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La santé en voyage

En partenariat avec le Docteur Michel Adida, spécialiste de la santé en voyage, nous vous proposons cette rubrique pour vous apporter le maximum d’informations concernant les précautions sanitaires à suivre tout au long de vos voyages.


Vous ne savez pas quel vaccin faire ou hésitez sur les médicaments à prendre avant de partir, vous avez peur de prendre l’avion, vous vous demandez à partir de quel âge votre enfant peut voyager, vous êtes légèrement hypocondriaque...
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La publication d'informations épidémiologiques par nos sources de références (OMS, ministère des Affaires étrangères, institut de Veille Sanitaire, Institut Pasteur, société de Médecine des voyages...), nous amène à des mises à jour régulières en fonction de notre estimation du risque pour le voyageur.

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Dernière mise à jour : 22/07/2008 12:16:48.

SOMMAIRE

1/ PROLOGUE AU VOYAGE
Bref récapitulatif sur le tourisme et la médecine des voyages

2/ AVANT VOTRE DEPART
Pensez à souscrire un contrat d’assistance et d’assurance
Un petit tour chez le médecin
Quelles vaccinations faire ?
Bien préparer sa trousse à pharmacie

3/ PENDANT LE VOL
Peur de l’avion, pressurisation, décalage horaire…

4/ PENDANT VOTRE SEJOUR
Quelles précautions prendre…
La diarrhée du voyageur
Le paludisme ou malaria
Les maladies sexuellement transmissibles
Les autre risques environnementaux et comportementaux

5/ LA FEMME ENCEINTE, L'ENFANT ET LE SENIOR EN VOYAGE
La femme enceinte
L’enfant
Le sénior

6/ À VOTRE RETOUR
Prolongation de traitements et autres conseils post-voyage.

7/ EPILOGUE AU VOYAGE

8/ D'AUTRES QUESTIONS


1/ PROLOGUE AU VOYAGE

Jusqu'à la fin du XIXe siècle (qui a vu naître ce qu’on a appelé le tourisme), les voyageurs revenaient malades (ou ne revenaient pas) de leurs lointaines expéditions. À la fin du XXe siècle est née la médecine des voyages. C’est une médecine d’information, donc de prévention, qui va instruire le voyageur, a priori (maispas ¦toujours) en bonne santé, du caractère rare, possible ou fréquent des risques pour sa santé, en fonction de sa destination, de son itinéraire, mais aussi en fonction de la saison, de la durée et de la difficulté du voyage.

Nous sommes au XXIe siècle et, facile ou difficile, l’immense majorité des voyages se passe bien. Notre but est qu’ils se passent mieux encore.

L’évolution de la société (civilisation de loisirs, allongement de la durée de vie et surtout de la durée de retraite active, baisse du prix des transports aériens, omniprésence des informations touristiques sur les medias écrits, audio-visuels et informatiques, amélioration des structures d’accueil dans des pays où elles étaient ou médiocres ou élitistes) entraîne une augmentation régulière du nombre des voyageurs (environ 8 millions de Français voyagent chaque année à l’étranger).

Les jeunes voyagent de plus en plus tôt, les seniors de plus en plus tard. Vous serez donc de plus en plus nombreux, confrontés à des risques sanitaires différents de ceux de votre propre pays.

Seront concernés ici des voyages, essentiellement touristiques, éventuellement professionnels s’effectuant dans le sens “nord-sud”, pris dans son sens économique.

Nous n’aborderons pas les problèmes rencontrés lors des déplacements “sud-nord”, préoccupants mais fondamentalement différents.

Quant aux risques que vous pourriez rencontrer au cours de voyages entre pays du ”Nord”, nous n’en parlerons pas, même s’il est évident qu’ils peuvent être les mêmes que lors de voyages plus "exotiques" : les risques de la plongée sous-marine sont les mêmes sur la Côte d’Azur qu'à Madagascar, ceux de la haute montagne que vous tentiez l’ascension du Mont-blanc ou celle du Kilimandjaro. Un facteur capital doit être de plus en plus fréquemment pris en compte dans le choix d’une destination : c’est le contexte géopolitique local. Le ministère des Affaires étrangères tient à jour, sur son site Internet (www.france.diplomatie.gouv.fr), la liste des pays (ou des régions) où les situations politique, mais aussi climatique (tremblement de terre, inondations..) ou sanitaire (épidémies) pourraient, au maximum, contre-indiquer un voyage, à court ou moyen terme et, dans tous les cas informer sur la réalité d’un risque.

