Les runes en Islande

Posté le 2 mars 2018 par Fred
© Scott Mitchell
© Scott Mitchell
On en trouve sur certaines pierres, parfois sur du bois quand il a réussi à traverser les siècles : les runes sont l’alphabet qui permettait aux peuples nordiques de raconter leurs histoires… Les runes datent de quand ? Les historiens estiment qu’elles apparaissent à partir de 150 ans après J.-C. Elles ont perduré pendant plusieurs siècles, mais l’expansion du christianisme a imposé, petit à petit, l’alphabet latin. Découverte d'un système d'écriture qui fait le bonheur des amateurs d'heroic fantasy.

Le système d'écriture des pays nordiques

Run en Lituanien veut dire « parler ». Runo en finlandais évoque l’idée de « poème ». En anglais, « rune » puise ses racines dans le mot germanique run qui signifie « secret ». Il est désormais utilisé pour décrire l’alphabet utilisé au nord de l’Europe par opposition à l’alphabet latin. On ne devrait d’ailleurs pas le qualifier d’alphabet, puisque ce mot suppose la présence des deux premières lettres de l’alphabet latin ou leurs déclinaisons, alpha et beta. Mais ce serait pinailler !
Les livres n’existaient pas, le papyrus était encore resté en Égypte, les runes étaient pas conséquent utilisées avec les matières que l’on trouvait en Europe du nord : sculptées dans la pierre, gravées dans le cuir, apposées sur les objets, tracées sur les monuments…

Brèves histoires des runes

L’objet le plus ancien qui soit marqué avec des runes date de 150 ans après J.-C. Il s’agit d’un peigne trouvé à Vimose au Danemark. Les symboles qu’on y trouve appartiennent au « Elder Futhark », le premier alphabet runique qui a été utilisé entre 150 et 800 après J.-C. Pourquoi Futhark ? Parce qu’il s’agit des 6 premières lettres de cet alphabet : F U TH A R K.
Entre 800 et 1100 après J.-C, c’est le « Younger Futhark » qui a été utilisé, avec de nombreuses déclinaisons selon les régions. En Islande, c’est principalement la version norvégienne qui a été utilisée. L’alphabet est devenu « Medieval runes » après 1100 et jusqu’à la fin du Moyen-âge, vers 1500. Entre 1500 et 1800 après J.-C., ce furent les « Dalecarlian runes ». Des versions plus récentes ont été mêlées avec des caractères latins. À noter que les Islandais utilisaient une version simplifiée de l’alphabet « Younger Futhark », limitée à 16 runes…
Le Elder Futhark est le premier alphabet runique. © Alx
Le Elder Futhark est le premier alphabet runique. © Alx
Les 16 runes composant l'alphabet utilisé par les Islandais © Norman Gunthrie
Les 16 runes composant l'alphabet utilisé par les Islandais © Norman Gunthrie

Que racontent les runes d'Islande ?

Les runes se lisent généralement de la gauche vers la droite, mais pas toujours. Les plus anciennes allaient indifféremment dans un sens ou dans l’autre.
On les imagine racontant des poèmes, des sagas de Vikings, des exploits de guerriers. Mais la réalité est plus crue. Certes il existe des histoires racontées en runes, mais la plupart des inscriptions étaient plus basiques : des signatures sous la forme de graffitis et d’insultes (pas besoin d’exemple, il en existe dans toutes les toilettes publiques contemporaines), des messages d’amour (« Ragnar et Lagherta pour la vie »), des messages de type « Loki was her  », des incantations magiques…

Le saviez-vous ?

Le symbole des Waffen-SS nazis était une version du « S » de l’alphabet runique doublée, qui signifie « Soleil », mais qui a été modifiée par Heinrich Himmler pour devenir « Victoire ». Ce symbole a été imaginé par le SS Walter Heck en 1933 pour le compte du designer Ferdinand Hoffstatter. Son travail sur le « S », revisité pour ressembler à un double-éclair inquiétant (et désormais de sinistre mémoire) a rapporté 2,5 marks de l’époque à son auteur. Dans un registre plus léger, l’auteur anglais J.R.R. Tolkien a utilisé d’abord de vraies runes dans son univers fantastico-médiéval du Seigneur des Anneaux, mais a fini par inventer de toutes pièces son propre alphabet, le Cirth.
 
photo principale : © Scott Mitchell
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