30/12/2014

Ce "Grand Nulle Part" inspirant les romans fleuves de James Ellroy est inépuisable. Beverly Hills, Mulholland Drive, Sunset Plaza, Universal Studios, Santa Monica ou Venice ne sont que quelques unes de ses cartes postales emblématiques. Elles  ne doivent pas faire oublier sa richesse culturelle avec ses 300 musées dont Getty Center ou  LACMA sont les figures de proue. Car contrairement aux idées reçues, la cité des Anges constitue l’une des grandes places fortes de la culture américaine où tout n’est pas axé sur le glamour et les paillettes hollywoodiennes.

Compte tenu de la superficie, des distances et de la circulation, il faut s’organiser en fonction de ses centres d’intérêt et du temps disponible. Si l’on se concentre sur Hollywood et Downtown, pourquoi ne pas utiliser le métro ? Rien ne remplacera une balade en hélicoptère pour apprécier l’immensité et repérer les hauts lieux de ce Los Angeles qui reste toujours un peu trop Confidential… Même en la survolant, elle semble ne pas avoir de fin...

Il faut passer une soirée à Westwood, le quartier latin local en lisière sud de UCLA, à l'ambiance estudiantine et branchée avec ses restaurants et ses cinémas rétro. Le Westwood Memorial Cemetery héberge de nombreuses stars comme Natalie Wood ou Marilyn Monroe.

Si vous aimez les lieux hors du commun, vous devriez être comblé par le fantastique Getty Center accessible par un train suspendu automatique escaladant la colline. On ne paye que le parking. De là haut, vous aurez rendez-vous avec un panorama imprenable et l’atmosphère unique d’un endroit d’exception.

Embrayez sur Mulholland Drive, route de crête époustouflante. Tout au long de sa trentaine de kilomètres, la ville de "Short Cuts" se déroule menant via Bel Air à Beverly Hills avec de belles perspectives sur le fameux signe qui sert d’enseigne à Hollywood depuis 1923. En tout cas, vous avez intérêt à traverser dans les clous, ici dès que l’on est à pied, cela semble un rien suspect. Il faut dire qu’entre Rodeo Drive (surtout entre Wilshire et Santa Monica Boulevards) et Via Rodeo, se trouve une minuscule allée piétonne face au Beverly Wilshire, l’hôtel de "Pretty Woman". Le Beverly Hills Hotel reçoit les stars depuis 1912, et ce ne sont pas les tentations qui manquent…

Offrez-vous un zoom sur Beverly Drive ombré de ses interminables palmiers avant de grimper les hauteurs de Sunset Boulevard où se cachent les villas des rich and famous. Arrêt obligatoire ensuite sur le Sunset Strip éclairé par ses panneaux publicitaires géants. Si l’hôtel Argyle, ex St-James Club, chef d’oeuvre art-déco de 1929 et décor de "The Player", a de tout temps été fréquenté par les stars de ciné, le mythique et sulfureux Château Marmont a connu les frasques de nombreux groupes pop de l’époque sex, drugs et rock’n’roll.

L’immense centre commercial de Hollywood & Vine est gardé par les énormes éléphants qui semblent débarquer d’"Intolerance", l’un des grands films muets qui contribua au mythe hollywoodien. Adjacent, le Kodak Theatre voit se dérouler les cérémonies des Oscar depuis quelques années. Amusez-vous à trouver les étoiles consacrant vos stars favorites sur les trottoirs du Walk of Fame de Hollywood Boulevard. Au Grauman’s Chinese Theater, cinéma mythique dès son inauguration en 1927, on fait de même avec les empreintes laissées par le monde du show-biz qui y fait des pieds et des mains ou autre chose pour en être…

En face, l’Hollywood Roosevelt Hotel de 1927 est un magasin de souvenirs croustillants incluant le fantôme de Marilyn Monroe ou  la piscine peinte par David Hockney, l’un des papes du pop’ art. Admirez les enseignes des salles typiques des années art-déco comme l’Egyptian Theater, le Pantage ou l’El Capitan où fut donnée la première de "Citizen Kane". Les amateurs visiteront le Frederick’s Lingerie Museum exposant les émouvants dessous des stars de toutes les époques et de toutes les tailles … Dans le même esprit, signalons l’Erotic Museum.

