Santa Cruz de La Palma (La Palma)

13/07/2016

Terre âpre mais généreuse, l’île de La Palma est un foyer important de population guanche. Dernière résistante face à l’appétit espagnol, elle n’accepte la reddition qu’en 1493. Les tribus vivent de cueillette, de pêche ou d’élevage quand les colons implantent la canne à sucre et la vigne, réservées à l’exportation vers les Amériques. Santa Cruz devient au XVIIe siècle le plus grand port d’Europe. La perte du monopole du commerce transatlantique signe la fin de l’essor et annonce le début de l’exode. Elle n’en demeure pas moins un phare politique prônant la première le suffrage universel et conservant sa fidélité à la République suite au coup d’état de Franco. Ce n’est qu’à la mi-temps du XXe siècle et en particulier dans les années 1970 qu’elle connaît, grâce au tourisme, un nouveau regain.

Son patrimoine témoigne de la vitalité de son économie et de diverses influences culturelles. Le centre historique est limité par la marina et l’impressionnant barranco de Las Nieves. Il se distribue autour d’un axe facilement repérable constitué par les rues O’Daly (s’arrêter devant la Casa Salazar de Frías transformée en centre culturel) et Anselmo Pérez de Brito. L’ensemble Renaissance de la plaza de España majestueux a pour point d’orgue l’église El Salvador. Sa façade est flanquée d’un clocher fortifié en pierres de taille volcanique. Trois nefs accueillent les fidèles sous un plafond polychrome de style mudéjar. Mitoyen, le quartier pittoresque et convivial de San Sebastián grimpe sur les flancs du barranco. Sa nature populaire se devine aux maisons bordant les rues et à l’animation qui y règne. L’Ermita cache derrière une façade sans particularité un retable du XVIIIe siècle provenant du Mexique.

Défendant son identité culturelle, Santa Cruz ouvre au public plusieurs lieux patrimoniaux tels le Musée insulaire (Museo Insular) dédié l’ethnographie et l’histoire naturelle. On y trouve aussi une galerie d’art contemporain plutôt bien pourvue pour une île de cette taille. Le musée naval (Museo Naval) s’adresse aux nostalgiques de l’épopée conquérante qui admireront une réplique de la Santa Mariá de Christophe Colomb, entre autres témoins de la navigation hauturière. L’espace culturel Rafael Daranas et la Casa Salazar de Frías proposent des expositions d’artistes en devenir. Un rafraîchissant moyen de connaître la création actuelle des Canaries.

À proximité, dans le sanctuaire de Nuestra Señora de Las Nieves, repose une vierge vénérée couverte d’or et de broderies dont la procession dans les rues de Santa Cruz tous les cinq ans attire des milliers de croyants. Les fêtes votives qui l’accompagnent font resurgir des rites anciens (la bajada) et des danses ancestrales comme la « anse des nains ».

Retour haut
En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts. Pour en savoir plus, cliquez ici.