Munch, peintre de la douleur

Posté le 17 avril 2018 par Elisabeth
Musée Munch © Frode Inge Helland
Musée Munch © Frode Inge Helland
À Oslo, le musée Munch est devenu incontournable. Il rassemble en effet une riche collection d'œuvres signées Munch, ce peintre norvégien considéré comme le père du mouvement expressionniste. Je vous invite aujourd'hui à mieux connaître Munch, à travers les grandes étapes de sa vie et la visite de lieux consacrés au peintre.

Qui était Edvard Munch ?

Fils d’un médecin militaire et d’une mère prématurément décédée de la tuberculose alors qu’il n’avait que 5 ans, Edvard Munch a lui aussi une petite santé. Il passe la plupart des hivers à la maison, au chaud. Son père et sa tante sont ses tuteurs et il dessine beaucoup. L’austérité religieuse du père, le décès dû également à la tuberculose de sa petite sœur préférée et la maladie mentale d’une autre de ses sœurs ont un impact sur la santé mentale du jeune Edvard.
Par le dessin, il essaye d’exprimer ses angoisses, de donner des formes à ses fantômes. Contre la volonté de son père, il devient artiste-peintre et s’essaye à plusieurs styles : le naturalisme, inspiré par le peintre Christian Krohg, alors qu’il n'a une vingtaine d’années et loue un studio en plein centre d’Oslo, près du Parlement, l’impressionnisme et le post-impressionnisme. Puis il rencontre l’auteur anarchiste Hans Jaeger, leader du mouvement bohémien de Kristiana (ex-Oslo). Influencé par ce mouvement, il peint L’Enfant malade, qui n’est autre que sa sœur, dans son lit, à l’agonie.
Il voyage beaucoup et vit à Paris, à Berlin… mais c’est dans sa petite maison en bois au bord d’un lac à Åsgårdstrand qu’il revient toujours, chaque été, pour peindre. Il l’appelle la « maison du bonheur ». Il devient pionnier des styles symbolistes et expressionniste. Sa peinture Le Cri, dont il existe cinq versions (trois peintures, un pastel et une lithographie) réalisées entre 1893 et 1917 est l’exemple le plus connu de sa période expressionniste.

Sur les traces de Munch en Norvège

À sa mort en 1944, Edvard Munch lègue toute son œuvre à la ville d’Oslo où il a vécu la plus grande partie de sa vie. En 1963, pour commémorer le centenaire de la naissance de Munch, la municipalité ouvre le musée Munch. Il abrite plus de la moitié de l'œuvre de l'artiste : près de 1 200 peintures, 18 000 gravures, 3 000 dessins, des sculptures, des photographies, des carnets…
Je ne crois pas en un art qui ne serait pas le résultat du besoin d’un homme à ouvrir son cœur.
D’une galerie du musée Munch à l’autre, on découvre non seulement l’évolution du peintre, de ses styles mais on entre aussi en profondeur dans l’univers d’un homme au talent exceptionnel hanté par des fantômes et des angoisses que seul l’art a pu, en partie, exorciser. D’ailleurs, c’est ainsi qu’il définissait l’art : « Je ne crois pas en un art qui ne serait pas le résultat du besoin d’un homme à ouvrir son cœur ». Et Edvard Munch l’a ouvert à jamais sur ses toiles pour émouvoir les nôtres.Les fans de Munch peuvent aussi aller visiter son studio à Ekely et sa Maison du bonheur à Åsgårdstrand.

Munch en 3 lieux

  • Musée Munch : Tøyengata 53, 0578 Oslo | www.munchmuseet.no. | Déménagement prévu en 2020 dans le quartier de Bjorvika, près de l’opéra.
  • Atelier Ekely : Jarlsborgveien 14, Oslo | Les week-ends de mai à septembre
  • Maison de Munch : Edvard Munchs gt. 25, Åsgårdstrand |  www.munchshus.no
photo principale : Musée Munch © Frode Inge Helland
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