Prenez Melrose Boulevard pour passer devant l’entrée des Studios Paramount à l’arche ornée d’une grille en fer forgé de 1926 sur Bronson Avenue à qui Charles Buchinski emprunta son nom pour devenir star. Presque aussi grand que Disneyland, il reste le seul studio d’origine à Hollywood, les autres ayant émigré dans la vallée centrale vers Burbank et Culver City. On le visite lors d’un tour à pied de deux heures. Au nord-est, entre Sunset et Hollywood Boulevards, achevée en 1921, Hollyhock House est la première réalisation de Frank Lloyd Wright à Los Angeles.

Dans le quartier de La Brea, un peu plus au sud, devant l’inépuisable LACMA, le Los Angeles County Museum of Art, les Tar Pits sont des mares de goudron qui ont piégé des animaux préhistoriques dont plusieurs sont exposés à l’intérieur ou du moins ce qu’il en reste. Non loin, le Farmers Market a conservé une ambiance très locale pas vraiment touristique, tant mieux ! Descendez Wilshire Boulevard vers l’est. Tout au long du Miracle Mile, il aligne des d’immeubles de l’époque art déco.

Downtown possède une architecture très variée. L’époque victorienne y côtoie des gratte-ciel aux formes futuristes ou du pur art déco comme le Civic Center. On y croise aussi bien la tour du City Hall surmontée de sa pyramide caractéristique vue dans de très nombreux films que les courbes anodisées typiques de Frank Gehry du Disney Concert Hall, siège de l’orchestre philharmonique de la cité.

Le minuscule Pueblo de Los Angeles reste le cœur historique de la ville hispanique. Le soir, on vient dîner au son des mariachis sur Olvera Street ou la Plaza, bordées de maisons en adobe classées monuments historiques. Union Station avec son campanile érigé en 1939 dans le style hispano colonial est un autre bel exemple d’art déco. Tout proches, Chinatown, nettement plus petit que celui de San Francisco et Little Tokyo démontrent le cosmopolitisme de L.A. Broadway alignant autrefois la plus grande concentration de cinémas de la planète. Art Nouveau et art déco sont omniprésents. Ne manquez pas l’assez génial et insolite Bradbury Building de 1893, vu dans de nombreux films de "Blade Runner" à "The Artist", et son voisin, le Million Dollar Theater de 1918 à l’étrange façade sculptée de bisons et d’aigles chauves.

En fonction du jour et de l’heure, Grand Central Market, entre Broadway et Hill Street, est bien distrayant avant le Business District, toile de fond de "Die Hard",  "Collaterral" ou "The Heat". Un bouquet d’immenses gratte-ciel élancés, dont celui de la First Interstate, la plus haute tour de la ville avec ses presque 310 mètres, domine Pershing Square, le premier parc municipal. Donnant sur celui-ci, le Biltmore Hotel, à lui seul, est une véritable vedette de cinéma depuis 1923. Non seulement c’est ici  que l’idée des Oscars est née mais on le voit dans quantités de films et de séries, tout comme le Westin Bonaventure, un mastodonte de 1976 dont les tours d’angle lui donnent un look de forteresse futuriste aisément reconnaissable. Si vous avez vu celui de San Francisco, dispensez-vous du stop au Wells Fargo Museum racontant l’histoire de la banque de la ruée vers l’or et de ses diligences au pied des tours rouges du Wells Fargo Center. La fresque montrant Los Angeles en 1859 a tout de même de quoi laisser rêveur…

Entre un stabile de Calder ou l’Angel’s Flight, le petit funiculaire escaladant Bunker Hill, entre Hill Street et California Plaza, Downtown est semé de plusieurs musées dont le MoCA est l’exceptionnelle tête de gondole. En prime, le contenant du Museum of Contemporary Art est aussi audacieux que son contenu avec ses collections d’une incroyable profusion.

Les amateurs d’art déco pousseront un peu au sud dans un quartier pas touristique du tout de Downtown, pour voir l’usine d’embouteillage de Coca Cola de 1937, dont le style streamline typique la fait ressembler à un grand paquebot échoué.

En remontant vers le nord, on aperçoit la masse sombre de Griffith Park, immense poumon de 1 600 hectares, dominé par le dôme de l’observatoire art déco de 1935. Un buste de James Dean rappelle le duel au couteau qu’il y tourna en 1955 pour "La Fureur de Vivre". Rien en revanche pour l’instant n’honore Schwarzie qui s’y retrouvait nu dans "Terminator". De l’autre côté des collines, le Autry Museum of Western Heritage est une magnifique introduction aux mythes et aux réalités de la Conquête de l’Ouest passant notamment par le cinéma. Incontournable, Universal Studios vous invite à traverser l’écran comme dans "La Rose Pourpre du Caire", pour se retrouver dans les blockbusters ayant marqué le septième art, de "King Kong" à "Psychose" en passant par "Les Dents de la Mer".

