6 conseils pour se fondre dans le décor

03/11/2014

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ADAPTEZ-VOUS AU NIVEAU SONORE, GARDEZ BONNE HUMEUR ET SENS FESTIF

Les Andalous parlent fort ! C’est comme ça. Si vous parlez selon notre volume sonore habituel, quelqu’un vous volera l’oreille de votre locuteur, à coup sûr. Et, en ville, si vous voulez vous endormir dans le silence et avant une heure du matin, adoptez les bouchons d’oreilles ! Plus qu’ailleurs en Espagne, les codes relationnels sont fondés sur la proximité et la familiarité. Le tutoiement est de rigueur. On se salue fréquemment, en distinguant le matin, l’après-midi et le soir et l’on insiste sur le ”bon appétit” : buen provecho ! Ici, tout est prétexte à la fête, les week-ends commencent souvent dès le vendredi midi. Il n’est pas rare que des familles entières fassent la tournée des bars, debout, dans une ambiance aussi festive que bruyante.

2
ADOPTEZ L’ART DE VIVRE ANDALOU : REPAS FRACTIONNÉS, HORAIRES DÉCALÉS

L’Andalousie, c’est la quintessence du ”spanish way of life”. Les journées de travail s’entrecoupent de pauses-déjeuners propices à la sieste. En été, entre 14h et 17h, rares sont les commerces ouverts et les rues se vident. Et on vit beaucoup dehors, puisque le temps le permet !

En Andalousie, comme dans le reste de l’Espagne, les repas sont très fractionnés et disons que l’on s’ouvre toujours l’appétit avec de petites douceurs salées ou sucrées !

- Au réveil, on commence par un café accompagné d’une pâtisserie légère, au comptoir d’un café.

- Vers 10 heures, on prend un vrai desayuno : thé ou café avec mollete (petit pain coupé en deux, légèrement grillé à l’ail et aux tomates, arrosé d’huile d’olive) ou tostada con mantequilla y marmelada (tartine grillée au beurre et à la confiture).

- A 13 heures, on picore les premières tapas dans de petites assiettes.

- A 14 heures, c’est l’almuerzo, avec entrée et plat (secundo), ou une ración, media ou entière, qu’on partage volontiers.

- Vers 17 heures, on peut prendre une merienda à base de café et de gâteaux, par exemple des churros con chocolate. Les tapas du soir (espoir !) recommencent vers 19h en hiver, 20h en été, accompagnés d’une bière ou d’un tinto de verano.

- Vers 21 heures a lieu la cena, plus frugale que le déjeuner, puisque l’on a déjà le ventre rempli de tapas. Et l’on va se coucher vers minuit. 

3
APPRENEZ A COMMANDER UN CAFÉ

Au café, si vous commandez "un cortado descafeinado corto de café, con leche templada descremada y sacarina", pas de problème ! Essayez d’en faire autant en France… En Espagne, le café, c’est toute une affaire.

Pour le café noir, on a trois choix : le café solo, qu’on peut commander corto de café, c’est-à-dire tassé ou non. L’americano, également appelé café solo largo, plus grand qu'un café simple, servi dans un verre car allongé en eau. Et enfin, l’expresso, qui vient de la cafetière. Et on peut choisir le contenant : tasse, petit verre ou verre haut.

Pour le café au lait, cinq choix possibles : le cortado (avec un tiers de lait environ), le manchado (avec une petite tombée de lait), enfin, le café con leche (mélange équilibré entre café et lait). Dans les trois cas, il faut préciser si on le veut tassé ou allongé en café, fort en lait, allongé en lait, si le lait doit être chaud, froid ou templado (tiède).

Enfin, le capuchino est un café tassé et le café bombón, qui se sert dans un petit verre, contient moitié café, moitié lait condensé sucré. L’été, on boit le café helado (café frappé) ou le café con hielo (avec un verre de glaçons à côté) ! Et ce n’est pas fini…On a aussi les cafés alcoolisés, le carajillo avec brandy, aguardiente de orujo ou rhum et le café irlandés avec whisky. 

4
LES BARS, BODEGAS, TABERNAS, CHIRINGUITOS ET AUTRES RESTAURANTS

Les bars sont des lieux de grande convivialité. Il existe des bodegas (bars à vins traditionnels), des cervecerías (bars à bières). La bière peut se commander en bouteille ou à la pression. La caña est un verre de 250 ml, le tubo un verre de 330 ml. Si vous commandez une cerveza, on vous servira peut-être une bouteille !

En Andalousie, on boit letinto de verano (vin rouge, limonade pétillante, morceaux de fruits et glace). Pour manger, il existe destascas (établissements spécialisés dans les tapas), destabernas (tavernes) et de plus rares pubs. On peut en général y manger des tapas au bar, ce qui revient souvent 10 à 20% moins cher que si l’on s’installe dans le comedor (salle à manger) du même établissement. Le mesón est un restaurant simple, attenant à un bar, servant une cuisine familiale. La venta est une auberge de bord de route – les plats peuvent y être délicieux pour des prix modiques. On mange des poissons et fruits de mer dans une marisquería, tandis que le chiringuito, est un petit bar ou kiosque en plein air, comme il y en a sur les plages par exemple. Les restaurantes sont des établissements plus formels où l’on mange toujours à table.

5
LES TAPAS ET LE JAMÓN

Les tapas sont loin d’être un folklore artificiel destiné aux touristes. Elles font partie intégrante de la culture andalouse. Tapear, c’est faire la tournée des bars à tapas le soir entre amis ou en famille. C’est LE sport régional. Les Andalous ne conçoivent pas boire un verre sans manger ; pas plus qu’ils ne comprennent cette habitude qu’ont les Européens du nord de boire plusieurs pintes de bière à la suite. A Grenade, les tapas sont mêmes servies gratuitement comme le veut la tradition ! 

Quand on pense au jambon espagnol, on pense immédiatement au jamon Serrano, pourtant l’Ibérico est meilleur, et le plus savoureux est de loin le pata negra ! Son nom vient de la couleur des cochons dont il est issu. Élevés en liberté, nourris de glands de chêne (les bellotas), ils nous offrent leurs cuissots rebondis qui deviennent de magnifiques jambons au goût de noisette. Sorry pour les végétariens. Ne manquez pas le jambon de Jabugo, the best of the best !

6
SE LAISSER PRENDRE AU DUENDE

À la fois force de créativité et tentation morbide, le duende est pour l’auteur Federico Garcia Lorca le résultat d’un combat entre soi et ses démons. Il se traduit aussi selon l’Académie espagnole comme un “charme mystérieux et ineffable”. Ce charme insaisissable magnifie la représentation de flamenco ou la corrida et incarne mieux que toute autre description le génie andalou. À voir sur le sujet : Vengo de Toni Gatlif.

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