Les parcs de Californie

28/12/2014

Très tôt la Californie a été sensibilisée à la protection de l’environnement avec les initiatives de John Muir et la création du Sierra Club, devant les désastres dus aux opérations minières érodant les sols et abattant les arbres multiséculaires. Lincoln fit don du Yosemite à l’état en 1864 qui le rétrocéda à l’état fédéral par la suite.

Aujourd’hui, la Californie est dotée d’une ribambelle de parcs d’état de toutes sortes (280 !), un système qui vient de fêter ses 150 ans en 2014, et de nombreux parcs nationaux. Nous avons sélectionné ici quatre de ses parcs les plus emblématiques, Yosemite, Sequoia National Park et son siamois Kings Canyon, Death Valley et Joshua Tree.

Yosemite National Park

Le Yosemite National Park est l’un des emblèmes de l’Ouest. Gigantesque, il protège un paysage montagnard de la Sierra Nevada dont le joyau est la vallée sculptée en U par les glaciers ou serpente la Merced River. De part et d’autre, d’impressionnants dômes de granit blanc poli par la glaciation accueillant les mordus d’escalade et des falaises scandées par les cascades les dévalant parfois sur plusieurs centaines de mètres et que l’on vient admirer à la fin du printemps quand la fonte des neiges est à son maximum.

La route jusqu’à Glacier Point offre une enfilade de vues plus sublimes les unes que les autres. La plupart des visiteurs se contentent de traverser le parc de part en part, via la route du col de Tioga (3031 mètres) dont les dates d’ouverture sont toujours aléatoires. Le col reste fermé en général d’octobre à la fin mai voire mi-juin ce qui n’empêche pas le parc d’être ouvert toute l’année dans sa partie ouest. La vallée de la Merced enneigée et encadrée par ses hautes parois de granite est d’ailleurs à voir absolument, l’hiver lui conférant une aura totalement différente.

Lacs innombrables, forêts de résineux à l’infini dont le séquoia est le roi, faune digne de l’Arche de Noé dont l’ours est le pensionnaire le plus turbulent, il y a de quoi rester plusieurs jours. On peut aller prendre le thé à l’Ahwahnee Hotel de 1927 à défaut d’y dormir. Pour des budgets raisonnables, il y a l’embarras du choix à condition comme toujours de réserver très tôt y compris des villages de toile.

Sinon, il faudra se rabattre sur les localités périphériques forcément un peu plus animées, les villages western de la Route 49 comme Sonora ou Mariposa côté ouest, la station de Mammoth Lakes ou Lee Vining, coté est. Les routes du parc et ses accès sont peu nombreux. Ils sont donc souvent encombrés en saison estivale.

On le combinera avec le Gold Country sur son versant occidental, la région qui a vu naître la Ruée vers l’Or avec une myriade petits villages western plus ou moins bien conservés alignés sur la Route 49. Au nord, la superbe émeraude du Lake Tahoe est l’une des régions de villégiature les plus prisées des Américains été comme hiver surplombé qu’il est par une série de stations de ski. C’est une bonne idée de complément pour tous les amoureux de la montagne.

Sequoia National Park et Kings Canyon National Parks

Beaucoup plus au sud, les siamois Kings Canyon et Sequoia National Parks, sont les deux autres parcs protégeant le cœur de la Sierra Nevada. Dominés par le Mont Whitney que l’one ne peut pas voir quand on est sur le versant ouest de la Sierra, ils sont célèbres pour leurs forêts de séquoias géants et leurs reliefs alpins bien moins fréquentés que leur cousin du nord de la Sierra. Ils ont été créés pour protéger les séquoias alors qu’on les utilisait comme du bois de construction pour étayer les mines alors qu’ils sont parmi les plus vieux êtres vivants de la planète. Ils atteignent des dimensions exceptionnelles, 90 mètres de haut pour 12 de diamètre en moyenne.

