Conduire au Caire

Posté le 5 décembre 2018 par Marine
Le trafic routier © Pixabay
Le trafic routier © Pixabay
Au Caire, le trafic est extrêmement dense, les infrastructures routières médiocres et le code de la route inexistant. Cela a pour conséquence principale de créer un réseau routier chaotique et des embouteillages qui n’en finissent pas. Pour tirer son épingle du jeu, quand on est au volant, on est bien obligé de jouer des coudes. Tout dans la conduite en Égypte est donc synonyme de fahlawa (débrouillardise).

Apprendre à conduire et obtenir le permis

Pour passer son permis, il faut savoir conduire. Si les autos-écoles existent bien en Égypte, beaucoup font le choix de ne pas y aller pour économiser de l’argent. Après tout, on trouve toujours quelqu’un de sa famille pour nous montrer dans la rue en bas de la maison comment embrayer et nous dire quelle pédale sert à quoi. On apprend sur le tas, c’est souvent plus rapide.
Les examinateurs tentent de vous faire rater l’examen.
Après, il faut passer son permis. C’est une autre étape dans le complexe processus de la conduite. Car les examinateurs sont souvent corrompus et tentent de vous faire rater l’examen pour que ayez à le repasser et donc repayer. Vous devez vous présenter à l’examen avec votre véhicule et devez passer entre deux rangées de plots sans en toucher un. Une voiture normale ne passe pas facilement entre ces deux rangées, pour réussir l’exercice, il faut venir avec une petite voiture et donc connaître la combine ! Il est aussi possible d’esquiver l’examen en payant directement une somme sympathique à l'examinateur.

La règle d’or de la conduite : moi d'abord

Au volant, le seul mot d’ordre est « si tu penses que ça passe, vas-y, fonce ». C’est en tout cas ainsi que nombre de conducteurs fonctionnent. Si les voies de circulation sont tracées, cela ne signifient presque rien pour les automobilistes, qui passent de l’une à l’autre sans cesse quand la circulation est fluide. Si il peut y avoir 4 voies officielles sur une même route, il y en aura plutôt entre 6 et 7 officieusement. Griller la priorité, s’incruster n’importe comment, foncer, klaxonner, surtout ne pas respecter les règles du code de la route !
Si j’essaie de respecter les règles, je me fais tout de suite houspiller.
Les conducteurs du Caire sont habitués à ce comportement. « Pourquoi dois-je respecter les règles si les autres ne le font pas ?  » s’indignent-ils. « Si j’essaie de respecter les règles, je me fais tout de suite houspiller, voire insulter » explique Omar, un Cairote de 45 ans. « Respecter la limitation de vitesse, c’est gêner le flux et donc bloquer la circulation ». Être un bon élève de la conduite n’est donc pas payant. Au Caire, plus on s’impose, plus on est respecté.
Blog Égypte – trafic dans les rues du Caire
Les rues du Caire sont encombrées d'un nombre croissant de véhicules. © Adwo / fotolia.com

La rue comme un prolongement du domicile

Selon le psychiatre Nabil Al-Qott, « en Égypte, la rue est considérée comme le prolongement de sa maison. On se l’approprie, ça devient son espace à soi et pas un espace public dans lequel les autres peuvent rentrer. » En voiture, on est donc chez soi et donc dans son bon droit. Les autres sont en tort de toute façon.
Le principe de règles collectives à suivre ne parle pas à tous. Certaines personnes sont illettrées et n’ont pas eu accès à l’éducation de base. La conscience collective est donc un concept qui leur est parfaitement étranger. Enfin, une autre raison peut expliquer ce comportement chaotique, le stress constant dans lequel la ville plonge les habitants. Vivre au Caire, c’est vivre à 100 à l’heure, dans le bruit, le monde, la poussière et la chaleur. Les embouteillages monstres rongent les nerfs des conducteurs qui ne parviennent plus à se maîtriser au volant et font n’importe quoi.
Selon une étude japonaise réalisée en 2013, la vitesse moyenne au Caire sera de 11 km/h en 2020. Voilà qui ne va donc pas aller en s’améliorant !

Conduire au Caire quand on est étranger

Il est possible pour les étrangers de conduire en Égypte bien sûr. On peut louer un véhicule sur place. Dans ce cas, pensez à bien vérifier l’état des pneus et le niveau d’eau avant de vous lancer. Il est aussi possible de voyager à travers l'Égypte à bord de son propre véhicule. Aux douanes, il vous faudra alors présenter la carte grise de la voiture. Dans tous les cas, il faut un permis de conduire international.
Ne vous laissez pas faire, sous peine de ne jamais arriver à destination.
Une fois ces formalités administratives réglées, il faut garder en tête quelques règles suivantes. D'abord, si vous ne savez pas lire les pancartes, toutes rédigées en arabe, mieux vaut rouler doucement et demander régulièrement son chemin. Utilisez votre klaxon le plus souvent possible pour prévenir les autres usagers de votre présence. Enfin, ne vous laissez pas faire, sous peine de ne jamais arriver à destination. Au Caire, on se jette à l’eau et on verra !
Shani
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