Montesquieu a écrit qu’en voyageant, on “sort du cercle des préjugés de son pays”. Il ne faudrait pas, par crainte ou par méconnaissance s’enfermer dans le cercle d’autres préjugés en imaginant le risque, plus, ou au contraire, moins important qu'il n'est.

2/ AVANT VOTRE DEPART

a/ Pensez à souscrire un contrat d’assistance et d’assurance

Quelle que soit sa destination, le voyageur aura souscrit un contrat d’assistance et d’assurance, dont il aura vérifié scrupuleusement les clauses d’exclusion et le montant des frais remboursables en tenant compte du prix des frais pharmaceutiques mais surtout médico-chirurgicaux dans le pays visité. Les références (téléphone de la compagnie, n° du contrat) devront être facilement accessibles.
b/ Un petit tour chez le médecin

Une consultation médicale peut être faite par un médecin généraliste ou par le spécialiste d'un centre de vaccinations internationales. C'est au cours de cette consultation que sera décidée l'opportunité des vaccinations et des prescriptions nécessaires. Les informations et conseils que nous allons donner ne doivent, en aucun cas, la remplacer.
c/ Quelles vaccinations faire ?

Le calendrier vaccinal doit tenir compte de l’obligation administrative qui protège autant le pays hôte que le voyageur du risque réellement encouru.
Le carnet international (où doivent être portées toutes les vaccinations, même non obligatoires) permet de savoir si le voyageur est protégé pour le voyage projeté et lui évitera des rappels inutiles. Les vaccins coûtent cher, et pour la majorité d’entre eux ne bénéficient d’aucun remboursement des organismes sociaux. Subir les vaccinations nécessaires sera donc, d’autant plus “douloureux” (dans tous les sens du terme) que seront nombreuses les injections, si les rappels n’ont pas été faits à temps.

En dehors d'épidémies locales, et si on excepte le cas particulier, pour le pèlerinage à La Mecque, de la vaccination contre certaines méningites par un vaccin spécifique (Ménomune), la seule vaccination administrativement exigible est la vaccination contre la fièvre jaune (Stamaril) à l'arrivée dans la majorité des pays des régions intertropicales d'Afrique et d'Amérique du Sud (contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire la fièvre jaune est absente du continent asiatique !).
Elle peut être exigée aux frontières de pays indemnes pour les voyageurs en provenance de pays infectés. Même non obligatoire, elle doit être conseillée dans certains pays ou certaines régions où le risque est présent, voire en extension, et où elle n'est cependant pas exigée (Afrique de l'Est, Afrique Australe, Amazonie).
Cette recommandation doit être tempérée pour les voyageurs seniors, chez qui une primo vaccination pourrait avoir des effets secondaires.
Elle doit être faite au moins 10 jours avant le départ dans un centre de vaccinations internationales.
Elle peut être pratiquée dès l'âge de 6 mois et est valide pendant 10 ans.

• Vaccinations recommandées

Si elle n’a pas été faite récemment, une vérification de l’efficacité d’un BCG ancien pourra être recommandée, surtout pour les enfants. Dans tous les cas, sont conseillées (et indispensables) les vaccinations (ou leurs rappels) contre :

■ Le tétanos.
■ La poliomyélite.
■ La diphtérie, dont de récentes épidémies réactualisent la nécessité.

Il est souhaitable d’être vacciné, (ou immunisé, ce qui peut être vérifié par une recherche d’anticorps protecteurs) :

■ Contre l’hépatite A (transmission alimentaire).
■ Contre l’hépatite B (transmission sexuelle ou sanguine). Son opportunité mais surtout son innocuité viennent d’être remises en question par la publication, en septembre 2004, par une équipe anglo-saxonne (dont la méthode peut être contestée), d’une augmentation significative du risque de poussée de sclérose en plaques chez les personnes vaccinées. Ce qui va à l’encontre des résultats des études françaises. Qui se trompe ? L’enjeu est suffisamment grave (même si le risque est statistiquement minime), pour ne conseiller la vaccination, dans l’état actuel de nos connaissances, qu’aux petits enfants (pour lesquels le risque n’existe pas) et aux groupes à risque (personnels de santé, hémodialysés, usagers de drogues injectables et voyageurs à pratiques sexuelles non protégées).