La route qui relie les deux parcs, surnommée la route des généraux vous permet de voir les plus spectaculaires, parés des superlatifs chers aux américains : le Grant, le Lee et le Sherman avec ses 30 mètres de circonférence... Les vrais explorateurs pousseront jusqu'au terminus de la route en cul-de-sac menant au cœur de Kings Canyon. La route, vraiment grandiose, est un travelling menant au plus près de l’entrée de la vallée glaciaire, un Yosemite au lendemain de sa création car ici, il n’y a quasiment personne et aucune construction…

Les parcs sont ouverts toute l’année mais souvent difficiles d’accès l’hiver. Si l’on ne dort pas dans les lodges de Sequoia NP, il faut se rabattre sur Three Rivers ou Visalia côté sud, ou remonter jusqu’à Fresno, une bien plus grande ville, beacoup plus au nord.

Death Valley National Park

Death Valley, le plus grand parc naturel des Etats-Unis continentaux, ne peut qu’impressionner. On en appréciera d’autant plus le gigantisme et la désolation en y passant au moins deux nuits. On se contente le plus souvent de le traverser d’est en ouest, entre Las Vegas et les abords du Yosemite, en pleine journée au plus fort de la chaleur et de la lumière hélas…Les routes praticables et les hébergements y sont très peu nombreux et on peut renoncer à sortir de sa voiture par grosse chaleur…

La vallée fut longtemps ignorée lors de l'avancée vers l'Ouest sauf quand on s'y égarait, accident aux conséquences pour le moins fâcheuses comme son nom le laisse imaginer… Pourtant quelques prospecteurs vinrent y tenter leur chance comme en témoignent les vestiges de plusieurs villes abandonnées, résumés souvent à quelques planches et matériels rouillés, qui jalonnent la vallée et ses hauteurs où broutent des mouflons bighorn efflanqués. Seul le borax fut exploité de manière importante. Quelques chariots géants tirés par des attelages de 20 mules qui le transportaient jusqu'à la voie ferrée 250 km au sud sont encore exposés aux Harmony Borax Works, à quelques miles au nord de l’oasis de Furnace Creek.

C’est l’un des rares lieux du parc où se regroupe un peu d’humanité avec le Furnace Creek Ranch et le Furnace Creek Inn. Ce dernier datant de 1927 et l’œuvre de la Pacific Coast Borax Company, est une superbe auberge au look d’estancia hispanique.

C’est le seul hôtel de luxe du parc. Le Ranch est lui un excellent motel de style western dont les origines remontent à 1933. Il y a trois des neuf campings du parc dans les environs immédiats. Autre hébergement, le Panamint Springs Resort qui fut la propriété d’une cousine de Buffalo Bill, date de 1937.

Ne vous laissez pas abuser par le terme resort. Il s’agit simplement d’une poignée de cabanons en bois totalement au milieu de nulle part à l’entrée ouest du parc au pied du Telescope Peak. Le bar du restaurant est sympa pour une bière ou deux mais attention à l’appétit : le service s’arrête à 21h, ce sont des couche-tôt dans le désert… 

Offrez-vous quelques échappées au cœur du désert, dans les "badlands" de Artist's Drive à la palette étonnante, au Devil’s Golf Course ou au rougeoyant Golden Canyon. Vers le sud, prenez la route en cul-de-sac menant à Badwater, une cuvette blanche des cristaux de sel déposés par l'évaporation, et parfois d’eau, à 85 mètres en dessous du niveau de la mer.

C’est d’ailleurs le cas d’une bonne partie de la vallée, étirée du nord au sud sur plus de 200 kilomètres entre deux chaînes de montagnes dont le Telescope Peak qui culmine à 3367 mètres couronnant la Panamint Range à l’ouest.

Les couleurs des "badlands" de Artist's Drive ou celles de Zabriskie Point, flamboyantes dans le film de Michelangelo Antonioni séduiront les photographes de même que la vue admirable depuis Dante's View, promontoire perché à 1669 mètres d'altitude. Les lève-tôt iront admirer le lever de soleil à Zabriskie Point qui inspira à Michelangelo Antonioni son célèbre film.

