Parc national de Garajonay (La Gomera)

13/07/2016

L’île de La Gomera émerge simultanément à l’île de Tenerife, il y a dix millions d’années. Son relief chaotique s’est peu à peu érodé, taillant un plateau d’une altitude moyenne de 1 000 m, cerné de falaises, hérissé de “roques” (cheminées solidifiées) et paradis du randonneur (369 km2). Partout, les eaux ont creusé de vastes barrancos, vallées fertiles où poussent les végétaux et se postent les villages ! Les cours d’eau y coulent sans discontinuer et sont parmi les plus purs des îles Canaries. Cette abondance est à l’origine d’un phénomène d’évaporation constant. Les brouillards s’accumulent et baignent les sols d’une vapeur d’eau condensée. Si l’île est de nature aride, Garajonay en revanche, est couvert d’une végétation luxuriante drapée de brume et bénéficiant d’une température stable toute l’année.

Cette géographie particulière abrite une forêt primaire protégée par le statut de parc national et inscrite à l’inventaire du patrimoine de l’Unesco. Proche de l’état originel, l’ensemble végétal est l’un des écosystèmes reliques des forêts de l’ère tertiaire qui étaient autrefois présents sur une partie de l’Europe et de l’Afrique du Nord. Les espèces endémiques fort nombreuses représentent l’essentiel des spécimens que l’on ne trouve que dans les îles de la Macaronésie (Canaries, Madère, Açores et Cap-Vert). 2 000 espèces (450 espèces de plantes vasculaires, dont 34 sont endémiques à l’île et dont 8 ne se trouvent que dans le Parc national) ont été recensées dont un certain nombre de taxons en grand danger. Selon les taux d’humidité, la végétation se différencie : le fayal-brezal se situe dans des zones moins humides, il est constitué par les mócanes, Picconia excelsa, Apollonias barbujana, bruyère vagabonde et Myrica faya, entre autres. Les sites orientés vers le nord sont colonisés par le laurier, les géants Persea Indica et Ocotea Foetens, les versants sud par la Myrica faya et l’Erica arborea. Agrippée aux pentes humides, la laurisylve ou monteverde est principalement constituée de lauriers (Laurus azorica), Myrica faya, Ocotea foetens, bruyère, etc. Aux altitudes les plus élevées, commence le territoire des bruyères de vallée et des euphorbes. Côté animalier, l’importance de la forêt se révèle plus prégnante encore, les oiseaux endémiques en ayant fait leur seul refuge comme le pigeon des lauriers à queue blanche et le pigeon des lauriers à queue sombre. 40 à 60 % de la faune d’invertébrés recensés serait aussi endémique. Tout ce monde sauvage survit sur la portion congrue de l’île (11 % de sa surface), la forêt ayant diminué de 65 % en un siècle.

On peut accéder au parc par plusieurs voies. Un centre d'accueil attend les visiteurs en provenance d’Agulo, un autre de San Sebastián de La Gomera, un centre d'information est situé au centre du parc, point de départ d’un réseau denses de sentiers balisés.

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