Voyager en Afrique du Sud dans les pas de Gandhi

Posté le 18 juin 2018 par Mathilde
Gandhi en Afrique du Sud © GandhiServe
Gandhi en Afrique du Sud © GandhiServe
Arrivé en 1893, Gandhi restera 21 ans sur le continent noir. Il y a développé son concept de résistance passive, la satyagraha, « pouvoir de vérité » en sanskrit. Un nouvel itinéraire autour de quatorze lieux marquants du séjour de Gandhi en Afrique du Sud a été balisé par l’office du tourisme.
L’Afrique du Sud a transformé la vie de Gandhi. Ela Gandhi, petite-fille du Mahatma.

Durban, sa première adresse

Gandhi arrive en Afrique du Sud en 1893. Il s'installe alors à Durban, dans la rue du Dr Yusuf Dadoo. Aujourd'hui, la rue porte le nom d’un militant anti-apartheid dont Gandhi avait défendu le père. La ville de Krugersdorp cherchait alors à l'expulser de son magasin en raison de ses origines indiennes.
Un peu plus loin, vous pourrez admirer un tribunal datant de 1866 et aujourd'hui converti en musée : Old Court House Museum. On peut y admirer entre autres de superbes photos d'archive. La première fois que Gandhi y pénétra, un magistrat lui demanda de retirer son turban. Le jeune avocat refusa et l’incident fut relaté dans la presse locale, The Natal Advertiser.
Pour finir votre étape à Durban, empruntez l'’ex-Point Road, rebaptisée Gandhi Road en 2008.

Spioenkop et la Seconde Guerre des Boers

Gandhi y servit comme brancardier volontaire lors de la sanglante bataille des 23 et 24 janvier 1900, durant la Seconde Guerre des Boers (1899-1902). Un sentier de visite a été aménagé sur le site, surplombé par les montagnes du Drakensberg. À noter que deux autres célébrités en devenir se trouvaient à Spioenbkop en même temps que Gandhi. Il s'agit de Winston Churchill, alors correspondant de guerre, et Louis Botha, futur premier ministre d'Afrique du Sud.

Sa statue à Ladysmith

Ladysmith est une ville d'Afrique du Sud située dans la province du KwaZulu-Natal. On peut y admirer une statue de Gandhi édifiée face à un temple dédié à Vishnu. Le Mahatma est représenté dans sa posture traditionnelle, en train de marcher, avec ses petites lunettes rondes, son dhoti et une main levée en signe de paix…

Pietermaritzburg et la lutte pour les droits civiques

C'est à Pietermaritzburg que s'est déroulé l'un des épisodes clés de la vie de Gandhi. Le 7 juin 1893, à la suite des protestations d’un passager, Gandhi est éjecté du train. Il avait le bon billet, mais pas la couleur de peau requise pour la première classe. La nuit qu’il passa sur un banc de la salle d’attente, au cœur de l’hiver austral, fut déterminante pour son combat contre la discrimination raciale.
Une plaque à la gare de Pietermaritzburg et une statue dans Church Street commémorent aujourd'hui l’incident. La statue en bronze représente Gandhi marchant vêtu de son dhoti, un bâton à la main. Elle fut inaugurée par Desmond Tutu en 1993, pile cent ans après l’épisode de l’éviction du wagon.

Inanda, le premier ashram

C’est dans la vallée d’Inanda, à 20 kilomètres au nord de Durban, que Gandhi créa son premier ashram en 1904, où il vécut dix ans. Brûlée en 1985 lors d’émeutes sous l’apartheid, une partie des bâtiments a été reconstruite à l’identique en 2000 et transformée en musée.
Juste à côté de son cottage, Sarvodaya, se trouve l’imprimerie de l’Indian Opinion, son journal dont son fils Manilal, s’est occupé de longues années.
Gandhi avait pour voisin John Dube, premier président de l’ANC et fondateur de la première école noire – où vota symboliquement Nelson Mandela en 1994, aux premières élections démocratiques. L’école primaire porte le nom de Kasturba Gandhi, la femme du Mahatma, privée d’éducation alors qu’elle aurait tant aimé pouvoir aller en classe…

Johannesburg, de la prison au foyer

Commencez votre visite de Johannesburg dans les pas de Gandhi par un arrêt à la mosquée Hamidia, située dans Jennings Street, dans le quartier de Fordsburg.  Au pied de la façade, vous y verrez un énorme chaudron d’où sort le mot « vérité ». Cette sculpture contemporaine rappelle le chaudron dans lequel, le 16 août 1908, la foule brûla 2000 pass, obligatoires pour les non blancs pour avoir le droit de circuler. Gandhi menait la manifestation. On doit cette œuvre à l’artiste sud-africaine Usha Seejarim, d’origine indienne. Elle est l'également l'auteur du portrait de Nelson Mandela lors de ses funérailles à Qunu, en 2013.
À Constitution Hill, dans le quartier de Braamfontein, se trouve le Old Fort où Gandhi fut emprisonné deux mois en 1908. Son crime : avoir refusé de donner ses empreintes digitales pour se faire délivrer un pass. Le Old Fort abrite aujourd'hui une exposition autour de Gandhi et d'un autre fameux prisonnier politique nommé… Nelson Mandela.
Pour finir, cap sur le quartier d'Orchard, à Pine Road, adresse de la Satyagraha House. On doit cette maison à l'architecte Hermann Kallenbach, un ami de Gandhi. Pour la conception, Kallenbach s'est inspiré des fermes traditionnelles africaines. Gandhi et Kallenbach ont vécu à la Satyagraha House de 1908 à 1909.
Aujourd'hui, un petit musée expose des traces de leur correspondance, des photos, des tracts… Cette superbe maison d’hôtes est la propriété du groupe Voyageurs du monde depuis 2009.
blog Afrique du Sud – Johannesburg – Satyagraha House
La Satyagraha House au temps de sa construction © GandhiServe

Centurion (près de Pretoria)

La maison de l’ancien premier ministre Jan Smuts, mort en 1950, est devenue un musée et un salon de thé. Gandhi et Jan Smuts s’y sont rencontrés plusieurs fois, entre 1907 et 1914. Les deux hommes étaient en effet liés par une relation d’adversité empreinte de respect. Gandhi avait même offert à Jan Smuts des sandales confectionnées par sa communauté, à Phoenix. « Je les ai portées durant bien des étés, même si je me crois indigne de porter les chaussures d’un si grand homme. » écrivit par la suite Jan Smuts.

Cradock, une adresse amie

Pour conclure votre voyage en Afrique du Sud sur les traces de Gandhi, découvrez la maison d’Olive Schreiner, en plein Karoo. Cette intellectuelle militante serra la main de Gandhi, au Cap, un geste alors osé commenté dans les journaux. Devenus amis par l’intermédiaire de Hermann Kallenbach, ils se virent occasionnellement à Londres en 1914. Tous deux partageaient la même vision d’un monde sans violence.
photo principale : Gandhi en Afrique du Sud © GandhiServe
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