La feijoada, plat et patrimoine national

Posté le 7 juin 2019 par Olivier
Rio a sa propre Maison de la feijoada ! © Olivier Bodart (@BeatIt!)
Rio a sa propre Maison de la feijoada ! © Olivier Bodart (@BeatIt!)
Pendant votre voyage au Brésil, il y a peu de chances que vous passiez à côté de la feijoada. C'est le plat incontournable des vendredis et samedis, celui qu'on partage en famille ou au restaurant. Plat culte de la cuisine brésilienne, la feijoada est aussi un symbole national, celui qui reflète le mieux  la pluralité de la société au Brésil.

Deux versions d’un même plat

Le haricot noir, cultivé partout au Brésil, et le porc sont les ingrédients de base de la feijoada. Viande et haricots sont mis à mijoter des heures dans un généreux volume d’eau.
Il existe deux versions de la feijoada. La plus traditionnelle intègre tous les morceaux du cochon : pieds, groin, oreilles… De nos jours, peu de restaurants servent encore cette feijoada completa (feijoada complète). On lui préfère sa petite sœur, confectionnée uniquement avec les parties les plus nobles de l’animal. Pourtant cette version « allégée » est bien moins puissante en bouche.

Le saviez-vous ?

La feijoada aussi suit les tendances culinaires. Aujourd’hui, il est par exemple possible de manger une feijoada végétarienne ou aux fruits de mer.

Une origine beaucoup discutée

Deux versions s'affrontent quant à l'origine de la feijoada. La première est celle que m'ont racontée ma belle-famille et la plupart de mes amis. Pour eux la feijoada a été inventée par les esclaves africains.
Arrivés contre leur gré au Brésil pour y travailler dans les plantations, ils étaient rarement nourris à leur faim. Quelques-uns avaient toutefois l'autorisation de cultiver une petite parcelle de terre. Ils y faisaient pousser des haricots pour assurer leur subsistance. À cela, s'ajoutaient les restes de repas que leurs maîtres avaient pris l'habitude de leur lancer. Il s'agissait la plupart du temps de morceaux pauvres du porc comme les pieds ou les oreilles. En cuisinant ces restes avec les haricots cultivés par leurs soins, les esclaves ont inventé la feijoada.
Cette version est très controversée chez les historiens. Pour eux l'origine de la feijoada se trouve dans l'Europe du XVIe siècle. À l'époque, la mode est en effet aux plats de viande et légumes mijotés plusieurs heures. Les liens entre Brésil et Portugal expliquent que ce mode de cuisine ait traversé l'océan.
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Jamais sans ma feijoada ! ©Olivier Bodart (@BeatIt!)

Des ingrédients de tout le Brésil

Même si les haricots noirs représentent déjà une adaptation locale, c’est cependant en observant les accompagnements servis avec ce plat mijoté que la pluralité de la société brésilienne à travers sa cuisine surgit explicitement.
Les Brésiliens ont pour habitude de manger ce plat avec du riz blanc, d’origine asiatique, mais qui a été introduit par les premiers colons portugais. Dans l’assiette, la farine de manioc est également présente en symbole de l’héritage culinaire des indiens d’Amazonie. Les petits quartiers d’oranges aident à faciliter la digestion de ce plat plutôt copieux pour une destination tropicale et le chou vert, coupés finement et sautés dans de l’ail, apporte également un peu de légèreté.
Cette délicieuses recette est aussi souvent l’occasion pour les Brésiliens de se laisser aller à boire une caipirinha afin de compléter le tableau sur l’identité gastronomique du Brésil. Pourquoi pas vous ?
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Quelques ingrédients clés de la feijoada ©Olivier Bodart (@BeatIt!)
photo principale : Rio a sa propre Maison de la feijoada ! © Olivier Bodart (@BeatIt!)
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