Sur un plan pratique :
- Ou bien la personne a déjà subi une vaccination et une recherche positive d’anticorps protecteurs la rassurera.
- Ou bien elle n’a jamais subi cette vaccination (ou depuis si longtemps qu’elle n’est plus protégée) et elle devra se souvenir que les seuls modes de contamination sont sanguins et sexuels.

L’opportunité d’autres vaccinations sera évaluée en fonction du risque lié au voyageur lui-même (âge, grossesse, maladies évolutives ou traitements) mais aussi de la durée et des conditions du voyage (brousse, ville, confort, saison).

On pourra ainsi conseiller, surtout pour des séjours prolongés et aventureux :

■ Le vaccin anti-typhique (contre la fièvre typhoïde). - Le vaccin antirabique (contre la rage), en particulier aux enfants, ou lors d'activités exposées (spéléologie), en sachant que son efficacité préventive est relative et ne dispense pas du traitement après une morsure suspecte.
■ Le vaccin anti-méningococcique A+C en période épidémique (saison sèche de la ceinture intertropicale d’Afrique sub-saharienne, du Sous-continent indien et d’Amérique du Sud) ; il est obligatoire pour les pèlerins se rendant à La Mecque, mais de récentes épidémies lui font préférer un vaccin plus efficace (Ménomune).
■ Contre l’encéphalite japonaise, pour des séjours en période de mousson, en zone rurale dans les pays du Sous-continent indien et d’Extrême-Orient.
■ Contre l’encéphalite à tiques, en Europe Centrale, en zone rurale, en été.
■ On peut discuter de l’opportunité d’une vaccination antigrippale, pour les voyageurs à risque en période épidémique (hiver austral).

Les vaccins contre la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise et le vaccin anti-méningococcique (concernant les pèlerins vers La Mecque) ne peuvent être effectués que dans les centres de vaccinations agréés, présents dans chaque département.

Les vaccinations immunisent efficacement pour des durées variables, mais suffisamment longues, pour ne pas infliger au voyageur un calendrier d’injections trop chargé, si les rappels des vaccinations habituelles ont été faits à temps et si le médecin consulté peut évaluer l’opportunité d’autres vaccinations, en fonction de la durée, de la saison et du type de voyage.

Il est souhaitable de prévoir la consultation environ 2 mois avant le départ.

Il n’existe que peu de contre-indications vraies et définitives, en dehors de certaines allergies et d’affections évolutives qui pourraient rendre en elles-mêmes le voyage aléatoire.

■ La grippe aviaire. La réapparition et l'extension de la grippe aviaire en Asie justifient les précisions suivantes quant à l'utilité de la vaccination contre la grippe.

La vaccination antigrippale n'est pas une vaccination contre le virus responsable de la grippe aviaire (le vaccin n'existe pas actuellement). Elle peut, tout au plus, éviter une grippe pendant le voyage; mais dans le cas où, dans un pays où sévit la grippe aviaire, le voyageur présenterait des signes de grippe, le fait d'avoir été vacciné peut majorer la suspicion (puisqu' il sera censé être protégé contre la grippe "humaine") et entraîner une hospitalisation et une mise en quarantaine tant que le doute ne sera pas levé. La situation étant sensiblement la même, que le voyageur soit vacciné ou non, il n'y a pas d'intérêt majeur à se faire vacciner dans le seul but du voyage.
d/ Bien préparer sa trousse à pharmacie

Les médicaments auxquels vous êtes habitués peuvent être introuvables dans les pharmacies locales ou exister sous un nom ou un dosage différents.
Il faut aussi connaître la fréquence des contrefaçons, souvent “seulement” inefficaces, mais parfois dangereuses; dans certains pays (Chine, Vietnam, Pérou, Argentine, Nigeria...), 80% des médicaments qui circulent sont des faux.

