son chapeau et ses lunettes noires pour partir en voyage dans le monde et la musique du "Roi de la Pop". Au fil des rencontres, chacun incarne les valeurs portées par Michael Jackson, de l’amour au partage, en passant par le travail et l’enthousiasme ludique. Un spectacle musical total à l’entrain communicatif, passant en revue la crème de la crème des tubes de "Bambi".

ARCHES ET CANYONLANDS NATIONAL PARKS (Utah)

Arrosée par le Colorado, la petite station de Moab, jadis visitée par Butch Cassidy sert de base à tous ceux désireux d’explorer un peu, beaucoup ou passionnément, deux des parcs nationaux les plus exceptionnels des Etats-Unis, Arches et Canyonlands. Deux nuits sur place ne sont que le strict minimum pour à peine les effleurer. Mais on peut tout aussi bien y passer la semaine si l’on s’amuse à combiner diverses expéditions dans le désert en 4x4 et à pied ou sur le fleuve en raft. Moab est l’une des Mecques de l’outdoor américain où se faire un séjour multi-activités sans avoir besoin de battre le record de kilomètres parcourus…

Arches National Park

A première vue, voici un parc archi accessible et archi facile à visiter en plein désert. Si vous relisez "Désert Solitaire" où Edward Abbey raconte son séjour dans le parc comme ranger, vous comprendrez vite qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Juste au nord de Moab, la route s’élève pour voir apparaître la plus forte concentration d’arches naturelles au monde (peut-être 2000…!) mais aussi remparts, pics, donjons et forteresses crénelées, dunes teintées du rouge Colorado, parsemé de blanc et d’ocre. Une petite soixantaine seulement de ces arches bénéficie d’un accès par la route carrossable du parc qui se termine en cul-de-sac. Dans les six secteurs du parc, des sentiers de tous niveaux et de toutes longueurs permettent de s’en approcher au départ des parkings aménagés le long de la seule route sur parc.

La plus connue est sans nul doute Delicate Arch devenue le symbole de l’Utah. Visible de très loin en contrebas, elle se mérite par une marche d’approche relativement facile au départ des vestiges du Wolfe Ranch. C’est une montée assez douce et régulière d’environ 2500 mètres, le sentier passant parfois sur des pans de roche lisse et glissante. Il faut bien entendu ne pas oublier d’emporter à boire… Une fois au sommet, la vue de l’arche orangée se détachant au sommet d’une cuvette, les Monts La Sal en arrière plan souvent enneigés tardivement, est une belle récompense. Mais bien entendu, n’escomptez pas être tout seul…

Justement pour les amateurs de solitude, il existe des excursions un 4x4 pour explorer des secteurs hors des sentiers battus. Vous aurez l’occasion de voir des arches assez exceptionnelles et hors de portée du commun des mortels  mais aussi des empreintes d’animaux préhistoriques.

Le secteur du Fiery Furnace ne peut que s’explorer à pied lors d’une excursion accompagnée d’un naturaliste. C’est un labyrinthe incroyable de murailles rougeoyantes, d’arches et de grottes où la faune locale attend les amateurs de marche, de désert, de solitude et de nature absolue. Il faut réserver à l’avance car le nombre d’entrées est contingenté. Astuce : pourquoi ne pas vous faire la totale avec la demi-journée à pied suivie de la demi-journée en 4x4 ? Vous verrez ainsi deux secteurs totalement différents, tout aussi isolés l’un que l’autre.

Au-delà, on arrive pénètre dans Devil’s Garden, terminus de la seule route carrossable du parc. On y trouve la plus grande concentration d’arches dont Landscape Arch, au bout d’un sentier de un mile. Avec ses 100 mètres de flèche, c’est l’une des plus grandes du monde. On ne peut plus se promener dessous ; l’érosion lui faisant des misères à jet continu, des blocs de roches plus ou moins volumineux ont tendance à dégringoler sans crier gare… Non loin de l’entrée du parc, il faut faire un détour pour les Windows à hauteur de Balanced Rock au fragile piédestal. C’est le secteur du parc le plus fréquenté notamment par les groupes en autocars… Tout le monde veut absolument admirer la paire de lunettes géante de North Window et South Window, ainsi que Turret Arch et Double Arch formant un quatuor particulièrement spectaculaire. Avec toujours au lointain les sommets des La Sal qui dominent le paysage, de quoi régaler le photographe qui sommeille en vous…

Canyonlands National Park

Le plus grand, le plus sauvage et le plus extraordinaire des parcs de l’Utah est bien difficile à appréhender surtout si l’on se contente d’une incursion d’une simple journée forcément superficielle. Sa taille, sa topographie tourmentée et l’absence de route classique nécessitent qu’on y passe du temps, tout l’inverse de Arches. Canyonlands est un énorme labyrinthe de canyons, mesas, plateaux, fissures, failles et gorges sculptés d’arches, de grottes et de pitons. Il est sillonné de pistes et de sentiers semblant mener a priori nulle part, mais un nulle part qui ressemble à la Lune ou à la planète Mars… C’est bien pourquoi, on ne peut le visiter qu’en excursion accompagnée avec chauffeur ou en expédition avec bivouac, certainement la meilleure formule.

