Dahab, le Sinaï version hipster

Posté le 10 décembre 2018 par Marine
Face à la mer rouge ©Wikimedia Commons
Face à la mer rouge ©Wikimedia Commons
À 600 kilomètres du Caire, Dahab est une tranquille bourgade dont le nom signifie « sable doré » en arabe. Les pieds dans les eaux claires du golfe d'Aqaba, Dahab attire un nombre croissant de citadins égyptiens, désireux de changer de vie. De hippie à hipster, découvrez l'étonnante transformation de Dahab.

La naissance d’une petite station balnéaire

Ancien village de pêcheurs bédouins, Dahab était, jusque dans les années 1960, un village côtier de 15 000 habitants. Dans les années 1970, des hippies commencent à s’installer dans la région, attirés par la tranquillité des lieux et par les eaux claires du golfe d'Akaba.
En juin 1967, éclate la guerre des Six-Jours entre l'Égypte et l'Israël. Le conflit a raison du calme de Dahab et la petite ville tombe dans l'oubli. Dans le courant des années 1980, la situation sécuritaire connaît enfin une accalmie. Le gouvernement égyptien lance des travaux de modernisation et de rénovation de la péninsule. Des hôtels commencent à apparaître et Dahab devient petit à petit, un lieu de villégiature. Convoité pour son accès à la mer Rouge et ses nombreux spots de plongée, Dahab voit son nombre de visiteurs augmenter.

Un lieu de vie pour une population qui rêve de changement

Dahab ne ressemble pas aux stations balnéaires voisines très connues du Sinaï comme Sharm El Sheikh ou Ras Suder. Si la petite ville offre aussi aux touristes hôtels et écoles de plongée, la population ciblée à Dahab est différente. En effet, à l’inverse de Sharm El Sheikh, les hôtels de Dahab sont restés de classe “moyenne” et de prix abordables. Ils sont destinés aux jeunes et aux familles. Pas de luxe, pas de bling-bling.
Le rivage étroit et caillouteux du centre de la ville est parsemé de restaurants d'inspiration bédouine. Ici, les voyageurs se prélassent en sirotant du jus de fruits et admirant la mer. Distinguée, non flashy et ultra conviviale, Dahab attire surtout des voyageurs égyptiens ou étrangers à budgets limités. Tous cherchent à expérimenter la vie en communauté et surtout, tous sont à la recherche d’un retour aux sources.

Un retour aux sources

Ce « retour à l’essentiel » est un concept qui séduit beaucoup d’âmes égarées, de personnes qui n’en peuvent plus de trimer dans une ville saturée. La popularité de Dahab est surtout née en 2011, après les manifestations qui ont renversées Hosni Moubarak. L’incertitude économique a fait que les gens voyageaient moins à l’étranger et le tourisme intérieur a connu un plein essor. Ainsi, de plus en plus de gens commencent à connaître Dahab et à entendre parler de son état d’esprit alternatif. Les réseaux sociaux ont également joué un rôle important. Les personnes ayant visité la ville partageant des photos sur les sites Instagram, Facebook et Twitter.
Par la suite, beaucoup de visiteurs sont tombés amoureux de Dahab au point de tout quitter pour venir s’y installer. Parmi les objectifs de ces nouveaux habitants, un désir fort d’une vie moins matérialiste, un respect de la nature et de la culture et l’envie de vivre ensemble, en communauté.Petit à petit, Dahab est donc devenu le point de ralliement d’une population qui voulait repartir de zéro. Mi utopistes-mi hipsters, ses nouveaux habitants ont entrepris d’offrir à Dahab des infrastructures à la hauteur de leur vision. En moins de 10 ans, Dahab a ainsi vu s’ouvrir cafés et auberges, espaces de coworking et petit centre d’art, et même une école de yoga et de danse (dirigée par une communauté spirituelle qui organise chaque année un festival sur la plage).
photo principale : Face à la mer rouge ©Wikimedia Commons ; texte : Shani Haddad
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