Peuples et institutions

13/12/2015

Politique

Proclamée suite à la prise du pouvoir par le mouvement des officiers libres dirigé par Nasser, en 1952,  et au renversement du roi Farouk Ier, la République arabe d’Egypte a connu récemment des temps troublés.

Le règne de Nasser se caractérise par l’application d’une idéologie socialiste et panarabiste, avec la nationalisation d’entreprises (canal de Suez) et la réalisation de projets pharaoniques (barrage d’Assouan). Sadate lui succède en 1970. Après la guerre du Kippour, en 1973, il engage avec le Premier Ministre israélien Begin des accords de paix historiques (Camp David), mais impopulaires dans le monde arabo-musulman. Après avoir lancé une campagne contre les intellectuels et militants de son pays (communistes, nasséristes, islamistes), Sadate est assassiné en 1981 par des membres de l’armée appartenant au jihad islamique égyptien.

Moubarak lui succède qui pour un règne qui allait durer trente ans, jusqu’à ce que la vague des Printemps Arabes, commencée en Tunisie avec le soulèvement contre Ben Ali, le pousse à démissionner en février 2011. Les premières élections démocratiques sont organisées en mai 2012, favorisant l’accession surprise du candidat Frère musulman au poste présidentiel. Mais l’impopularité de Mohamed Morsi et de ses réformes culmine à l’été 2013 avec des manifestations historiques dans les rues du Caire. L’armée reprend officiellement les rênes du pouvoir et désigne Abdel Fattah el Sissi comme le nouveau leader du pays. Des élections présidentielles en 2014 confirment ce choix et, depuis, Sissi, nouveau raïs de l’Egypte, contrôle d’une main de fer toute forme d’opposition (islamistes, révolutionnaires).

Économie

Croissance : prévision de 3,8% pour 2015, contre 2,2% effectif en 2014 (Perspectives Economiques en Afrique, 2015)
Taux de chômage : 13% en 2014 (CIA, 2015)
Taux d’inflation : 10,1% en 2014 (CIA, 2015)

L´économie égyptienne est encore marquée par les incertitudes liées à toute phase de transition. Depuis 1948, les affrontements avec Israël ont contribué à entraver le développement du pays qui, par ailleurs, dispose de peu de matières premières. Les tensions sur le marché international du coton, dont l’Egypte est un producteur traditionnel, ont affaibli ses revenus agricoles. L’emploi public demeure pléthorique. La libéralisation amorcée sous Moubarak (réduction des impôts sur les sociétés, privatisations…) a permis une reprise de la croissance (7,1% en 2007).

Le pari du Grand Barrage d´Assouan est peu ou prou gagné, puisque l´Egypte a réussi à assurer son autosuffisance électrique. La régulation du Nil permet notamment la mise en irrigation de zones comme le Fayoum, à une trentaine de kilomètres à l’ouest du fleuve. L’Egypte, qui traditionnellement est un des grands exportateurs de gaz de la région, ne peut plus accéder à ses champs gaziers du Sinaï à cause de la présence terroriste dans la région. Elle vient de signer un accord historique avec Israël qui prévoit que l’Egypte exportera le gaz depuis l’Etat hébreu.

Plus récemment, les yeux se sont tournés vers le nouveau Canal de Suez, qui cristallise les ambitions de reprise de la croissance du gouvernement. Inauguré en grande pompe à l’été 2015 et financé à 80% par la population égyptienne elle-même, suite à un appel à la souscription de bons de participation, il vise à augmenter les recettes de l’Etat et à combler partiellement le trou budgétaire creusé par la diminution du nombre de touristes depuis la Révolution de 2011 et la crise politique qui s’en est suivie.

Le taux de chômage était de 13% en 2014, mais il est beaucoup plus sévère chez les jeunes (34% en moyenne chez les 15-24 ans). Un chiffre inquiétant à la lumière des projections démographiques du pays. Un égyptien sur deux est âgé de moins de 25 ans, 35% des Egyptiens ont moins de 15 ans. Malgré tout, le pays garde une rente stable : les droits de passage dans le Canal de Suez ; et une ressource mal connue : l´argent que les Egyptiens émigrés dans les Pays du Golfe envoient régulièrement à leur famille.

Peuples

La population égyptienne est majoritairement composée de l’ancien fond chamitique (égyptiens, bédouins, berbères) auquel s’ajoutent des apports arabe et nubien. Les minorités (arméniens, italiens, français) ne dépassent pas 1% du total de la population.

Les chrétiens coptes représentent environ 8% de la population. Cette confession miaphysite ne reconnaît pas l´autorité de Rome. On dit que l´église copte a été fondée par saint Marc en personne.

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