Géographie et environnement

18/05/2016

géographie

De l’île de Sakhaline au nord à l’île Parece au sud, l’archipel du Japon compte environ 4 000 îles disséminées entre la mer du Japon et le Pacifique. Partout l’océan marque son influence, aucun site n’étant éloigné de plus de 125 km des côtes. Les chaînes montagneuses ou volcaniques sont omniprésentes (85 % de la superficie) laissant une portion congrue aux plaines alluviales (16 %).

Quatre grandes îles occupent l’essentiel du territoire (99 %) :

Hokkaidō (83 000 km²) est la réserve forestière du pays, 70 % de la végétation étant constituée de résineux. C’est aussi la plaine où se concentrent les élevages et la production laitière.

Honshū (231 000 km²) concentre l’essentiel des activités et de la population du pays. Les paysages naturels ont tendance à disparaître au profit d’une urbanisation dense.

Dans la région de Chūbu (centre de l’île), les « Alpes japonaises » forment la plus haute chaîne non volcanique du pays. Elles marquent une frontière entre le Hokuriku, grande région rizicole faisant face à la mer du Japon et le Tokai où se rassemblent les industries et les populations.

Le nord (Tohoku) qui fut longtemps le grenier à riz du pays est aujourd’hui une région densément peuplée tout comme le Kanto, autour de Tōkyō et le Kansai (Osaka). Plus au sud, face à l’île de Shikoku, le Chugoku a su conserver un patrimoine historique d’importance.

Shikoku (19 000 km²). La plus farouche des îles peuplées a été reliée à l’île d’Honshū par un pont en 1988 ! Cet isolement et sa géographie escarpée a favorisé la conservation des modes de vie ancestraux et d’un patrimoine exceptionnel (temples et onsens). Les reliefs séparent le nord industriel (Seto Naikai) du sud agricole et plus sauvage (Kochi).

Kyushu (42 000 km²), dominée par les volcans et les sources chaudes est aussi le berceau du pays. Industrielle au nord, agricole au sud, elle reste marquée par les influences des peuples migrants historiques et un caractère aventureux. 

Okinawa, dans l’archipel des Ryukyu, est réputée pour ses forêts subtropicales, sa faune indigène et ses massifs coralliens. 

faune

Avec une densité de population parmi les plus élevées au monde, un goût immodéré pour le papier et les emballages, une industrie peu économe, l’émergence de l’élevage, la faune japonaise souffre de la réduction drastique de ses espaces naturels bien que la forêt couvre encore une grande partie des terres.

À Hokkaidō, les ours bruns et les oiseaux de proie s’abritent dans les forêts. Le macaque du Japon prospère dans les montagnes du Tōhoku (Honshū). Il n’est pas rare de les observer dans les sources thermales de Nagano et d’Hokkaidō. Tandis qu’à Okinawa, les espèces rares comme le chat sauvage d’Irimote considéré comme un fossile vivant, lièvre d’Amami et serpent habu ne comptent plus que quelques individus. Le chien viverrin (tanuki) et la salamandre géante s’accommodent de tous les climats. Les colonies de tortues géantes font la fierté de l’île de Kūyshū.

flore

Les forêts occupent l’essentiel des espaces restés sauvages, quand elles ne sont pas remplacées par les plantations de pins rouges servant à l’industrie du papier. Le patrimoine sylvestre toutefois est exceptionnel, le pays comptant un nombre enviable d’espèces (2 fois plus que l’ensemble de l’Europe) dont le pawlonia (kiri), un bois d’ébénisterie, le cyprès du Japon (hinoki) pour la construction, le vernis du Japon (urushi) dont la sève est utilisée pour faire une laque extrêmement résistante.

Largement répandus sur tout le territoire, le cèdre du Japon (Cryptomeria), les érables, hêtres et magnolias forment couvert commun des forêts japonaises. Les châtaigniers dominent sur l’île d’Honshū, les espèces subarctiques (sapin argenté) boisent l’île d’Hokkaidō. La forêt de Yaku-shima célèbre pour ses rhododendrons a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

De Kyūshū à Okinawa, la végétation tropicale s’épanouit. Cette région est la première à fêter le printemps avec l’éclosion des fleurs de cerisiers saluée par le hanami, un événement qu’aucun Japonais ne saurait manquer. Enchantement reporté en mai au nord de l’archipel qui subit un climat plus rude. Chaque saison néanmoins semble dédiée à une fleur : en avril les pivoines, glycines et azalées, en juin les iris, en août, les fleurs de lotus, en novembre les chrysanthèmes.

Les montagnes et les côtes des îles granitiques sont couvertes de végétation tropicale. 

environnement

Le Japon fut épargné par la pollution jusqu’à l’émergence de l’industrie au cours de l’ère Meiji (1868-1912). Parmi les premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre, le pays est aujourd’hui confronté à une équation infernale. En effet, suite à l’accident de Fukushima et l’arrêt des réacteurs nucléaires, son énergie provient essentiellement du gaz et du charbon, grands pourvoyeurs de gaz à effet de serre. Il s’est engagé en 2015 à réduire ses émissions de 26 % et à développer ses énergies renouvelables (24 % de la production globale en 2030). Des objectifs décevants pour le groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), les ONG nationales et internationales ainsi que pour les membres du protocole de Kyōto.

Si un effort considérable a été réalisé ces dernières décennies sur le recyclage des déchets, il reste encore beaucoup à faire dans le traitement des déchets industriels issus entre autres de la chimie.

Les mers et les océans souffrent d’une pollution importante qui met en péril, notamment les massifs coralliens. Les scientifiques japonais ont été les premiers à tenter une reconstitution artificielle des récifs de Sekisei (archipel d’Okinawa) qui a subi des pertes majeures.

Les campagnes de chasse à la baleine ont repris après un moratoire instauré en 1986 sous prétexte de recherches scientifiques. Bien que fortement ancrée dans la culture japonaise, cette chasse pourrait bien perdre de son importance, les Japonais eux-mêmes ne consommant plus la viande que de manière marginale (75 % du produit de la pêche n’a pas trouvé preneur). En dépit d’une interdiction de la Cour internationale de justice (CIJ) qui a estimé en 2014 que l’exemption scientifique avait été utilisée de manière abusive par le Japon, Tokyo milite pour une reprise rapide de l’activité.

Pionnier dans la préservation de la nature, le pays a placé 46 % de la surface de l’archipel sous protection. Parcs nationaux et réserves imposent aux velléités des aménageurs touristiques un certain cadre. Cependant, les zones urbanisables vivent sous pression et les consommations en énergie et en eau ne cessent de croître impactant durablement l’avenir de l’écosystème. 

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