Slab City : make America free again

Posté le 16 novembre 2018 par Elisabeth
Entree à Slab City - © Elisabeth Blanchet
Entree à Slab City - © Elisabeth Blanchet
Aux confins de la Californie, Slab City est une « ville-pirate », qu'aucune loi ne régit et où chacun est libre de s’installer. À quelques kilomètres des strass et chromes rutilants de Palm Springs, ce territoire en marge de la société est parfois présenté comme la dernière ville libre des États-Unis. Découverte de cet étrange rêve américain concrétisé dans un camp désaffecté de l’armée.

Salvation Mountain, l’œuvre d’une vie

Depuis Palm Springs, prenez la route 10 puis la 111, direction le sud-est, longez le lac artificiel de Salton Sea puis tournez à gauche à Niland. Là, c’est un peu dans un autre monde que vous entrez, celui de Slab City, parfois surnommée The Slabs.
C’est d’abord une colline surréaliste, recouverte de peintures aux couleurs pastels et de versets de la Bible qui vous accueillera. Il s’agit de l’œuvre de Leonard Knight, artiste autodidacte du Vermont. Un beau jour de 1984, Knight plante les roues de son camion à Slab City. Depuis, il s'emploie à construire sa montagne dédiée à son amour pour dieu… Drôle de panneau d’accueil !
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Salvation Mountain - © Elisabeth Blanchet

D’une ancienne base à une ville sans lois

Le chemin continue jusqu’aux premières caravanes, aux mobile homes et aux baraques faites de bric et de broc de Slab City. Le bleu profond du ciel contraste avec la terre de sable et les fameuses dalles en béton d’où la ville tient son nom. Ces dalles constituent d'ailleurs les seules traces d’un camp militaire construit en 1942 et abandonné en 1961. Depuis, routards, déracinés ou simples vacanciers ont fait de l'endroit leur place au soleil.
À Slab City, on vit « off the grid ». Il n’y a ni impôts locaux, ni eau, ni électricité. On se débrouille avec des panneaux solaires et la rivière en contrebas. Il n’y a pas de mairie non plus, pas d’autorité, pas de lois. Il s’agit d’ailleurs d’une zone de non droit pour la police.
Slab City compte son lot de fugitifs, « des gens qui ont fait des trucs pas très catholiques », explique Frank Ross, pionnier de Slab City. Il mentionne aussi les « réfugiés de la récession », mis de force sur les routes à partir de 2008 et les meth addicts, « accrocs à la méthadone ». À Slab City comme ailleurs, il faut de tout pour faire un monde !
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Slab City 1 - © Elisabeth Blanchet

Que voir à Slab City ?

Mais rassurez-vous, la ville regorge de points de rencontres aussi sympathiques qu’étranges. Vous trouverez par exemple le Slab City Internet Café gratuit de Frank Ross, toujours prêt à raconter plein d’histoires. Au bar Slab City Oasis Club, vous pourrez rencontrer du monde et participer à des soirées DJ mémorables. Enfin, les amateurs d’art et d’excentricités iront flâner dans East Jesus. Ce parc d’installations métalliques déjantées abritent des carcasses de voitures décorées d'éclats de verre, de mannequins et autres objets de récupération.
Sur le chemin du retour, faites le tour du lac Salton Sea en contrebas de Slab City. Autrefois bordé de stations balnéaires – Elvis lui-même est venu jouer à Salton Sea –, le lac est devenu une catastrophe écologique…
Les pesticides utilisés à outrance dans les plantations maraîchères voisines ont pollué ses eaux et tué les poissons. Salton Sea est aujourd'hui une sorte de mère morte, dont l'eau s’évapore inexorablement en libérant des poussières toxiques… Le spectacle de cette catastrophe écologique donne des paysages déroutants et inattendus, une autre vision du rêve américain qui vire au cauchemar.
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Slab City - East Jesus 2 - © Elisabeth Blanchet
Entree à Slab City - © Elisabeth Blanchet
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