Géographie et environnement

10/09/2016

géographie

La plus grande île du monde est aussi le plus petit continent de la planète. Bordée par les océans Indien et Pacifique, l’Australie a pour plus proches voisins l’Indonésie et la Nouvelle-Zélande. Les côtes australiennes comptent 37 000 km de paysages variés. Les grandes villes s’y répartissent du nord au sud et de l’ouest à l’est. La Grande Barrière de corail, la plus importante formation corallienne du monde (57 000 km² ; 17 % des massifs de la planète), s’étend au large du Queensland.

Son relief intérieur connaît peu de variations. La cordillère australienne (Great Dividing Range) court le long de la côte orientale sur 2 500 km culminant au mont Kosciuszko (2 228 m). Elle sépare le littoral du reste du pays. L’ouest est un vaste plateau, dont l’altitude ne dépasse pas 450 m. Il se fond dans les plaines centrales : Great Artesian Bassin, bassin du Murray et du Darling, bassin du lac Eyre.

faune et flore

Sa situation géographique et climatique (80 % de la surface est désertique ou semi-désertique), ainsi que son isolement ont préservé ce que les spécialistes appellent une « méga-diversité ». 16 autres pays peuvent revendiquer la même classification.

83 % des mammifères, 89 % de reptiles et 90 % des poissons et insectes, 93 % des amphibiens sont endémiques. L’inventaire de la faune et de la flore n’est pas encore terminé, preuve de sa richesse, mais aussi de sa fragilité. Le déboisement, la culture sur brûlis, l’urbanisation du littoral, l’implantation d’espèces exogènes invasives, l’exploitation des ressources minières sont autant de facteurs à risque. Plus d’un millier d’espèces sont menacées.

La flore est extrêmement variée en raison notamment de la diversité des climats du continent : forêt tropicale humide, forêt caducifoliée tempérée, forêts et couverts de type méditerranéen, mangroves, prairies, savanes, brousses, steppes arides et semi-arides, flore de montagne…

La faune endémique se distingue par ses marsupiaux qui peuvent être carnivores (diable de Tasmanie, taupes marsupiales…), omnivores (bandicoots et bilbis, ou bandicoots lapins), ou herbivores (koalas, wombats, opossums, kangourous, wallabies, rats-kangourous…). Chauves-souris, souris, rats et dingo d’origine asiatique sont les seules espèces placentaires sauvages recensées. L’ornithorynque et l’échidné à nez court, deux des cinq espèces connues de monotrèmes (à la fois ovipares et mammifères) y survivent.

La faune marine n’a rien à envier à la faune terrestre : baleines, dauphins, dugongs, phoques, lions de mer croisent au large ou envahissent les plages. La Grande Barrière de corail abrite une faune étonnante ; des Phyllopteryx aux hippocampes, des poissons tropicaux graciles aux massifs mérous et requins… Six des sept espèces recensées de tortues de mer sillonnent sur les côtes pour 29 espèces de tortues d’eau douce. Les tortues terrestres ont totalement disparu.

L’Australie accueille 772 espèces d’oiseaux dont 595 nichent en Australie et 250 seraient endémiques à la zone comprise entre l’Australie, la Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Zélande. Parmi les piafs que l’on n’oublie pas : l’émeu, le casoar à casque, le talégalle de Latham, le cacatoès rosalbin, le martin-chasseur géant, l’oiseau de paradis, le jardinier satiné et ses étranges enclos nuptiaux…

environnement

L’île-continent est particulièrement touchée par le réchauffement climatique. Des périodes de sécheresse plus longues et plus accentuées, des incendies ravageurs, des nappes phréatiques qui ne se renouvellent jamais. Les prévisions les plus pessimistes annoncent la disparition de la plus grande partie de la surface agricole d’ici 2050. L’approvisionnement en eau potable devrait être assuré en partie dans une décennie par le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées. La Grande Barrière de corail est impactée fortement par la montée en température des eaux, responsable de la mort des coraux et des espèces qui en dépendent.

Plusieurs initiatives d’envergure en faveur de l’environnement ont été menées jusqu’en 2014 (corridor climatique pour les espèces sauvages migrantes, la création d’un National Heritage Trust Fund, soutien aux énergies renouvelables et une agriculture durable, gestion des eaux améliorées). Il semble que l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement moins sensible à ces enjeux remette en question cet engagement. La suppression du ministère des Sciences et de l’Autorité du changement climatique ou de la taxe carbone, l’autorisation de rejets polluants dans les eaux de la Grande Barrière ou la demande à l’Unesco de retirer 74 000 hectares de forêt primaire de Tasmanie de la liste du patrimoine mondial sont autant de signaux qui font craindre un recul.

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