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La pêche sous la glace au Québec

Pêche blanche au Canada © FedBul/stock.adobe.com
Pêche blanche au Canada © FedBul/stock.adobe.com

Par La Rédaction

03 janv. 2020

Retour sur une partie de pêche blanche mémorable dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Il est possible d'y louer une cabane où pratiquer la pêche confortablement installé à l'abri de l'hiver canadien.

Dans un village de pêche

En toile de fond : une montagne tapissée de forêt. Le village de pêche est lui directement posé sur la glace du fjord. Il consiste en plusieurs centaines de cabanes qui font penser à une version XXL de nos cabines de bains, le tuyau de poêle en sus. Ses habitants sont des locaux des environs et des voyageurs.
Beaucoup de gens semblent se connaître, ce qui explique la chaleur de l’ambiance et des échanges. Tout le monde a envie de partager son expérience et ses histoires, un phénomène bien connu des vrais mordus. Je me fais d’ailleurs vite inviter par mes voisins pour partager leur raclette dans une cabane sans chichi mais parfaitement aménagée.
Ici, pas de musée ni de grands magasins. On vient ici pour la beauté du site et l'atmosphère décontractée des lieux. Au programme : balade entre les maisonnettes multicolores, discussions à bâtons rompues avec les voisins, patinage sur le fleuve gelé et sortie nocturne pour admirer un ciel constellé d’étoiles et des séracs que le clair de lune rend opalescents.

Ma cabane de pêche

L'idée d'une partie de pêche en plein air directement sur la glace ne m'enchante guère. J'opte donc pour la location d’une cabane chauffée à l’abri du froid (et du vent). Outre la cabane, le forfait de location inclut le matériel de pêche et le chauffage. Il y a l'électricité, un poêle et une table et des sièges disposés autour d’un trou foré à notre arrivée.
Quand on m'offre une boisson chaude et une part de tarte aux bleuets pour patienter avant le casse-croûte, j'oublierais presque que la cabane flotte à la surface d’un bras de mer profond d’au moins 70 mètres.
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Quelques lignes sur la pêche blanche

Mon hôte commence par m'expliquer les rudiments de la pêche blanche. Il m'annonce pince-sans-rire qu’il arrive de temps à autre qu’on attrape un requin venu du Groenland ! Cette espèce rare se niche dans les eaux profondes du fjord et sa remise à l’eau est obligatoire.
Heureusement ce sont surtout les morues, éperlans, lottes et autres sébastes qui nous attendent. La raison d’une telle diversité ? La composition des eaux de la baie et du fjord. En surface, on trouve une couche d'eau douce provenant des rivières se jetant dans le fjord. En profondeur, il s'agit d'eau salée plus froide remontée dans le Saguenay depuis le Saint-Laurent par la marée.
Il faut quand même mettre un peu la main à la pâte. Nous commençons donc à embrocher de petits morceaux d’éperlan sur les hameçons de nos lignes en prenant bien soin d’en faire dépasser les pointes. Ensuite, nous mettons la ligne à tremper en quelques moulinets au milieu du trou de pêche. Il est impératif de bien tenir sa canne au centre. Sinon elle se coince au bord dans la glace et on ne la voit pas bouger. Par ailleurs, il faut aussi empêcher que la glace ne se reforme.
Après avoir été vidées les prises du jour seront placées dans une glacière. © Annabelle Devillers
Après avoir été vidées les prises du jour seront placées dans une glacière. © Annabelle Devillers

À vos cannes et hameçons

J'apprend le principe de la pêche à la dandinette. Cette dernière consiste d'abord à bouger la canne de bas en haut deux ou trois fois de suite pour faire remuer l’appât. Il faut ensuite s’arrêter et ne plus bouger pendant quelques secondes avant de recommencer la manœuvre. Il paraît que ce mouvement de montée et de descente s’apparente à un mouvement de fuite qui titille l’instinct des prédateurs…
Ça y est, ça mord ! Vite, il me faut ferrer fermement et remonter la ligne en moulinant régulièrement mais rapidement. Je sors de l’eau ma première prise toute frétillante. Il s'agit d'un sébaste orange de belle taille qui me fixe de ses yeux globuleux, sa mâchoire inférieure prognathe à souhait.
Attention si par mégarde on a grappiné le poisson, c'est-à-dire si on l'a attrapé ailleurs que par sa gueule, il faudra le relâcher.Au bout de 90 minutes, j'ai attrapé mes cinq poissons réglementaires, dont une lotte au minois patibulaire. Après avoir été vidées par mon guide (quel service), mes prises sont rangées dans des sacs en plastique dans une glacière. Et vous, prêts pour une partie de pêche ?
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