L'Etat du Colorado

25/12/2014

L’est est le domaine des hautes plaines autrefois parcourues par les trappeurs et le bison, cadre des batailles contre les Cheyennes, grands seigneurs des Plaines, avec leurs terribles "dog soldiers" mais aussi Kiowas ou Comanches. C’est aujourd’hui celui des prairies s’étendant à l’infini portant toutes "les moissons du ciel". A l’ouest se dressent les majestueuses Rocheuses fréquentées jadis par les Utes tout aussi farouches et les hauts plateaux désertiques creusés par le Colorado et la Green River.

Si l’essentiel de la population est regroupé dans le cordon urbain de la Front Range avec Denver en lettres capitales, tout l’ouest de l’état fourmille de villes westerns nées avec l’or ou l’argent. Si elles ne sont pas devenues fantômes, les survivantes sont souvent devenues un siècle plus tard des stations de ski où l’on vient faire voler la poudreuse. Ses paysages pleins de grandeur, montagnarde à outrance, ou marqués par l’immensité du grand désert américain, abritent aussi les ruines des civilisations indiennes disparues comme à Mesa Verde National Park, ou des dunes de sable géantes à Great Sand Dunes National Park and Preserve.

DENVER

Bien desservie par son aéroport international, la capitale du Colorado est la porte d’entrée idéale de la région. Magnifiquement située au pied des Rocheuses dominant les hautes plaines, jeune, culturelle, sportive, animée, ensoleillée, c’est l’une de nos villes préférées. Son hôtellerie offre de nombreux hébergements atypiques, hôtels historiques ou design, de même que quantités de Bed & Breakfast.

Authentique ville de la conquête de l’Ouest, née grâce à la ruée vers l’or du Colorado découvert dans Cherry Creek en 1858,  elle a su rajeunir une bonne partie de ses vieux quartiers en brique au charme rétro cohabitant avec un bouquet de gratte-ciel étincelants. Pour ses beaux musées, de nombreuses attractions, son architecture, ses sculptures de rue, ses possibilités de shopping, et son énergie communicative, elle mérite bien un séjour de plusieurs jours.

On peut se promener à pied de jour comme de nuit dans le très animé centre-ville, aéré de parcs et jardins, notamment le long de la promenade semi-piétonne du 16th Street Mall avec son bus gratuit reliant Larimer Square au Capitole, l’une des icônes de la ville, copie en réduction du Capitole fédéral de Washington, inauguré en 1894 et dont le dôme à la dorure resplendissante, fut posé en 1908 pour le centenaire de la ville.

Le soir venu, notamment les soirs d’après matchs des Broncos (football US), des Nuggets (basket NBA), Colorado Rockies (base-ball), Avalanche (hockey sur glace) et même les Rapids de la MLS (du football, le vrai, le seul…), tout le monde rejoint LoDo (pour LOwer DOwntown). Dans cet ancien quartier des entrepôts superbement transfiguré autour de Larimer Square et de la gare de style Beaux Arts édifiée en 1914 et récemment transformée en hôtel et galerie marchande, se pressent restaurants branchés et gastronomiques, galeries et micro-brasseries où les amateurs de bière et de billard se bousculent.

Entrez dans le lobby cathédrale du cossu Brown Palace, l’un des plus beaux hôtels de la cité. Dès son ouverture en 1892, il fut fréquenté par les grands de ce monde, depuis Théodore Roosevelt, quasiment tous les présidents américains y séjournent et les Beatles y firent un passage remarqué en 1964.

Denver est dotée d’une incroyable variété de musées dont beaucoup sont concentrés dans le Golden Triangle Art District. Ne manquez pas le Denver Art Museum, le DAM pour les intimes. Son contenu, notamment ses fameuses collections indiennes anciennes et modernes, est concurrencé par son contenant, depuis qu’en 2006, David Libeskind y a ajouté l’immense géode de style très contemporain de l’Hamilton Building dont l’habillage en titane anodisé évoque un navire intergalactique. Le Colorado History Museum, fort bien fait, mérite aussi du temps surtout pour tout connaître de ses origines.

