Géographie et environnement

16/03/2014

GÉOGRAPHIE

Cette île de l’archipel des Mascareignes se situe au sud-ouest de l’océan Indien, à 700 km à l’est de Madagascar. Née de l’émergence des deux volcans sous-marins, La Réunion se distingue par son relief chaotique et la présence sur un territoire d’à peine 2 512 km2 d’un volcan en activité. Les éruptions régulières du Piton de la Fournaise – l’un des plus actifs de la planète – remodèle sans cesse le paysage, ses coulées de lave créant même de nouvelles terres sur l’océan. Situé au sud-est, il forme avec le massif du Piton des Neiges (au nord-ouest) un long chaînon montagneux percé de gorges, de cirques et de pics. Cette région est inscrite depuis 2010 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

La bordure littorale relativement étroite s’élargit au nord et au sud dans deux larges plaines, les Cafres et les Palmistes, situées de part et d’autre des chaînes volcaniques. Face aux côtes déchiquetées, le récif corallien discontinu protège peu les lagons, hormis entre Saint-Gilles et Saint-Pierre.

FAUNE

Oiseaux et insectes constituent l’essentiel de la faune de l’île. Les tortues ou le dodo ont été décimés dans les premiers temps de la colonisation. Toutes les espèces souffrent aujourd’hui de la raréfaction de leurs espaces naturels (déforestations, urbanisation).

Cependant, l’avifaune compte encore de spectaculaires espèces endémiques ou indigènes comme le tuit-tuit (l’Echenilleur de la Réunion), les passereaux tec-tec et le zoizeau de la Vierge ; les reptiles, prospèrent (572 espèces différentes) ainsi que le tangue, une sorte de hérisson importé de Madagascar, dont les dimensions respectables et la chair en font un met très apprécié des Réunionnais.

La faune sous-marine réserve de belles surprises en dépit de la fragilité du récif corallien, avec l’Idole des Maures, le Cordon mauresque, le Chirurgien bagnard, le Poisson trompette, la Demoiselle à bandes noires, le Mérou gâteau de cire, qui constituent une population bigarrée, parfois féroce…

FLORE

À l’origine, le sol volcanique de La Réunion composé de basalte en décomposition a généreusement accueilli les plantes des îles plus anciennes aux graines déposées par les alizés ou les oiseaux marins. Des millénaires durant, cette végétation primaire composée de 230 espèces endémiques a prospéré à l’abri de toute intervention humaine. L’arrivée des colons, l’introduction au xviiie siècle de plantes à fleurs et d’arbres exogènes a certes modifié le paysage végétal d’origine mais 30 % des terres sont encore couvertes d’une flore endémique.

Les 2/5e de l’île sont couverts de forêts. La mosaïque des microclimats et les reliefs abrupts ont favorisé une implantation “ en étage ”. Le littoral est essentiellement occupé par les essences importées : filaos, pins tropicaux, flamboyants, agaves d’Amérique. La forêt de Bois de couleurs concentre les trésors végétaux de l’île aux noms très imagés : l’Ananas marron, le Bois de savon, le Gros Bois d’oiseau, le Bois d’éponge, le Palmiste poison…

Les plantes épiphytes composent la forêt humide des Hauts : fougères arborescentes, mahots, mapous… Au-delà de 1 500 m d’altitude, les tamarins des Hauts, le calumet (un bambou) et les plantes arbustives dominent.

ENVIRONNEMENT

Sur un territoire de cette dimension, l’impact de l’activité humaine laisse des marques profondes. Bien que richement pourvue en espaces naturels incomparables, La Réunion paie aujourd’hui un lourd tribu à l’exploitation intensive de ses ressources naturelles. Toute l’île ne bénéficie pas de précipitations suffisantes et certaines régions subissent des sécheresses récurrentes. La fourniture d’eau potable nécessite des infrastructures coûteuses à mettre en œuvre. Le développement du tourisme augmente encore les besoins en eau. Tout comme la gestion des déchets, pour laquelle La Réunion affiche un sérieux retard.

Au défrichement pour les terres agricoles s’ajoute l’exploitation du bois, source d’une déforestation intense. Des espèces végétales et animales introduites au fil des siècles rivalisent avec les espèces endémiques.

En dépit de ces handicaps, l’île mène une politique volontariste en faveur du tourisme durable. De plus, depuis 2007, le cœur du parc national protège définitivement 42 % de la surface totale de l’île. Il est constitué pour près de la moitié de sa superficie d’espaces vierges. Les zones périphériques habitées sont désormais raisonnablement exploitées. La réserve naturelle marine bénéficie au récif de corail du cap de la Houssaye à l’Étang-Salé. Un projet de tram-train devrait permettre de désengorger la route de la côte.

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