Marrakech : nouvelle vitrine de l’art contemporain

Posté le 20 novembre 2018 par Marine
Oeuvre de Faouzi Laatiris pour la 4ème édition de la biennale de Marrakech © Pixabay
Oeuvre de Faouzi Laatiris pour la 4ème édition de la biennale de Marrakech © Pixabay
En peu de temps, Marrakech est devenu the place to be pour quiconque veut présenter ou acheter des œuvres d’art contemporain. Exit Londres, New-York ou Berlin. À présent, la capitale de l’art moderne se trouve aux portes de l’Afrique. Exemple avec la prestigieuse foire d’art, la 1-54.

État des lieux de l’art contemporain au Maroc

Depuis des siècles, l’ancienne cité impériale attire les artistes qui y viennent puiser l’inspiration et s’y détendre. Mais ces vingt dernières années, les personnes influentes du monde de l’art ont cherché à faire de Marrakech plus qu’un simple lieu de passage. Idéalement située aux portes du continent africain, le dynamisme économique et créatif de la région ont confirmé que la ville avait beaucoup de cartes à jouer en tant que hub culturel.
En 2010, Hicham Daoudi, directeur de la compagnie marocaine des objets et œuvres d'art au Maroc a créé la Marrakech Art Fair. La foire rassemblait des marchands d’art internationaux, venus conquérir ce nouveau marché. Malheureusement, l’événement n’a pas rencontré le succès escompté. En effet, les Marocains n’étaient pas assez réceptifs à cette forme d’art. Les artistes locaux étaient trop peu représentés et les taxes d’importation au Maroc sur les œuvres étrangères étaient exorbitantes…
Aujourd'hui, les mentalités ont changé et la place accordée à l’art contemporain au Maroc aussi. Des riches entrepreneurs se passionnent pour le sujet. Le magnat de l'immobilier Mohamed Alami Lazraq donne l'exemple en créant le musée Macaal Musée d’Art Contemporain Africain Al Madeen. Il n’est pas le seul. Mohamed Bouzoubaa lance la Fondation TGCC pour l'art et la culture, à Casablanca. La maison de ventes aux enchères Artcurial organise depuis 2011 des expositions avant vente comme celle de « Moroccan Spirit »  célébrant 140 ans de créations au Maroc.
En 2018, une nouvelle initiative voit le jour, menée par Touria Glaoui. En février 2018, elle lance la version marocaine de la foire 1-54. Cette foire d’art contemporain spécialisée sur l’Afrique (54 faisant référence aux 54 pays du continent africain) se tient déjà à Londres et à New-York chaque année. Il était temps qu’elle se tienne directement sur place.
blog Maroc - Marrakech part à l'assaut du business de l’art
Villa Majorelle Yves St Laurent © Wiki commun

Le succès de la foire 1-54

La foire 1-54 s’est tenue à Marrakech les 24 et 25 février 2018. Pratique, les hôtels sont pleins en cette saison, les touristes affluent en masse et les acheteurs aussi.  Cosmopolite, la ville jouit en effet d’une infrastructure hôtelière et de charmes patrimoniaux qui séduisent les vacanciers. Elle compte aussi beaucoup d’expatriés, notamment exilés fiscaux français, enclins à la dépense.
Hormis les collectionneurs classiques marocains, la ville est pleine à cette période de l’année d'amateurs francophones
(Touria El Glaoui)
Lancer un grand événement artistique international en 2018, à Marrakech, ne fait plus autant douter qu’en 2010. La ville attire investisseurs étrangers et collectionneurs, la tradition francophone de ce pays d’Afrique du Nord permet de nourrir plus facilement les échanges, et l’art de vivre du Maroc séduit en masse les amateurs du Moyen-Orient et des Émirats. Un combo gagnant !
Le 1-54 est un succès. 4 000 visiteurs sur deux jours d’exposition, 17 galeries d’art africaines représentées et plus de 50 artistes internationaux. Les organisateurs de la foire ont fait les choses en grand en s’appuyant sur le réseau des amoureux de l’art déjà présents. Des partenariats ont été mis en place dans les endroits artistiques clés de la ville : du MACAAL (musée d’art contemporain africain) au musée Yves Saint-Laurent Marrakech dans la prestigieuse villa Majorelle si connue, en passant par la Fondation Montresso (qui occupe depuis 2007 le non moins célèbre Jardin Rouge), sans oublier bien entendu l’incontournable Comptoir des Mines (la galerie d’art contemporain la plus connue de la ville).
Marrakech a fait son entrée dans la cour des grands. Aucun doute que sa destinée soit dorénavant associée à l’art moderne.
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© Expo 1-54
Oeuvre de Faouzi Laatiris pour la 4ème édition de la biennale de Marrakech © Pixabay
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