Colline des Croix

12/06/2017

Dans la longue plaine du centre de la Lituanie, Kaunas incarne la vitalité de l'économie, Šiauliai et sa Colline des Croix, la force révoltée du pays. Depuis le XIVe siècle et les premières incursions des empires limitrophes, la colline s'orne de ces symboles de résistances locales aux pressions étrangères. De fait ces résistances sont réelles, la nation ne sera rayée de la carte qu'en 1795 par le régime tsariste. Jusqu'en 1918, où elle devient à nouveau indépendante, la colline s'enrichit de croix nouvelles.

Autre rupture avec la Seconde Guerre mondiale qui s'achève par la domination de l'URSS : la région devient alors le QG militaire des occupants communistes. Plus de 250 000 personnes disparaissent entre 1944 et 1952, déportées, tuées ou jetées en prison, tandis que 80 000 d'entre elles passent à l'Ouest. Parmi les mouvements résistants, celui des Frères de la Forêt (1944) regroupe les combattants des trois pays baltes, qui tous payèrent un lourd tribut à la liberté. Entre 1950 et jusqu'en 1985, le lieu ne cesse d'être fréquenté et vénéré. Mémoires vivantes d'une histoire en train de se faire, les croix sont parfois des chefs-d'œuvre d'art populaire. Toute l'attention et tout l'amour d'un peuple pour ses résistants luttent avec une remarquable constance malgré les destructions programmées. De nombreuses fois rasée et réinvestie, la Colline des Croix est aujourd'hui un symbole, salué par le Pape Jean-Paul II en 1993.

Pour apprécier la dimension dantesque du lieu, le meilleur point de vue est la chapelle du monastère où l'architecte italien Angelo Polesello a ouvert une large baie vitrée.

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