Géographie et environnement

16/10/2015

géographie

Lopin de terre étroit et longiligne posé sur la mer des Caraïbes, Cuba est de loin la plus grande île des Antilles. Sa forme évoque celle d’un long lézard, la tête tournée vers Haïti et la queue frétillant à 150 km de la Floride. L’archipel de près de 110 000 km2, soit 1/5e de la France, est constitué de la grande île de Cuba (104 945 km2), de l’île de la Jeunesse (Isla de la Juventud) (2 200 km2) et une myriade d’îlots coralliens ou cayos immergés dans des eaux turquoise. Sous l’eau, c’est le paradis des plongeurs à cause de sa barrière de corail où nichent des milliers de poissons multicolores. Sur la terre ferme, les paysages de plaines et de plateaux (2/3 du territoire) contrastent avec les chaînes de montagnes boisées qui traversent l’île d’ouest en est : la cordillère de Guaniguanico, l’Escambray et la sierra Maestra, où culmine le plus haut sommet de Cuba : le Pico Turquino (1974 mètres). Le seul endroit inaccessible est la base américaine de Guantánamo sur la côte sud-est qui est « louée » à perpétuité aux États-Unis.

flore

Exubérante, tel serait le qualificatif le plus approprié pour parler de la flore de Cuba. Plusieurs milliers d’espèces végétales (autour de 8 000) ont été répertoriées sur l’île, et une grande partie d’entre elles (environ 50%) ne pousse qu’ici. Un taux d’endémisme élevé qui fait aujourd’hui de Cuba une terre d’exception. Cela n’a pas toujours été le cas, puisque l’île a subi pendant toute la période coloniale une déforestation massive qui a causé des dégâts considérables, voire irréparables. Le reboisement et la préservation des espaces naturels ont été un des enjeux de la révolution cubaine. Et le résultat est palpable lorsque l’on se promène dans les paysages variés de l’île. Forêts tropicales, arbres fruitiers (manguiers, goyaviers, avocatiers…), bois précieux (acajou, cèdre), mangroves et de magnifiques palmiers royaux qui semblent vouloir toucher les étoiles. De la canopée, tous ces grands arbres veillent sur des milliers d’autres plantes, les orchidées ou la Mariposa blanca, la fleur des Cubains.

faune

La faune terrestre n’est pas très représentative à Cuba. Chassés à outrance et surtout victimes de la déforestation massive avant la révolution, on estime que les gros mammifères ont quasiment, voire complètement disparu de l’île. On compte toutefois un rongeur arboricole, proche de l’agouti, le jutia endémique à ce territoire. Alors, c’est plutôt du côté des oiseaux et des fonds marins que Cuba fascine. Selon les saisons de migration, près de 350 espèces d’oiseaux dont 28 endémiques à l’île peuvent être observés, notamment dans la péninsule de Zapata, un vaste marécage protégé depuis 1959. Un vrai paradis pour les ornithologues qui pourront notamment admirer les deux stars de l’île : le tolier de Cuba (ou todus) au plumage vert, rouge et blanc ou le tocororo, apparenté au quetzal mexicain, emblème de Cuba à cause de ses couleurs bleu, blanc et rouge. Dans les cayos, des colonies de flamants roses et autres oiseaux marins animent les paysages. Parmi les reptiles, le Crocodylus Rhombifer, le crocodile cubain, une espèce menacée d’extinction, fait l’objet d’un programme de protection et d’élevage tout comme le manjuari, un poisson fossile tout droit sorti de la préhistoire. Les iguanes, lézards, crapauds et grenouilles font aussi partie des espèces remarquables. Sous l’eau, le spectacle est tout aussi fascinant : lamantins, tortues marines, requins baleines et une multitude de poissons multicolores ne vous feront pas regretter d’avoir apporté dans vos bagages votre masque et vos palmes.

environnement

« Une importante espèce biologique court le risque de disparaître à cause de la liquidation rapide et progressive de ses conditions naturelles de vie : l’homme. » avait déclaré Fidel Castro le 12 juin 1992, lors d’un discours à l’ONU sur l’environnement et le développement.

Depuis les années 1960, au lendemain de la révolution, des mesures pour protéger l’environnement ont été prises par le gouvernement cubain. Planter des arbres dans les zones ravagées comme Las Terrazas, créer des réserves écologiques comme dans la péninsule de Zapata, recenser les espèces endémiques de l’île pour mieux les protéger et les préserver… seront quelques-unes des mesures phares entreprises. Avec la chute du bloc soviétique dans les années 1990 et avec elle, le manque d’approvisionnement alimentaire et technologique (entre autres pesticides et véhicules agricoles), les Cubains ont entrepris, par nécessité, de s’intéresser à l’agriculture biologique et organique dans des fermes et jardins urbains, et à développer des engrais naturels et des produits phytosanitaires biologiques. La production maraîchère s’est installée en ville. Dans les campagnes, les animaux de trait et de labours ont aussi dû reprendre du service. La pénurie de pétrole a également obligé les Cubains à consommer autrement de l’énergie et à se tourner vers des solutions durables et propres comme l’énergie solaire. Des savoir-faire qui ont démontré que faute de moyens, des solutions existent pour vivre mieux dans son environnement. Et à Cuba, ça marche !

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