Iemanjá, orixas et candomblé

Posté le 9 janvier 2018 par Olivier
Les offrandes de fleurs transportées par les pratiquants du Candomblé et Umbanda ©Agência Brasil
Les offrandes de fleurs transportées par les pratiquants du Candomblé et Umbanda ©Agência Brasil
Si vous me suivez sur le blog Brésil, vous avez déjà entendu parler de candomblé et d'umbanda. Ces religions arrivées au Brésil avec les esclaves venus d'Afrique sont toujours présentes dans le quotidien des Brésiliens, en particulier dans les région de Salvador de Bahia. En témoigne l'importance accordée à Iemanjá, tout à la fois divinité africaine, orixa et figure pop.

Iemanjá, mère des orixas et reine des mers

L'une des représentations les plus populaires de Iemanjá est celle d'une belle femme aux cheveux très longs, vêtue d’une interminable et légère robe bleue et blanche. Son visage est serein, ses yeux chargés de compassion et ses mains tendues vers vous. Toute ressemblance avec une figure connue du christianisme serait purement fortuite…
À l’origine, Iemanjá est une divinité africaine féminine, associée à la fois aux fleuves et rivières, mais aussi à la fertilité et à la maternité. De nos jours au Brésil, Iemanjá est un orixa, esprit vénéré dans les cultes associés au candomblé et à l'umbanda. C'est même l'un des orixa les plus respectés car elle est considérée comme la mère des orixas. Le nom Iemanjá, signifie littéralement « mère des poissons » et de fait la divinité est aussi reine des mers et patronne des pêcheurs. C'est à elle que les marins remettent volontiers leur destinée avant de prendre la mer.
Mère des orixas et reine des mers, on comprend que les célébrations dédiées à Iemanjá soient suivies avec autant de ferveur…
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Les couleurs de Iemanjá, figure féminine protectrice ©Agência Brasil

Les célébrations religieuses dédiées à Iemanjá

Chaque année, cette reine des mers et déesse de la maternité est dignement célébrée à l’occasion de cérémonies religieuses. Danses, chants, offrandes… rien n'est trop beau pour les orixas, en particulier pour Iemanjá. Les fidèles allument volontiers des bougies au pied de la divinité, la couvrent de fleurs et lui remettent cadeaux et nourriture.
Si vous souhaitez assister aux festivités pendant votre voyage au Brésil, sachez que les célébrations en l'honneur de Iemanjá se déroulent le 2 février pour les adeptes du candomblé, le 31 décembre pour les pratiquants de l'umbanda.
Côté candomblé, les célébrations les plus importantes se déroulent à Salvador de Bahia, et Porto Alegre. Côté umbanda, c'est à Rio qu'il faudra vous rendre. Coïncidant avec le réveillon, la fête, qui porte le nom de 11o Barco de Iemanjá est particulièrement grandiose et se déroule traditionnellement sur la plage de Copacabana, à hauteur du poste de secourisme Posto 3.
Vêtus de blanc, les fidèles, principalement des femmes, transportent un bateau de bois rempli d’offrandes jusqu’à la mer. Si Iemanjá accepte ces offrandes, les fidèles pourront alors bénéficier de sa protection durant l’année entière. Les offrandes qui ne coulent pas ou sont rejetées sur la plage n’ont malheureusement pas été acceptées par la déesse.
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Un exemple d'offrandes glissées dans un petit bâteau à destination de l'orisha Iemanjá ©Agência Brasil

Iemanjá, de divinité à figure pop

Au fil du temps, la figure de Iemanjá a dépassé le champ religieux et investi de nombreux champs de la culture populaire. Les domaines du design et de la mode se sont volontiers appropriés l'image de Iemanjá, à l'instar de l'architecte Marcelo Rosenbaum et de sa ligne d'arts de la table aux couleurs de la reine des mers et du créateur Beto Neves, aux vêtements à l’effigie de l’orixa.
La mère des tous les orixas est également célébrée en chansons. La fameuse chanteuse brésilienne, Maria Bethânia, rend hommage à « la reine de la mer [qui] marche main dans la main avec moi, m’enseigne le bal des vagues, et chante, chante pour moi ». En 1976, Marisa Monte en a fait la protagoniste d'une chanson écrite pour le carnaval :  « Elle vit dans la mer, elle joue dans le sable, aux balancements des vagues, elle sème la paix ».
Il faut dire que Iemanjá fait vendre. Statuettes, bijoux, vêtements… c'est tout un business qui s'est développé autour de l'orixa aux milliers de fidèles.
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Iemanjá, reine de la mer ©Agência Brasil
photo principale : Les offrandes de fleurs transportées par les pratiquants du Candomblé et Umbanda ©Agência Brasil
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