Le Nouveau-Mexique

24/12/2014

Des paysages fantastiques, un climat idéal, une lumière attirant les artistes, des villes douces à vivre séduisant les écrivains des pueblos, les souvenirs de Billy The Kid, un gros parfum de Route 66 : vous allez adorer le Nouveau Mexique.

C’est sans doute au Nouveau Mexique que les patrimoines indiens et hispaniques ont le mieux fusionné avec la culture western amenée par le monde yankee. On adore savourer ce subtil cocktail garant de cette inimitable culture du sud-ouest, épicée aux chilis, les poivrons multicolores témoins d’une gastronomie métissée, colorée d’adobe se confondant avec le roc, brillant dans les reflets d’argent et de turquoise de ses bijoux, le tout additionné d’un gros zeste de mysticisme catholico-indianiste transpirant lors des fêtes indiennes. Et bien entendu), le décor naturel est à l’avenant avec des îles de hautes montagnes et le gigantesque désert de la moitié sud où scintillent les dunes de White Sands. Et au milieu coule le Rio Grande.

LA ROUTE DES PUEBLOS

Le nord-ouest de l’état reste le fief des Indiens Pueblos ainsi nommés parce que, sédentaires à l’inverse de leurs cousins des Plaines par exemple, ils habitaient déjà dans des villages à l’arrivée des Espagnols. Encore habités aujourd’hui par les tribus d’autrefois, ces 19 villages sont renommés pour leur savoir faire artistique, les villages s’étant spécialisés dans de nombreux domaines, poterie, bijouterie, tissage, instruments de musique etc. Une partie de leurs revenus provient de leurs casinos…

Chacun étant considéré comme une nation souveraine, l’accueil peut varier, certains pouvant même être fermé au visiteur à certaines périodes de l’année, notamment au moment de fêtes ou manifestations qui ne sont pas toutes ouvertes au grand public. Il est donc prudent de se renseigner au préalable. Par extension, on englobera sous cette appellation certaines villes d’origine espagnole fondées à proximité dans la même région avec en point commun l’architecture d’adobe, omniprésente. 

Turquoise Trail

Prenez la clé des champs avec la Turquoise Trail. Reliant Albuquerque et Santa Fe, c’est  une alternative intéressante à la I-25, route la plus directe qui permet, elle, de stopper au Santo Domingo Pueblo. Elle égrène tour à tour des villages quasi fantômes à commencer par Golden, première ville née d’une ruée vers l’or à l’ouest du Mississippi en 1825. Nous avons apprécié son joli site cinématographique avec, perchés sur la colline, son église San Francisco à l’adobe badigeonné de blanc datant des années 1830 et le petit cimetière en frontispice.

On passe ensuite la ville ouvrière de Madrid avec ses alignements de cottages en bois autrefois occupés par les mineurs extrayant le charbon dans la mine locale pour le Santa Fe Railroad. Enfin Cerrillos, à l’aspect décati typique, exhale un parfum bien western avec sa voie ferrée ne menant plus nulle part où fut tourné "Young Guns" en 1988. Dire que dans les années 1880 il y avait 21 saloons et 4 hôtels !

Santa Fe

Etalée au pied des majestueuses Sangre de Cristo Mountains, la petite capitale d’état est l’une des plus belles villes américaines. Fondée en 1610 comme colonie de la Nouvelle Espagne, c’est aussi l’une plus anciennes. Son héritage hispanique, son urbanisme contrôlé et son architecture protégée en font un endroit romanesque et ravissant, à visiter à pied.

On remonte le temps dans les ruelles bordées de demeures en adobe caractéristique. Tout part de la Plaza, terminus du Camino Real la reliant à Mexico puis de la fameuse piste de Santa Fe inaugurée dans les années 1840 par les caravanes de chariots des marchands américains venus de Saint Louis à travers les plaines hostiles. Surtout, n’hésitez pas entrer dans le lobby du bel hôtel La Fonda, reconstruit en 1920 selon le modèle d’origine.

La Palais des Gouverneurs occupe le côté nord. C’est le plus ancien bâtiment public des Etats-Unis. Il est aujourd’hui un musée consacré à l’histoire régionale, des pueblos à la bombe H avec de beaux objets de la période coloniale. Son patio, très agréable, a vu défiler tous les gouverneurs, espagnols, mexicains puis américains jusqu’en 1909. C’est devant sa façade que les indiens descendus des pueblos alentour viennent depuis toujours vendre leur artisanat réputé, son animation culminant lors de l’Indian Market, chaque troisième jeudi d’août, l’un des nombreux événements qui remplissent toute la ville.