La trousse-type que nous décrivons est, bien sûr adaptable à la destination, à la durée et au style du voyage : le nombre de produits ne doit pas être fonction de la crainte du voyageur, mais des risques réels, et de l’absence ou de l’éloignement des possibilités de soins :

■ Médicaments contre la fièvre et la douleur (paracétamol, plutôt qu’aspirine).
■ Antidiarrhéiques : pansements intestinaux et antisécrétoires.
■ Antispasmodiques.
■ Antiémétiques contre les vomissements.
■ Médicaments contre les brûlures d’estomac.
■ Traitement antiallergique et crème contre les démangeaisons.
■ Antibiotiques (type amoxicilline pour les affections ORL ou pulmonaires et quinolone pour les affections digestives ou urinaires).
■ Eventuellement, anti-inflammatoires.

Votre médecin vous prescrira les spécialités correspondantes et vous en précisera le mode d’utilisation.

Par ailleurs, vous devrez pouvoir trouver dans votre trousse :

■ Un collyre.
■ Un antiseptique cutané.
■ Une pommade “apaisante” type *Biafine, en cas de brûlure solaire ou autre.
■ Des compresses, pansements et bandes.
■ Une pochette de sutures adhésives (*Stéri-strips), faciles à utiliser qui, le cas échéant, vous éviteront d’avoir à faire "recoudre" de petites plaies.
■ Une paire de ciseaux, une pince à épiler, un thermomètre frontal ou électronique.
■ Une bande de contention type Elastoplast.
■ Pour des voyages sportifs au cours desquels le risque traumatique serait plus important et le temps plus long pour rejoindre un centre médicalisé, on pourra adjoindre à la trousse, du fil à suture et des gants chirurgicaux stériles.
■ Enfin, si cette longue liste concerne des produits que vous aurez heureusement peu l’occasion d’utiliser, n’oubliez jamais les produits antisolaires (protection minimum 30, pour les régions tropicales ou de haute montagne), les produits anti-moustiques et le traitement antipaludéen dont nous reparlerons plus loin (là où ils sont nécessaires).

N’emportez pas de médicaments sous des formes qui pourraient être altérées par la chaleur (sirops, suppositoires).

Les voyageurs qui suivent un traitement habituel devront l’avoir en quantité suffisante pour une durée dépassant sensiblement la durée du voyage. Il sera prudent, en cas de traitement injectable de se munir de seringues stériles et d’une ordonnance rédigée en anglais ou, mieux, dans la langue parlée dans le pays de destination.

Lors des voyages aériens, il faudra penser à garder une partie des médicaments en bagages à main, afin de ne pas être “en manque” à l’arrivée en cas de retard ou de perte. Remarquons, comme pour les vaccinations, que le prix des produits de cette trousse est à prendre en considération. Leur quantité sera adaptée au voyage et au voyageur.

Certains pourront être conservés jusqu’au prochain voyage (vérifier la date limite d’utilisation). Les porteurs de verres correcteurs (ou de lentilles de contact) auront intérêt à en emporter une paire supplémentaire, en prévision de perte ou de casse.

Vous êtes maintenant prêts à partir, vos vaccins sont faits, vérifiez encore une fois que vous n’avez rien oublié, ni dans la préparation de vos bagages, ni dans celle de vos documents (faites-en des photocopies que vous garderez sur vous plutôt que les originaux dans vos déplacements locaux).

3/ PENDANT LE VOL


La peur de prendre l’avion existe chez certains. C’est l’angoisse archaïque du mythe d’Icare. Certaines personnes (auxquelles il est vain de rappeler que l’avion est, statistiquement, et de loin, le moyen de transport le plus sûr) ne pourront vaincre leur anxiété que par la prise de petites doses de tranquillisants avant le départ.

Il est important de boire abondamment pendant toute la durée du vol (de l’eau ou des boissons non alcoolisées, de préférence non gazeuses) pour compenser la sécheresse de l’air de la cabine qui peut aussi entraîner une mauvaise tolérance des lentilles de contact (ceux qui en portent auront intérêt, sur les vols long-courriers, à les enlever et à utiliser leurs lunettes de rechange). L’air conditionné est, parfois, pulsé par des bouches orientables; ne les dirigez pas directement sur vous (ni sur votre voisin); cela pourra vous éviter (à lui aussi) une rhino-pharyngite à l’arrivée.