Et puis il faudrait aussi parler de nombreuses autres villes de l’agglomération comme Pasadena par exemple, Anaheim et ses parcs d’attractions, Glendale ou Hawthorne où furent tournées de nombreuses scènes de Pulp Fiction, les stations de montagne des San Bernardino Mountains comme Big Bear Lake ou Lake Arrowhead, ou sur la côte, Long Beach, Newport ou Catalina Island. Los Angeles est décidément un monde à part autant qu’inépuisable.

LES PLAGES DE LOS ANGELES

Du nord au sud, les plages de Los Angeles s’étirent au bord du Pacifique, l’un de ses gros points forts par rapport à San Francisco. Mais bien sûr, l’eau est fraîche. C’est pour ça qu’il y a des lions de mer, des sauveteurs masculins et féminins en combinaison au néoprène flatteur… 

A ce sujet, pas besoin de lancer d’alerte pour citer Malibu. C’est quelque part sur ses 40 km de plage de sable immaculé que Marilyn fit ses dernières photos et que fut tournée la révélation finale de "La Planète des Singes" de Franklin Schaffner, le premier de la série (1968). La Getty Villa est un centre d’études archéologiques international abritant antiquités grecques, étrusques et romaines. Santa Monica, dont la légendaire jetée de 1912 coiffée d’un parc d’attractions de fête foraine avec son manège en bois de 1922, marque le terminus de la Route 66, est une ville dans la ville. Tout le monde se retrouve sur la promenade piétonne de 3rd Street comme sur sa plage de 6 kilomètres semée à intervalle régulier des célèbres cabines sur pilotis des sauveteurs de "Baywatch".

Surplombée par la promenade plantée de palmiers de Palisades Park, la South Bay Bicycle Trail court sur près de 34 km de plages avec un défilé permanent de sportifs de tout acabit peut-être inspirés par les stars du prestigieux club d’athlétisme local comme un certain Carl Lewis. Plusieurs musées rappellent que la ville est aussi une capitale culturelle avec de nombreuses galeries, œuvres d’art et fresques murales éparpillées au hasard des rues. Dans l’intérieur des terres, perdu dans les Santa Monica Mountains, le ranch de Will Rogers, acteur et humoriste ami de John Ford, est une oasis originale et inattendue évoquant à la fois la vie d’acteur à Hollywood et l’ouest disparu.

Plus populaire, Venice, décor de "Speed" entre autres films, a été construite de toutes pièces au début du 20e siècle par un promoteur amoureux de la Renaissance, d’où les canaux inspirés par ceux de la Cité des Doges bordés de maisons de tous styles, ici demeures d’architectes archi contemporaines couronnées de solarium, là une baraque de guingois faite de bric et de broc au charme indéniable à laquelle on accède par un petit pont bossu. Derrière la promenade du front de mer, à l’animation incessante et à l’ambiance de carnaval où s’affrontent jongleurs, bodybuilders, basketteurs ou volleyeurs, on découvre de superbes maisons d’architecte, des bungalows à l’architecture improbable et un esprit bohème qui perdure.

Après les yachts et les voiliers de Marina del Rey, au sud de l’aéroport, Manhattan, Hermosa puis Redondo Beach se succèdent venant buter sur la péninsule rocheuse de Palos Verdes. Au-delà de ses falaises abritant golfs et résidences hors de prix, se profile le port de San Pedro, site de nombreux tournages de films. Avec Long Beach, très conviviale avec ses multiples attractions et sa perspective inoubliable sur l’océan et où est ancré le Queen Mary, l’ancien paquebot de la Cunard lancé en 1934 et transformé en hôtel flottant, débute la série des plages du sud, assez chics, comme Huntington et plus loin encore Laguna Beach et Newport. Au large, accessible depuis Long Beach, la charmante île de Catalina où se déroulait une partie de "Los Angeles River", le roman de Michael Connelly et inévitablement site de tournages maritimes.

Le plus Comptoir des Voyages

Faire du cheval sur la colline d’Hollywood et voir de près les grosses lettres.

Nous on adore

Passer sous le Golden Gate en hélico au coucher du soleil.

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