En revanche, le Black American West Museum est tellement minuscule qu’on comprendra très vite l’importance des Noirs dans la Conquête de l’Ouest, qu’ils aient été cow-boys ou soldats, surnommés les Buffalo Soldiers par les Indiens, intrigués par leur chevelure crépue. Plus classique, posé dans un grand parc arboré à l’est du centre, le Denver Museum of Nature & Science, avec ses dinosaures, son planétarium et son cinéma IMAX, est le troisième plus grand de ce type aux Etats-Unis. Voisin, l’inévitable zoo et ses 4000 pensionnaires.

Pour se rafraîchir en saison estivale, surtout si on voyage en famille, on ira profiter des montagnes russes et toboggans géants d’Island Kingdom Water Park, l’annexe aquatique de l’Elitch Gardens Theme Park, à deux pas du centre. Sinon, pour un rafraîchissement plus intériorisé, offrez-vous un tour des micro brasseries, un vrai phénomène de mode.

Aux environs de Denver

Il existe de nombreuses balades dépaysantes autour de Denver : Boulder, la ville étudiante, Golden, qui, avec son musée du chemin de fer et le Pioneer Museum, est une belle évocation de l’Ouest, tout comme, déjà nichées dans les Rocheuses, les petites villes de la ruée vers l’or, Blackhawk et Central City revitalisées par leurs casinos, Georgetown avec son Hôtel de Paris et son petit train à vapeur, le troupeau de bisons proche de Buffalo Bill’s Grave & Museum.

Car c’est ici que la première grande star mondiale repose, à la grande fureur de Cody, "sa" ville au Wyoming. Les beautés du Rocky Mountain National Park ne sont pas très loin, de même que les brasseries de Fort Collins. En saison, on peut même s’offrir une journée de ski dans les stations situées 90 minutes à l’ouest, de Winterpark à Copper Mountain en passant par Keystone et Breckenridge, qui a su préservé son style western d’autrefois malgré les concessions à l’or blanc. Plusieurs centres de magasins d’usine se trouvent autour de Dillon à proximité des stations, à environ 90 minutes de Denver, en suivant la I-70 vers l’ouest

L’OUEST DU COLORADO

Le Colorado compte dans sa partie ouest 53 sommets atteignant au moins 4267 mètres d’altitude dont le héraut fut le bien nommé chanteur John Denver. On les surnomme les fourteeners, leur altitude dépassant les 14000 pieds.

C’est un champ inépuisable de sensations et d’expériences pour les plus sportifs, amateurs de sports d’hiver ou d’aventures , ou pour les amoureux de nature et de belles histoires. On compte 26 stations de ski dont les renommées Aspen, Vail, Breckenridge, Keystone, Telluride, Steamboat Springs ou Crested Butte, nombreuses étant d’authentiques villes western nées grâce aux ruées vers l’or ou l’argent, quand elles n’ont pas été créées de toute pièce au moment de la découverte de l’or, blanc cette fois.

Si la Front Range semble dresser une barrière impénétrable quand on la voit de l’est, à Denver ou Colorado Springs, il n’en est rien. Ces villes sont déjà elles-mêmes à 1600 et 1800 mètres d’altitude et les sommets ne sont pas toujours acérés comme dans les Alpes. Dès que l’on sort des Interstates, on peut trouver des routes de montagnes vertigineuses couronnées de cols très élevés.

Aspen

La station par excellence, les Utes qui occupaient autrefois la vallée de la Roaring Fork avant le boom de l’argent découvert en 1879 auraient du mal à reconnaître la région ! A l’ombre des Marroon Bells dépassant les 4300 mètres, le monde entier, fortuné de préférence, vient désormais profiter de l’environnement exceptionnel, qu’il soit naturel, culturel ou historique, pour se ressourcer, se cultiver, se distraire ou faire du sport à outrance.

