3 conseils pour se fondre dans le décor

03/07/2017
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Respecter l'histoire des Antilles

De la guerre que livrèrent les colons français aux indiens Karibs aux grèves de 2009, en passant par l’esclavage et la traite négrière institutionnalisés, le passé de la Guadeloupe est très lourd et ces blessures ne sont pas forcément cicatrisées. Les lieux de mémoire – habitations-sucreries, musées, forts… – qui parsèment l’archipel doivent être visités avec respect et humilité. Nous vous recommandons la découverte du monument à l’abolition de l’esclavage de Petit-Canal. Édifiées peu après 1848, probablement par des esclaves, ces 49 marches en pierre de taille portent des plaques rappelant les noms de différentes ethnies africaines. À ne pas manquer également, le Mémorial ACTe, le Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage, inauguré à Pointe-à-Pitre en mai 2015. Construit sur la friche d’une ancienne usine sucrière, le musée est constitué de blocs noirs dotés d’une résille argentée, comme si des épisodes les plus sombres, jaillissait la lumière et l’espoir.

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Participer aux swaré léwòz

La musique antillaise rythme la vie quotidienne guadeloupéenne et accompagne les festivités civiles et religieuses. Régulièrement, des swaré léwòz, également appelées léwòz, sont organisées. À l’origine les esclaves se rassemblaient pendant ces swaré léwòz pour danser et se détendre. Un temps oubliées, elles rencontrent désormais un succès grandissant parmi les jeunes et les moins jeunes. Tous attendent impatiemment le vendredi soir, le jour traditionnellement réservé au léwòz. Ces soirées remplissent à la fois un rôle social, notamment dans les milieux ruraux, et culturel puisqu’il permet la promotion et l’épanouissement de la musique antillaise. C’est en début de soirée que résonnent les premiers accents du kaonk a lambi (conque de lambi) et des tambours, annonciateurs du léwòz. Les personnes d’un même quartier se rassemblent alors en cercle à proximité de la kaz (maison) de l’un d’entre eux pour danser à la lumière des chal touné (torches), qui resteront allumés toute la nuit.

3

Faire le marché

Goyave, Bouillante, Le Gosier… Chaque commune possède son marché, souvent de taille modeste et débutant tôt le matin, parfois se déployant sous de vastes halles à la structure métallique ou se déroulant en nocturne, de 17 h à 22 h environ. Faire le marché vous permet de plonger dans le quotidien de la Guadeloupe. Amusez-vous à reconnaître le féculent qui se cache derrière le nom de fruit à pain ou la version légume de la banane. Émerveillez-vous de la taille des avocats et des formes d’ananas : allongée pour le bouteille, ronde pour le cayenne et ramassée pour le victoria. Comme les Guadeloupéens, repérez le poisson qui vous plaît au moment où il est sorti des glacières et laissez les saisons vous dicter le menu : bonites portion, daurade ou marlin. Écoutez la voix chaude de doudous en robes de madras vanter la fraîcheur de leurs produits, et laissez l’eau vous venir à la bouche devant de rondouillards boudins créoles, des accras fumants et d’appétissants gratins de christophines.

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