La durée des vols longs courriers” accentue proportionnellement les problèmes de circulation veineuse; il faut bouger les pieds, se lever, marcher le plus souvent possible (ce qui est plus difficile si on occupe un siège “hublot” qu’un siège “allée”), et éviter de croiser ses jambes (si tant est qu’il soit possible de le faire en classe économique!). Il est recommandé de porter des vêtements amples et des chaussures plutôt grandes si on veut pouvoir les remettre à l'arrivée! Un léger œdème, qui disparaîtra en 24 heures, n’est pas inquiétant. Les personnes souffrant de problèmes veineux peuvent (si elles ne le font déjà) prendre un traitement veinotonique, voire porter pendant le vol des bas de contention.

Les variations de pressurisation de la cabine (au décollage, en vol et à la descente) peuvent entrainer des douleurs intenses des oreilles ou des dents surtout lors de certaines affections, qui doivent être impérativement traitées avant le départ (rhumes, otites, sinusites, caries dentaires). Sinon, en cas d’affection ORL, la pulvérisation nasale de produits levant le spasme soulagera les douleurs des conduits auditifs (au décollage et à l’atterrissage).

Le “mal de l’air” est de plus en plus rare à bord des appareils modernes. Il est favorisé par la fatigue, la longueur du vol et le manque de sommeil. Préventivement (et en l'absence de contre-indications), demandez à votre médecin une prescription de "patchs" de *Scopoderm. En cas de nausées ou de vomissements, utilisez un médicament antispasmodique (*Primpéran ou *Motilium) plutôt que certains produits souvent conseillés dans le mal des transports qui peuvent entraîner une somnolence pas toujours souhaitable.

Les vols long-courriers sont aujourd'hui “non-fumeurs”; les passagers craignant que leur dépendance au tabac ne leur permette pas de supporter un sevrage de quelques heures pourront utiliser, après avis de leur médecin un patch ou des gommes à la nicotine.

A l’arrivée, on échappera difficilement aux conséquences du décalage horaire : c’est le “jet-lag”. Il apparait après un vol long traversant plus de quatre fuseaux horaires et ses effets négatifs (fatigue, baisse des performances physiques et intellectuelles) sont proportionnels, dans leur importance et dans leur durée, au nombre de fuseaux traversés et plus nettement dans les voyages d’est en ouest que dans l’autre sens.

Schématiquement, on a intérêt à adopter le plus vite possible le rythme social de la destination (décalage des horaires des repas et décalage du sommeil au moyen de petites doses de somnifère). Les voyageurs sous traitements (diabétiques insulinodépendants, cardiaques sous anticoagulants, pilules contraceptives, ...) devront adapter leurs horaires de prises en fonction de la durée d’action des produits utilisés et du sens du décalage (allongement “relatif” de la journée dans les vols vers l’Ouest, et raccourcissement “relatif” dans les vols vers l’Est). En cas de décalage horaire important (plus de 4 heures dans les deux sens), il faudra modifier rapidement les horaires des prises, une fois arrivé à destination. On peut aussi commencer à les adapte quelques jours avant le départ.

Il n’existe pas, aujourd’hui de traitement véritablement efficace du “jet-lag” : on pourra recommander au passager qui ne pourrait s’endormir facilement pendant un vol de nuit la prise de petites doses de somnifère. Quant à la mélatonine, il n’y a pas de preuve certaine de son action, même si ses utilisateurs en vantent les résultats. Peut-être révisera-t-on cette notion, mais elle n’est pas autorisée à ce jour sur le marché pharmaceutique français et les dosages des produits achetés à l’étranger ou sur Internet sont souvent fantaisistes.

4/ PENDANT VOTRE SÉJOUR

L’euphorie de votre arrivée à destination ne doit pas vous faire oublier que c’est dans les premiers jours de votre voyage que vous serez le plus exposé aux risques d’acclimatation : adaptation à la chaleur (ou au froid), au soleil, à l’altitude et surtout à l’alimentation locale.

Les vaccinations vous protègeront contre un certain nombre d’affections. Mais pour d’autres, il n’existe pas (ou pas encore) de vaccins efficaces; il est alors capital d’utiliser des méthodes de prévention “active”.

En schématisant, le but va être la protection contre les maladies transmises :

- Par les aliments et par l’eau (celle qu’on boit et celle dans laquelle on se baigne) qui transmettront la bénigne, mais si éprouvante “ tourista” (qui surviendra, bien sûr le jour où vous aurez prévu une excursion passionnante), mais aussi d’autres maladies infectieuses ou parasitaires qui peuvent se manifester longtemps encore après votre retour.