Avouez que venir faire du ski dans une ville de western a quelque chose de plus ! Et bien au-delà d’un statut de simple station de ski, fut-elle de luxe, Aspen, avec ses satellites Snowmass et Buttermilk intégralement dédiés au ski, est devenue la Mecque des activités de plein air ou d’intérieur, en toutes saisons.

Randonner, marcher, skier, rouler, chevaucher, ramer, pagayer, se faire masser, philosopher, apprendre, écrire, écouter, cuisiner, escalader, chanter, jouer, danser. Tout ça au coeur d’alpages tapissés de fleurs sauvages et de forêts de trembles dorés arrosés de torrents et de cascades. Le petit centre victorien a été soigneusement préservé du développement souvent anarchique et excessif propre aux stations de ski comme l’Hotel Jerome ou le Wheeler Opera House peuvent en témoigner. Ici, peu d’immeubles modernes défigurent le paysage. 

Et l’animation est sans limite, le calendrier des événements étant particulièrement fourni avec le festival gastronomique Food & Wine Classic, les X Games, Jazz Aspen Snowmass, les représentations de l’Aspen Santa Fe Ballet et de l’Aspen Theatre ou les expos de l’Aspen Art Museum branché sur le contemporain. 

Colorado National Monument

Ce très joli parc en lisière de Grand Junction tout à l’ouest de l’état, à seulement deux heures de Moab en Utah, protège la paroi nord du haut plateau de l’Uncompahgre sculptée par l’érosion dans de magnifiques couleurs sanguines annonçant déjà le désert rouge du plateau du Colorado. La route déroulant ses lacets spectaculaires aligne une succession de perspectives sur de profonds canyons aux parois lisses, de promontoires s’émiettant en piliers et chaos d’éboulis précédés de phares ou de tourelles isolés.

L’érosion continue d’attaquer ces formations rocheuses aux dessins étranges et tourmentés, leurs débris peu à peu drainés vers le Colorado coulant dans la vallée en contrebas, contribuant à le colorer de limon rouge. Les plus courageux et les mieux entraînés feront la visite à vélo, car le secteur attire aussi les cyclistes. 

Colorado Springs

Fondée en 1871, Colorado Springs, la deuxième ville de l’état, s’étale à 1800 mètres d’altitude au pied du Pike’s Peak dressant orgueilleusement ses 4301 mètres sur la Front Range dominant les Hautes Plaines, 90 minutes au sud de Denver. Cette paisible ville d’eau victorienne est devenue une porte des Rocheuses très aérée et soucieuse de qualité de vie à tel point qu’elle est le terrain d’entraînement des athlètes américains.

Le Colorado Springs Pioneers Museum abrité dans le très beau El Paso County Courthouse, l’ancien Palais de Justice restauré dans sa splendeur de 1903, raconte l’histoire et la culture de la région à travers ses expositions permanentes. Le soir, on ira dîner dans l’un des restaurants animés par de la musique live du vieux quartier victorien de Colorado City parcouru par des calèches hippomobiles. Pour rester dans la note, on peut se laisser tenter par un passage au Broadmoor, la grande dame de l’hôtellerie locale, un manoir Belle Epoque au bord d’un petit lac

Aux environs de Colorado Springs

Au nord
La martiale US Air Force Academy tentera les fanas de Top Gun mais sa chapelle ravira les amateurs d’architecture contemporaine. On passe vite de la haute altitude aux tréfonds terrestres avec l’évocateur Western Museum of Mining dans son voisinage.

Au nord-ouest
C’est à cheval que l’on apprécie le mieux le décor de western de Garden of the Gods, un chaos de roches rouges dont les formes tourmentées sont à leur avantage à l’aube ou au crépuscule avec le Pike’s Peak en arrière plan. A la station thermale victorienne de Manitou Springs, le Manitou Cliff Dwellings Museum est consacré aux habitations troglodytiques de la région. L’endroit, très restauré et très fréquenté, intéressera ceux qui n’iront ni à Mesa Verde ni au Canyon de Chelly en Arizona qui ont tout de même un autre visage.