Près du hameau de Stovepipe Wells (autre site d’hébergement), proche des Mesquite Flat Dunes au sable bien doré au coucher de soleil, une route part vers le nord de la Vallée. Le Beatty cut-off est un raccourci pour atteindre Titus Canyon Road, une superbe piste à sens unique jouant aux montagnes russes.

Privilégiez un véhicule tout terrain mais vous mettrez tout de même trois heures pour couvrir ses 27 miles. En route vous verrez la ville fantôme de Leadfield qui connut son apogée dans les Années Folles bien après la Conquête de l’Ouest et des entrées de mine comme la Keane Wonder Mine.

Poussez au nord vers Scotty’s Castle, une folie de millionnaire excentrique de style hispanique datant des années folles et le Ubehebe Crater, profond de 200 mètres et aux belles parois orange et gris. Renseignez-vous aussi (4x4 obligatoire) pour aller voir le Racetrack Playa, un lac asséché très isolé, célèbre pour ses mystérieux rochers qui se déplacent tous seuls. Une découverte récente a démontré que ses roches qui parfois dépassent plusieurs centaines de kilo sont mues en réalité par le gel et le dégel.

Loin des grandes sources de pollution lumineuse, Death Valley est devenue un lieu privilégié d’observation astronomique et de nombreuses sessions y sont organisées toute l’année.

Les villes fantômes de la région de la vallée de la Mort ajoutent encore à son atmosphère étrange et à sa beauté diabolique.

La plus amusante est Rhyolite, à l’extérieur du par cet toute proche de Beatty juste à l’est du parc qui, après une naissance prometteuse en 1912 suite à la découverte d’or, fut abandonnée au bout de six ans. Une gare, une école, une prison et une banque témoignent de la vitalité à très court terme de l’endroit...

Tout le monde s’extasie devant la petite maison construite avec plus de 50000 bouteilles de bières et d’alcool et les sculptures fantomatiques. Au sud-est, Amargosa mérité un stop pour son opéra, incongru en plein désert, et qui connut son heure de gloire.

Joshua Tree National Park

Ambiance "Far West" garantie avec Joshua Tree National Park qui englobe deux déserts et une flore exceptionnelle dont le représentant le plus fameux est l’arbre de Josué.

Le Joshua Tree National Park protège sur 200000 hectares deux types de déserts délimités par l’altitude. La partie haute, plus élevée (1600m), dans le désert de Mojave, est le royaume de l’arbre de Joshué, le grand cactus emblème du parc aux formes étranges et torturées qui atteint souvent la taille d’un arbre.

ll est amusant de se balader dans le chaos des énormes blocs de rochers striés par l'érosion éolienne semés dans les collines piquetées à perte de vue de ces yuccas géants étendant leurs  branches fantomatiques jusqu'à des hauteurs impressionnantes, parfois 12 à 15 mètres. L’est, inférieur à 900 mètres, appartient au désert du Colorado planté de buissons de créosotes, chollas et ocotillos.

Troisième écosystème, les oasis et leurs palmiers sur fond d’arroyos à sec ou de chaos de rochers géants qui, avec la faune typique et très variée de vautours, tarentules, crotales et les célèbres coyotes et road-runners rappellent bandes dessinées ou dessins animés. N’oubliez pas de remplir votre glacière.

Il n’y a pas d’hébergement dans le parc. Palm Springs est la ville la plus proche la mieux fournie avec notamment toute une collection de motels vintage superbement restaurés et meublés fifties-sixties. On peut aussi trouver vers Palm Desert ou Twenty Nine Palms.

Le plus Comptoir des Voyages

Arpenter le Sequoia Kings Canyon, moins de monde qu’à Yosemite et d’aussi beau séquoias.

Nous on adore

Faire un détour, entre Yosemite et Death Valley, vers la ville fantôme Bodie.

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