17/06/2017

La ville de Paul Bowles, de Mohammed Choukri et de tant d’autres écrivains appartient au patrimoine du Maroc autant qu’à celui de l’Occident, faisant face au continent, passerelle entre deux mondes. Pour preuve, son statut singulier de ville internationale entre 1912, date de l’établissement du protectorat français et 1956, année de l’indépendance du Maroc.

Dans ces années vagues, Tanger acquiert une réputation sulfureuse : s’y mêleraient espions, bandits, beautés maures, membres des corps diplomatiques européens, adeptes des paradis artificiels et des amours socratiques… Une image qui lui colle encore à la peau. Mais il est symbolique que ce soit à la Grande Mosquée de Tanger que Mohammed V se soit rallié en 1947 au manifeste de l’Istiqlal en faveur de l’Indépendance.

Si de ses rives s’élancèrent au VIIIe siècle les conquérants musulmans vers l’Espagne, ce sont aujourd’hui les migrants clandestins de toute l’Afrique qui embarquent pour d’autres destins. Elle demeure donc une cité ambiguë, et fort séduisante pour cette raison, longtemps délaissée par les pouvoirs politiques, mais depuis peu résidence d’été de Mohammed VI, l’actuel roi du Maroc et bientôt premier port d’Afrique de transbordement.

Son patrimoine moins préservé que d’autres est un concentré de la culture arabo-andalouse, française, espagnole. Ce dernier est représenté par la kasbah ou Dar el-Maghzen (gouvernement marocain sous le protectorat français) où se situe le musée archéologique et par la médina. Le petit socco, héritage espagnol, fut un des hauts lieux de tractations diplomatiques. La place du 9-avril-1947 (ancien. Grand Socco) fait lien avec la ville européenne (église anglicane, des places de France et de Faro, boulevards).

Le plus Comptoir des Voyages

Faire une incursion à Chefchaouen, à 1h30 de route de Tanger, pour visiter la magnifique médina bleue et y dormir.

Nous on adore

À Tanger, boire un verre au café Hafa, fréquenté depuis toujours par les artistes, de Kerouac en passant par Yourcenar… 

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