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Le caoutchouc, richesse de la Thaïlande

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Une plantation d'hévéa en Thaïlande © Jerome Cartegini

Par Jérôme

21 avr. 2018

En trois décennies, la Thaïlande est devenu le plus important exportateur de caoutchouc du monde. Jérôme a eu l'occasion de visiter une plantation d'hévéa en Thaïlande et a participé à la récolte du latex. Il vous raconte son expérience.

La culture de l'hévéa en Thaïlande

Des gants chirurgicaux aux préservatifs, en passant par les tétines de bébé, ou encore les pneus, le caoutchouc naturel est devenu indispensable à notre quotidien. Jusqu’à présent, l’homme n’a jamais réussi à produire une matière synthétique qui soit aussi performante que le caoutchouc naturel issu de la transformation du latex, récolté sur une espèce d'arbre amazonienne, l’Hevea brasiliensis.
Introduite en Thaïlande au XIXe siècle par les Britanniques, la culture de l'hévéa explose dans le royaume. Il faut dire que contrairement aux palmiers à huile qui nécessitent beaucoup d’entretien, l’arbre à latex ne demande pas beaucoup d’attention. Les hévéas peuvent commencer à produire du latex à partir de 5 à 6 ans et continuer ensuite durant environ 25 ans. L’activité s’arrête durant la saison de pluie, car le latex se mélangerait à l’eau de pluie et deviendrait inutilisable
En Thaïlande, les plantations d’hévéa s’étendent un peu plus chaque année notamment dans les régions du Sud et de l’Est, mais aussi sur certaines îles comme Ko Khood ou Ko Kut. Plus de 1,5 million de fermiers vivent aujourd’hui de la culture du latex en Thaïlande. Moins nocives pour l’environnement que les cultures du palmier à huile qui font notamment des ravages en Malaisie, à Bornéo, mais aussi certains pays d’Afrique, les plantations d’hévéa n’en défigurent pas moins certaines régions du royaume. C’est le cas de la région Trat dont les terres sont désormais recouvertes en grande partie de plantations d’hévéa aussi uniformes que monotones.
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Petite plantation familiale de caoutchouc, dans la région de Trat en Thaïlande © Jerome Cartegini
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Un fermier peut saigner plusieurs centaines d'arbres par nuit ©Jerome Cartegini

La saignée du latex

Pour récolter le latex, les fermiers enlèvent l’écorce de l’arbre sur la moitié de sa circonférence puis font une profonde saignée sur le tronc à l’aide d’un couteau spécial. Les saignées sont généralement réalisées la nuit d’une part parce qu’il fait moins chaud, mais d’autre part parce que le liquide s’écoule mieux. Un petit récipient est fixé au niveau de l’incision pour récolter le liquide qui s’écoule pendant plusieurs heures. Contrairement aux idées reçues, le latex n’est pas la sève de l’hévéa qui se trouve plus profondément, mais un liquide que l’arbre produit à l’origine pour se protéger contre les insectes. Le liquide laiteux s’écoule au goutte-à-goutte dans les récipients puis se solidifie dans la matinée.
Les fermiers récoltent la matière spongieuse puis la placent dans des moules où elle est mélangée avec un peu d’acide pour faire coaguler le latex. La matière est ensuite aplatie à l’aide d’une presse de manière à former des feuilles. Ces dernières sont ensuite suspendues au soleil jusqu’à ce qu’elles sèchent, puis envoyées placées sur des étendoirs pour former des feuilles. Celles-ci sont ensuite suspendues pour sécher au soleil, avant d’être envoyées à des industriels du monde entier.
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De forme laiteuse, le latex s'écoule durant plusieurs heures ©Jerome Cartegini
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Le matin, le liquide devient spongieux et se solidifie ©Jerome Cartegini
 
  
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