Le parc est au cœur d’une gigantesque région désertique couvrant tout le sud de l’Utah. Il est centré sur le Y dessiné par la confluence de la Green River et du Colorado.

Il est composé de quatre secteurs bien distincts dont le fleuve et la rivière sont les frontières.Island in the Sky, au cœur du Y, domine l’ensemble. C’est le secteur le plus facilement accessible depuis Moab. Après le Visitor Center, la route en cul de sac se divise, menant à divers points de vue, points de départ d’autant de pistes : Upheaval Dome et Green River Overlook à l’ouest et Grandview Point au sud, situés au bord du White Rim, le rebord ondulé de la mesa digne d’une planète oubliée. Auparavant, ou sur le chemin de retour, ne manquez pas le stop au Dead Horse State Park, décor de la scène finale de "Thelma & Louise", pour une vue imprenable sur les méandres resserrés du Colorado.

Partout à perte de vue, s’étend un puzzle de pierre dessiné pour des géants, haché par les méandres des canyons aux falaises étagées et teintées de rouge, de blanc, d’ocre, de gris et de vert. Si vous n’êtes pas venu avec une excursion "organisée", vous n’aurez d’autre choix que de repartir par le même chemin macadamisé utilisé à l’aller. Les tours en 4x4 de Moab, eux, escaladent ou dévalent Island in the Sky par les très impressionnants lacets en épingle de la White Rim Road ou de la Shafer Trail zigzaguant à flanc de falaises.

Sur la rive gauche du Colorado au sud de Moab, Needles District, perdu entre Moab et Monticello est un chaos invraisemblable de pistes, parfois grossièrement taillées dans la roche voire pas du tout, où seul un pilote de 4x4 expérimenté et bien assuré pourra s’aventurer comme le démontre instantanément la piste d’Elephant Hill. Avançant précautionneusement roue après roue, rocher après rocher, on a l’impression de monter un escalier ! Le clou est la marche arrière obligatoire pour prendre un virage très resserré… Il y a plein de belles balades à faire dans les canyons, au milieu d’arches et de cheminées de fées aux formes étranges, tantôt ressemblant à des choux à la crème bien rebondis ou des poignards bien effilés qui lui donnent son surnom d’aiguille…

C’est dans ce secteur que se trouve le seul endroit du parc offrant un panorama inoubliable sur la rencontre colorée du Colorado et de la Green à Confluence Overlook. En route, l’arrêt à Needles Overlook oblige à un crochet important. En revanche, ne manquez pas Newspaper Rock, couvert de pétroglyphes indiens, une vraie BD ! Needles peut se voir en excursion à la journée depuis Moab. 

The Maze est un véritable dédale de canyons et de tourelles de pierre surnommé par les Indiens, le pays des hommes debout. C’est la partie la plus difficile d’accès de tout le parc. A l’ouest de la confluence de la Green et du Colorado, il oblige à un grand détour par Green River avant de redescendre le long du San Rafael Swell. Ce faisant, il donne l’opportunité supplémentaire de visiter le très peu fréquenté Horsehoe Canyon aux admirables et mystérieuses peintures rupestres sans équivalent en Amérique. Toute la région était hantée par les hors-la-loi et les voleurs de chevaux qui venaient s’y faire oublier, à commencer par les membres de la légendaire Horde Sauvage ce qui valut à l’endroit le nom de Robbers Roost (le nid de voleurs). 

La légende veut que du butin soit enterré quelque part. C’est dans ce secteur que le vrai héros de "127 Heures" s’était retrouvé coincé sous un rocher, ne devant son salut qu’à une auto amputation… Par les Spanish Steps, on peut descendre jusqu’au niveau du Colorado et de faire récupérer par un raft, à condition d’avoir bien fixé le rendez-vous… Une expérience magnifique mais à n’aborder qu’en ayant bien préparé son affaire à l’avance. Il est totalement impossible de se diriger dans le Dédale sans un guide expérimenté.