Héritage catholique oblige, ne manquez pas Loretto Chapel au curieux escalier en colimaçon et San Miguel, proclamée église la plus ancienne du pays dans le joli Barrio de Analco, classé Historic District. Au fil du temps, la petite cité est devenue une capitale des arts au même titre que New York et Los Angeles

Elle peut s’enorgueillir de plus de 250 galeries d’art. Il y a aussi pléthore de musées incontournables : Museum of Fine Arts et Georgia O’Keefe Museum, le moderne Institute of American Indian Arts avec le jardin planté de sculptures, et, regroupés un peu à l’extérieur, le délicieux Museum of International Folk Art à la magnifique aile hispanique, le Museum of Indian Arts and Culture et le Wheelwright Museum of the American Indian, au dessin inspiré d’un hogan navajo. Les cinéphiles apprécieront le New Mexico Film Museum qui fait la part belle aux films tournés sur place.

Les galeries, boutiques d’art et d’antiquités en tous genres, parfois très discutable et dont le point commun est le niveau de prix uniformément très cher, sont concentrées sur Canyon Road. Revenez par Acequia Madre, l’une des plus jolies rues de l’East Side, pour admirer les belles maisons d’adobe illustrant les magazines de décoration.                 

Et si vous voulez découvrir la vie d’une véritable estancia de l’époque coloniale, plongez-vous dans le passé au Rancho de las Golondrinas, musée vivant animé par des artisans en costume où rien n’a changé depuis le 18e siècle.

Taos et Taos Pueblo

Il vaut mieux prendre son temps à Taos, une ville double. On commence par le Taos Pueblo, le village indien deux miles au nord de la ville blanche. Habité de manière continue depuis plus de 1000 ans, il est classé à la fois National Historic Landmark et au patrimoine mondial par l’UNESCO.

Ses grandes bâtisses d’adobe à plusieurs étages dont les murs sont scandés par l’ombre de rustiques échelles de bois en font l’archétype du village indien. Même si la gracieuse église San Geronimo vous protège, ça n’a pas toujours été le cas.

Un peu plus loin, les ruines du clocher de Old San Geronimo dominant un petit cimetière rappelle les révoltes indiennes contre l’oppresseur espagnol. Mais que cela ne vous empêche pas de déambuler en liberté dans les rues de terre battue de ce petit hameau indien tout en terrasses, parcouru par le ruisseau de la Taos River avec les 4011mètres du Wheeler Peak en arrière plan vous font comprendre pourquoi DH Lawrence disait de Taos que c’était avant tout un état d’esprit.

Au sud, Downtown Taos est lui le village hispanique typiquement organisé autour de sa plaza, flanquée de boutiques et restaurants. Bâtiments, d’époque ou plus récents, se fondent dans la même tonalité d’adobe du style pueblo revival pour recréer cette atmosphère d’autrefois comme par exemple au tribunal sur le côté nord ou à l’hôtel La Fonda de 1937 côté sud. L’endroit le plus évocateur est le Kit Carson Home and Museum

C’est ici qu’habita pendant 24 ans l’un des personnages les plus emblématiques de l’Ouest américain. Tour à tour explorateur, éclaireur, officier, chasseur, Kit Carson fut, bien avant Buffalo Bill, le personnage illustrant l’Ouest de la légende. Sa tombe est au cimetière local. A voir aussi, la Governor Bent House Museum, demeure du premier gouverneur américain du territoire qui y fut scalpé par les indiens en 1847…

La Ernest L. Blumenschein Home & Museum préserve la résidence datant de 1790 de l’un des fondateurs de la Taos Society of Artists en 1915. Car avec l’arrivée de peintres comme Sharp ou Blumenschein à la fin du 19e siècle, puis d’écrivains et d’artistes comme DH Lawrence et Georgia O’Keefe, Taos est devenue un important foyer artistique lui valant une réputation bohème.  Regroupés dans la Museum Association of Taos, les Harwood Foundation, Blumenschein Home & Museum déjà cité, le Taos Art Museum et surtout le Millicent Rogers Museum aux collections exceptionnelles (1504 Millicent Rogers Road) le démontrent amplement.

Aux environs de Taos

Deux miles au sud-ouest de la Taos Plaza, l’Hacienda Martinez, l’un des rares domaines de l’Espagne coloniale restaurés dans la région. Avec ses murs massifs et aveugles en adobe, elle a tout d’une forteresse. Il faut dire qu’aux confins de l’empire hispanique peu sûrs dans les années 1800, elle marquait le terminus septentrional du Camino Real qui reliait les colonies du nord à Mexico. Elle abrite la foire de Old Taos en général en septembre.

Au sud de Taos, ne manquez pas à peine en retrait de la route, la massive église de Rancho de Taos. San Francisco de Asis, construite en 1776 avec ses arcs-boutants costauds et ses murs arrondis en adobe fragile évoque davantage le militaire que le spirituel. D’ailleurs elle servit de fortin lors des révoltes pueblos. Ombre et lumière jouant sur ses murailles ont toujours inspiré les peintres, Georgia O’Keeffe en tête. 

