Géographie et environnement

15/07/2016

Géographie

L'archipel des Canaries se situe dans l'océan Atlantique à environ 100 km des côtes de l'Afrique pour l'île la plus proche (Fuerteventura). Associées depuis l'Antiquité à la Macaronésie (îles de Madère, les Sauvages, les Açores, et Cap-Vert), les 7 îles qui le composent sont toutes d'origine volcanique. Chacune d'entre elles présente des paysages abrupts, gouvernés par les éruptions volcaniques. Certains volcans sont éteints, d'autres sous-marins et d'autres encore sont encore actifs. Toutes n'ont pas émergées au même moment, ni des mêmes phénomènes, certaines ont été modelées par de nombreux événements magmatiques et d'autres moins. L'érosion marque plus nettement bien sûr les îles plus anciennes : Fuerteventura et Lanzarote (respectivement 23 et 20 millions d'années), Gran Canaria, Tenerife, La Gomera (entre 15 et 10 millions d'années) et les benjamines La Palma et El Hierro (moins de 2 millions d'années). Parmi les traits distinctifs de ces paysages : le malpaís, une étendue de lave basaltique partiellement végétalisée et fertile dont les vignes sont friandes. La latitude n'a que peu d'influence de même que la proximité des côtes africaines ; en revanche, la présence d'alizés porteurs d'humidité conditionne la végétation des versants qui les reçoivent. Sur leurs flancs, survivent des lambeaux de forêts reliques uniques. Cette forêt est constituée d'arbres dont les feuilles recueillent l'humidité ambiante et la redistribue, ce qui explique le caractère tropical de certaines parties de ces îles par ailleurs arides. Les eaux du littoral remarquablement pures ont fait la réputation des Canaries, de même que les plages de sable blond ou noir (sable issu de la désintégration progressive des laves). 

Faune

Oiseaux et lézards sont les représentants de la faune des Canaries. Parmi les 110 espèces d’oiseaux recensées, 48 nidifient dans l’île. Les espèces endémiques sont nombreuses dont le picamètres (picapintos), le rouge-gorge (petirojo) et le pinson bleu (pinsòn azul), vivant uniquement dans la forêt de pins canariens de Pilancones (Gran Canaria). Le serin des Canaries bien que présent dans d’autres îles de la Macaronésie est reconnaissable à son plumage marbré de vert et brun. Les canaris d’élevage au plumage jaune vif sont le fruit de croisements. Des espèces marines migratrices nidifient dans l’archipel dont la pardela cenicienta (mouette cendrillon). Les rapaces (guincho, blabuzard, faucon crécerelle) occupent les espaces sauvages d’altitude

Poissons pélagiques et tortues sont toujours bien présents et vivent côte à côte comme les espèces littorales. 26 espèces de baleines (baleine bleue, baleine pilote, cachalot, rorqual, entre autres) sillonnent à proximité des côtes et l’on compte également 6 espèces de dauphins.

Flore

On doit aux botanistes du XIXe siècle un inventaire complet de la faune des Canaries, riche de 500 espèces endémiques et de plantes subtropicales introduites par l’homme et parfaitement adaptées.

La flor del malpaís (Tolpis webii) dont la floraison produit un bourgeon de couleur jaune vif, le tajinaste rouge (Echium wildpretii) pouvant atteindre 3m de haut, et la violette du Teide se maintiennent dans les zones protégées. Il ne reste en revanche que très peu de spécimens de la siempreviva (statice) géante.

Les arbres à baies très appréciés des Canariens sont courants : le bicacarero (Canarina canariensis), le mocán (Visnea mocarena) dont on tirait autrefois une boisson sucrée, le charcerquen ou le madroño appelé pommier du jardin des Hespérides. Typiques de la forêt canarienne, le pin et le genévrier, également le dragonnier dont on tire une résine appelée sang-dragon commercialisée depuis l’Antiquité.

Les arbres de la laurisylve ont la particularité de laisser couler sur leurs feuilles les eaux de pluies et de retenir l’humidité des brouillards des alizés. Sous cette pluie sylvestre, une végétation dense et luxuriante peut se développer. Le représentant emblématique de cette famille était le garoé disparu mais remplacé par le til (Ocotcea foetens) sur l’île d’El Hierro.

Environnement

Les Canaries tentent de résister aux sirènes du tout touristique et de l’intense urbanisation qui en découle. L’exemple de Gran Canaria, fortement urbanisée dans les années 1950 et dont le littoral est protégé depuis 2007, semble avoir marqué les esprits.

Entre la privatisation des sites naturels dédiés à cette activité et les terres agricoles, l’archipel voit se réduire de manière importante les espaces sauvages. Faune et flore en paient le prix fort. Néanmoins, des efforts considérables ont été menés pour le retraitement des eaux, la gestion des déchets ou encore la promotion des énergies durables. L’île d’El Hierro, en pointe sur le sujet, devrait à terme couvrir 100 % de ses besoins en énergie grâce à une centrale hydro-éolienne.

La Palma, El Hierro, Lanzarote, Fuerteventura, La Gomera sont aujourd’hui intégrées au réseau mondial des réserves de biosphère.

Quatre parcs nationaux — Timanfaya (Lanzarote), parc national du Teide (Tenerife), Garajonay (La Gomera), parc national de la Caldera de Taburiente (La Palma) — et des parcs ruraux assurent des protections de divers niveaux sur toutes les îles de l’archipel.

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