Le quatrième secteur, le Colorado, est sans doute le plus facile et le plus accessible mais ça n’est pas le moins mouvementé. La version soft est une excursion à la journée en jetboat, rapide et confortable. Mais, se déroulant en amont de la confluence avec la Green river, il n’y a pas de rapides. En revanche, les descentes en raft en deux ou trois jours (la version longue permettant des balades terrestres pour aller voir des caches de hors-la-loi ou des ruines indiennes) passent la trentaine de rapides de Cataract Canyon qui cascadent à gros bouillons avant d’aboutir au lac Powell, sans nul doute, l’une des plus belles aventures de l’ouest.

HOVENWEEP NATIONAL MONUMENT (Utah) 

Voilà un vrai petit secret ! Aux confins de l’Utah et du Colorado, non loin des Four Corners et de Shiprock, ce vaisseau de pierre échoué dans la steppe véritable personnage des romans de Tony Hillerman, ce site insolite complètera votre culture indienne de la région. Habité jusqu’au 13e siècle, c’est une série de ruines dans un décor hostile et perdu de part et d’autre d’un petit canyon qui se caractérise par une série de tours aux formes variées, plus ou moins restaurées et dont l’usage reste incertain. Fortifications, observation des astres, grenier… 

Les archéologues, comme souvent en ce qui concerne les Anasazis, n’étant pas d’accord entre eux. Idéalement placé à la croisée des chemins entre Monument Valley, Mesa Verde et Moab, il est vraiment facile à inclure dans un itinéraire passant dans les Four Corners, notamment quand on fait la route de Moab à Mesa Verde National Park. Les hébergements les plus proches se trouvent à Cortez, Monticello voire Bluff.

LE RAFTING SUR LE COLORADO (Utah)

La région traversée par le Colorado dans le sud de l’Utah, à juste titre surnommée le pays des canyons et protégée par un ensemble unique autant qu’énorme de parcs, un terrain de jeux fantastique. Sans le Colorado, le vaste plateau qu’il traverse bien aidé par de multiples affluents dont la Green River qui le rejoint justement dans Canyonlands National Park, serait privé de ses beautés géologiques. Ce sont leurs eaux qui, inexorablement ont strié, raclé, creusé, percé, entamé, sculpté la roche, fait émerger les mesas et les buttes, rongé les falaises depuis des millions d’années. 

Voir défiler au fil du fleuve en cascadant dans ses rapides, les chefs d’œuvre naturels résultant de ce courant inlassable, reste de loin l’expérience la plus extraordinaire à vivre dans la région. S’il existe de multiples excursions de quelques heures à la journée, elles ne seront qu’un apéritif plus ou moins frustrant comparé à une expédition de plusieurs jours, la seule solution pour apprécier pleinement l’expérience du wilderness en faisant corps avec la nature.

Au départ de Moab, dans le sud-est de l'Utah, petite station adjacente à Canyonlands et Arches National Parks, à pied, en 4x4 ou sur le fleuve, à Westwater en amont ou Cataract Canyon en aval, les aventures hors des sentiers battus sont innombrables. Cerise sur la gâteau, pour varier les plaisirs, ces expéditions sont combinables entre elles. On peut par exemple, parcourir à pied ou en 4x4, les slots canyons de Needles ou du San Rafael Swell criblés de souvenirs archéologiques, précolombiens ou remontant à la féroce Horde Sauvage, et survoler le tout en avion de brousse pour finir en apothéose au dessus l’un des déserts les plus fantastiques de la planète.

EN HOUSEBOAT AU LAC POWELL (Arizona – Utah)

Voici une expérience hors norme et la découverte d’un autre monde, celui d’un désert lacustre et minéral, l’immense lac Powell comblant la faille du Glen Canyon équivalent à celle du grand Canyon en peu plus en aval. Un houseboat équipé à l’américaine. Bien plus confortable et spacieux qu’un motorhome, c’est une vraie maison flottante avec cuisine intégrée, barbecue.. C’est le meilleur moyen pour s’imprégner en douceur de l’âme véritable du Lac Powell.

Manœuvrant dans le dédale des criques formés par les canyons, vous vous échouerez pour passer la nuit sur une baie dominée par des falaises géantes, vous accosterez à Rainbow Bridge, l’immense arche sacrée des Navajos, ou, en savourant votre steak grillé au charbon de bois, vous admirerez les étoiles filantes, en ayant une pensée pour les Mormons venus ici à pied ou les hors-la-loi qui venaient se réfugier dans ses parages … La marina la plus facile d’accès est celle à côté de Page. Il en existe une autre au milieu du lac, à Bullfrog Marina. Pour vraiment en profiter, il faut louer le bateau pour au moins 3 nuits afin d’avoir 2 jours complets de navigation. Idéal quand on est une famille nombreuse ou une bonne bande de copains. Et on n’a même pas besoin d’un permis bateau.

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