- Par les animaux, d’autant plus nocifs qu’ils sont petits; les moustiques qui peuvent transmettre le paludisme, la fièvre jaune, la dengue et de nombreuses autres maladies seront beaucoup plus dangereux, pendant vos safaris africains que les mythiques “big five” (lion, léopard, éléphant, rhinocéros et buffle) ; d’ailleurs, vous passerez vos nuits à fuir les uns et vos journées entières à rechercher les autres !

- Par les humains enfin (et peut-être surtout) quand on sait la gravité des risques de contamination sexuelle.

a/ La diarrhée du voyageur

C’est le plus fréquent des problèmes de santé du voyageur.
Il est d’autant plus fréquent que la différence est grande entre le niveau sanitaire du pays d’origine du voyageur et celui du pays de destination. Cette diarrhée aiguë est, dans la majorité des cas, plus gênante que grave (sauf aux âges extrêmes de la vie).

• Prévention de la diarrhée

Se laver régulièrement les mains, est la première (et la plus importante) des règles d’hygiène. La seconde est d’éviter les aliments crûs ou froids (ou refroidis). En choisissant avec soin (mais sans obsession) boissons et aliments, vous diminuerez considérablement vos risques.

L’eau minérale ou les boissons gazeuses (en bouteille capsulée, décapsulée devant vous) sont toujours préférables.

Si l'eau est souvent l'objet de toutes les méfiances, la majorité des diarrhées au cours des voyages ne lui est pas due: les œufs insuffisamment cuits, le lait non pasteurisé ou non bouilli, les glaces si tentantes seront évités dans la mesure du possible. Les viandes et poissons doivent être très cuits et mangés chauds. Les buffets, aussi appétissants soient-ils, sont souvent préparés et installés trop longtemps avant d'être consommés.

Il peut y avoir moins de risque (et plus de plaisir) à prendre un repas sur un étal de rue d'un marché de Pékin, de Mexico ou de Zanzibar (en dehors d'épidémies locales), qu'au buffet froid servi autour de la piscine d'un hôtel****.

Enfin, une rupture de la chaîne du froid dans le transport ou la conservation des aliments peut être une source non prévisible de contamination.

Le traitement de l'eau, qui concerne des voyages aventures en particulier les treks, devra prendre en compte la taille des agents contaminants (microbiens, viraux ou parasitaires). D'abord ne pas négliger l'ébullition (plus facile en altitude) et seule efficace sur tous les agents.

■ La décantation-filtration (par un filtre à café, par exemple) est un préalable indispensable car les substances en suspension gêneraient la désinfection.
■ La désinfection par agents chimiques que ce soit Aquatabs ou Micropur, si elle a une action satisfaisante sur microbes et virus n'en a aucune sur les parasites.
■ La microfiltration (Mini Ceramic de Katadyn par exemple) trouve ses limites dans le diamètre des pores; elle ne retiendra pas les virus (0,01µm), d'où l'importance pour les voyageurs des vaccinations contre la poliomyélite et l’hépatite A.

On peut trouver dans les boutiques de "Voyageurs" tous les systèmes efficaces (filtres, pailles, gourdes, comprimés...). Les mesures de prévention sont les mêmes pour éviter une "tourista" désagréable mais bénigne qu'une diarrhée parasitaire qui pourra se révéler après le voyage.

• Traitement de la diarrhée

Si, ce qui est fréquent, on n’a pas réussi à l’éviter, cette gastro-entérite devra être traitée :

■ En n’utilisant qu’avec modération (et jamais chez le petit enfant) les médicaments dits “anti-sécrétoires” (*Imodium, *Arestal, *Tiorfan); il faut ne pas prolonger le traitement plus de 24 heures (risques de blocages intestinaux douloureux et durables).
■ En préférant un pansement intestinal (*Smecta, *Actapulgite). En y ajoutant des boissons abondantes (thé, infusions, Coca-Cola ou Pepsi-Cola, ou sels de réhydratation oral, type sachets de l'OMS), destinées à compenser les pertes liquidiennes.
■ En cas de fièvre, il faudra recourir à l’antibiotique conseillé par votre médecin avant le voyage