Durango
Si, en saison, il y a du monde à Durango, c’est surtout à cause du train à vapeur classé National Historic Landmark devenu une attraction touristique majeure. Depuis 1882, le Durango & Silverton Narrow Gauge Railroad dessert Silverton un village minier quasi fantôme. Vedette de cinéma à plusieurs reprises, il escalade accroché à la falaise les 45 miles du vertigineux canyon creusé  par l’El Rio de las Animas Perdidas en Purgatório.

Sans doute que son bouillonnement furieux en contrebas devait impressionner les Espagnols, les premiers blancs à être passés dans le secteur pour lui donner un nom aussi sinistre… L’aller/retour étant un rien fastidieux, on vous conseille de rentrer en bus. Moins glamour mais deux fois plus rapide. Cela vous évitera aussi de repasser une seconde nuit à Durango ou rouler de nuit pour rallier l’étape suivante.

Il est bien sûr conseillé de réserver les billets avant de partir, le train étant bondé la plupart du temps. Si l’on veut profiter un peu de Silverton, il est préférable de prendre le premier train (8h en saison) et de rentrer avec le dernier ce qui ne laisse de toute manière que 3h30 sur place sur place. Les horaires sont programmés surtout pour vous faire déjeuner à Silverton en deux heures. Vous pouvez aussi vous contenter d’explorer le centre-ville après avoir vu partir le train sans vous.

Tout ou presque y est classé monument historique dont plusieurs hôtels historiques très confortables Strater, General Palmer, ou Leland House & Rochester Hotel qui retrace à coups d’affiches la carrière du train au cinéma. Durango est aussi la Mecque de l’outdoor (raft, rando, VTT etc) et plusieurs sociétés font des sorties en montagne en 4x4 haut dans les San Juan. Bref il y a de quoi s’occuper avant ou après l’exploration de Mesa Verde National Park.

Telluride
Voici un lieu hors des sentiers battus pour le voyageur français. Il faut dire qu’il se trouve à l’écart des circuits touristiques traditionnels et c’est pour ça qu’on l’aime… Perdue au nord des San Juan Mountains, il vous faudra l’inclure sur la route entre Black Canyon of the Gunnison et Durango.

A l’origine, il s’agit d’une ville western à l’histoire minière classique, avec sa Main Street et victorienne venant buter contre les San Juan Mountains, sans doute l’un des plus beaux massifs de toutes les Rocheuses.

Elle se double aujourd’hui d’une station de ski recherchée des happy fews et reliée en saison au village historique par un téléphérique gratuit. La banque conservée de cet ancien village de mineurs, au centre classé National Historic Landmark District, fut en 1889 la première d’une longue série à avoir l’honneur d’une visite surprise de Butch Cassidy, loin de se douter que l’or blanc allait compenser son larcin sur le long terme... Le patelin a gardé cette atmosphère d’autrefois qui attire aujourd’hui les artistes autant que les skieurs, les célébrités autant que les hippies …

Le Telluride Historical Museum nous donne une leçon d’histoire, depuis les temps héroïques jusqu’au boum de l’or blanc actuel stimulé par l’héliski. Si vous aimez les belles balades, partez en 4x4 au cœur des San Juan qui, via l’Imogene Pass, passe la mine abandonnée de Tomboy perdue au pied du Mont Sneffels pour rejoindre Ouray. Les chutes de Bridal Veil sont le cadre idéal pour un pique-nique. Les pêcheurs à la mouche iront lancer leurs lignes sur la Dolores River ou la San Miguel, une toponymie qui rappelle la présence hispanique dans le sud-ouest autrefois. En toutes saisons, des manifestations culturelles de premier ordre, comme le Telluride Bluegrass Festival de juin, la plus réputée, attirent les voyageurs.

Le plus Comptoir des Voyages

Un petit tour de train à vapeur, le Silverton Narrow Gauge Railroad, au départ de Durango.

Nous on adore

Photographier le Colorado pendant l’été indien.

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