A l’ouest de Taos, suspendues à près de 200 mètres de haut, les arches du Rio Grande Gorge Bridge construit en 1965, enjambent élégamment le Rio Grande Rift. Cette gorge profondément entaillée entre deux plaques tectoniques et balafrée sur près de 600 miles par le Rio Grande del Norte fait l’objet d’un National Monument depuis 2013. Au-delà du fleuve, la route longe la bordure ouest de la Greater World Community, une communauté mue par le respect de l’environnement et le développement durable où sont éparpillées des "Earthships", demeures construites en matériaux recyclés aux airs de vaisseau spatial échoué.

17 miles au nord-est de Taos, les épris de littérature se rendront au Lawrence Ranch. L’écrivain britannique fit trois séjours de six mois chacun au début des années 1920 au Kiowa Ranch, son nom d’alors et qui appartenait à Mabel Dodge Luhan, rencontrée sur le paquebot. Il fut suivi en 1929 par Georgia O’Keefe qui comme lui, eut un choc révélateur devant les beautés de la région. 

Les cendres de Lawrence, mort en France en 1930 furent ramenées à Taos par son épouse qui s’installa sur place jusqu’à sa mort en 1956. Il appartient aujourd’hui à l’Université d’état. Seule la chapelle abritant la châsse des cendres de l’écrivain, dans la forêt dominant le Rio Grande est accessible aux visiteurs. 

La High Road

Pour saisir tout de la beauté et de l’esprit de la région des Pueblos, plutôt que de suivre le cours du Rio Grande, rien ne vaut une virée dans la montagne par la High Road entre Taos et Santa Fe. Au long de ses cinquante miles, on peut débusquer une série de villages isolés. Chacun est blotti autour de son église tout d’adobe vêtue comme à Nambe avec ses tours, Chimayo et la ravissante Santuario de Chimayo, à l’ouest d’Espanola où le bois et l’adobe fusionnent dans une expression d’art primitif.

But d’un pèlerinage à Pâques pour El Posito aux vertus curatives, on la surnomme le Lourdes américain. Truchas fondée en 1754 fut le décor de "Milagro", le second film réalisé par Robert Redford. Las Trampas possède toujours une belle église avec de jolis clochers jumeaux couronnés de bois, San José de Garcia de Las Trampas qui date des années 1760. On pourra aussi se recueillir à San Lorenzo à Picuris, resté pratiquement inchangé depuis sa fondation, se flatte de n’avoir jamais signé de traité avec aucun gouvernement, l’américain inclus. Si l’on veut prendre s’immerger dans l’ambiance locale et dans la mesure où ces villages n’offrent pratiquement aucun hébergement, on logera à Espanola ou Taos pour en rayonner.

WHITE SANDS NATIONAL MONUMENT

Quand on s’attaque à l’immense désert de Chihuahua, il vaut mieux éviter de se perdre dans les dunes de gypse du White Sands National Monument… L’ancien fond marin vieux de 250 millions d’années occupant le centre sud de l’état voit le sel drainé dans ce bassin, entre deux chaînes de montagnes, les San Andres et les Sacramento.

Il recristallise et s’accumule formant ces dunes immaculées aux courbes élégantes, offrant un paysage magnifique contrastant avec les montagnes arides de l’arrière plan. Parcourir la petite route longue de 8 miles seulement à l’intérieur du parc.  De rares plantes sauvages surmontée de fleurs blanches à croquer au figuré comme au propre, de furtives traces de la vie animale, symbolisée par des vautours en maraude que l’on croit sortis d’un Lucky Luke sont les seuls signes de vie apparents...

A proximité, le White Sands Missile Range Museum évoque l’histoire des fusées balistiques, rappelant que c’est plus au nord, entre Socorro et Carrizozo, au Trinity Site, que fut testée la première bombe atomique trois semaines avant Hiroshima, le 16 Juillet 1945. Trinity Site ouvre au public deux fois par an seulement, sa visite est jumelée avec celle du VLA à l’ouest de Socorro.

Un terrain d’atterrissage de dégagement à la navette spatiale (WSSH) y a même été aménagé car ce n’est pas la place qui manque. Seule la partie sud des dunes est protégée par le parc mais il arrive que l’accès au parc soit fermé pendant une heure ou deux en cas d’essais militaires.

Le plus Comptoir des Voyages

Passer des nuits en hôtels de charme, construits en adobe.

Nous on adore

S’acheter des bijoux en turquoise.

Retour haut
En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts. Pour en savoir plus, cliquez ici.